"Kustland", l'Invisible Menace

Les Nouvelles Aventures de Bob Morane 05




LITTÉRATURE
ANNEE
2017
AUTEUR

Devindilis Gilles (d'après Henri Vernes)

AUTEUR DE L'ARTICLE: Patryck Ficini
SES DERNIERS ARTICLESSES FILMS FETICHES
L'Hiver du Magicien
Le Colt et l'Etoile
Le Gros
Les Spectres d'Eiffel
Le Jeu
Django
Frayeurs
Goldfinger
Keoma
L’Au-delà

Critique Littéraire "Kustland", l'Invisible Menace
{Photo 1 de Une vieille connaissance de Bob Morane, un ponte des Services Secrets français à la retraite, lui propose, ainsi qu'à son ami Bill Ballantine, de faire partie d'un tout nouveau service d'investigation, aussi secret qu'indépendant des pouvoirs politiques en place. Même s'il a déjà oeuvré pour les agents secrets par le passé, plus ou moins contraint et forcé, Morane ne les voit pas d'un bon œil, la raison d'état masquant souvent de bien peu louables intentions à vrai dire bien différentes des siennes, lui pour qui le sens de la justice n'a rien d'un vain mot.

Il accepte cependant, cette fois encore, sans doute attiré par la promesse de totale liberté d'action qui lui est faite.

Après avoir joué les Chevaliers du Ciel aux commandes d'un Rafale, Morane se voit confronté à un vieil ennemi : l'Organisation Smog, dirigée d'une main de fer par la belle Ylang-Ylang. Il est cette fois question de chantage nucléaire : une centrale sautera si une énorme rançon n'est pas versée au Smog et à son nouvel allié, le mystérieux docteur Kust.

KUSTLAND, L'INVISIBLE MENACE est un sacré bo{Photo 2 de n Bob Morane signé Gilles Devindilis, un héritier de Henri Vernes décidément très habile à manier l'ancien et le nouveau, la tradition moranienne et l'innovation. Il est évident qu'avec cette méthode, si le succès s'avère au rendez-vous de façon durable, la très longue série des romans Bob Morane ne mourra jamais.

Ainsi, Devindilis ressort des limbes le Colonel Jouvert, rencontré en 1961 dans un excellent LES MANGEURS D'ATOMES. De même que le décor de ce roman, KUSTLAND préférant Dunkerque et la Belgique aux habituelles contrées exotiques traversées par l'Aventurier. D'autres vieux compagnons de Morane et Ballantine répondent eux aussi présents dans cette nouvelle aventure, des membres des Forces Spéciales dont nous avons déjà eu l'occasion d'apprécier les talents par le passé. Nous laisserons la surprise de leur identité aux futurs lecteurs.

Au rayon méchants, il y a Kust, bien sûr, un petit nouveau spécialiste des drones, de la nanotechnologie et du hacking - un bon adversaire, encore trop peu développé, mais que l'on aimerait assurément revoir. A l'appât du gain, s'ajoute p{Photo 3 de our lui une forme de folie. Il faut le voir vanter la beauté du feu nucléaire pour en saisir toute la portée.

Mais Devindilis ne se contente pas de toute la modernité apportée par cet adversaire hors normes, il s'assure aussi des services de la plus fascinante méchante des Bob Morane, Miss Ylang-Ylang.

Superbe (elle est aussi le plus sensuel et le plus classe personnage féminin de la série), amoureuse de Morane, la terrifiante Eurasienne est la tête pensante du Smog - qui est à Morane ce que le SPECTRE est à James Bond.

Apparue dans les années 60, en pleine Bondmania, Ylang-Ylang est l'une de ces figures de femmes fortes présentes dans l'œuvre de Vernes qui ne comporte pas que des « petites filles » en détresse, loin de là. Comme de juste avec cet auteur fasciné par l'orient, elle est d'origine asiatique. Par le passé, elle a affronté Morane dans des romans aussi mémorables que LES YEUX DU BROUILLARD, OPERATION CHEVALIER NOIR ou encore COMMANDO EPOUVANTE, épisode culte s'il en est, pour d'excellentes raisons que nous ne développerons pas ici.

KUSTLAND fait suite à L'OR{Photo 4 de GRIS DE BOLIVIE, première rencontre de la Miss et de l'auteur Devindilis. A la fin de ce roman, la belle avait demandé une faveur à Morane : un entretien d'une heure dont le lecteur n'a jamais rien su.

Au début de KUSTLAND, Ylang-Ylang est enceinte - ce qui est une véritable révolution dans la saga ! De là à penser que...

N'en disons pas trop pour ne pas gâcher des surprises à venir. Rappelons seulement que les Morane actuels s'adressent avant tout à un public de fans adultes, même s'ils peuvent être lus par tous. Et que le « fringant Commandant Morane » est enfin libre de faire l'amour avec l'une des très charmantes jeunes femmes qui croisent sa route !

Pour en finir avec ce joli "couple", précisons que, comme toujours, les interactions entre la princesse vouée au mal et son chevalier à l'étincelante armure sont extrêmement croustillantes, teintées d'estime et de sentiments réciproques, ou peu s'en faut. La jolie couverture d'Olivier Frot en rappelle d'autres, avec Morane attaché, à la merci de la belle dominatrice.

Si l'on avait pu reprocher le rythme un peu faiblard de LA CITE HORS DU TEMPS, rien de tel ici. KUSTLAND est passionnant du début à la fin, une fin aussi haletante que les meilleures concoctées par Henri Vernes en son temps. Il faut voir Morane et ses trois compagnons lutter contre les drones meurtriers du machiavélique docteur Kust pour comprendre ce qui vient d'être dit. De plus, l'enjeu est de taille, la menace d'un attentat sur une centrale nucléaire !

Seul petit reproche : trop de hasard dans l'enchaînement des faits, peut-être. Nous savons que le destin fait souvent mal (ou bien) les choses pour Morane mais là, c'est parfois un peu trop.

Parmi les éléments novateurs de KUSTLAND, outre les apports technologiques de Kust lui-même, citons des passages sur les migrants, l'écologie, l'activisme ou le terrorisme. Morane se veut désormais ancré dans la réalité du monde dans lequel nous vivons. Ce réalisme pourra déplaire à certains, on le comprendra. Mais, très clairement, les règles et le style Morane demeurent. Notamment dans la personnalité des personnages principaux.

Une fois de plus, nous les retrouvons tous avec plaisir !

Patryck Ficini
17/08/2017
Bookmark and Share

Page précédente    Revenir en haut de la page    Imprimer   Creer PDF

Sueurs Froides.fr > Critique > Chroniques Infernales
Vous aimez "Kustland", l'Invisible Menace ?
Moteur de recherche
Tout est bénévole – si ce n’est pas déjà fait, versez votre obole annuelle à l'association Sin'Art : 5 €