L'Ampoule Hors-série n°2


ORIGINE
France
L'Ampoule Hors-série n°2 Affiche

LITTÉRATURE
ANNEE
2017
AUTEUR

Edition de l'abat-jour

AUTEUR DE L'ARTICLE: Sophie Schweitzer
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Critique Littéraire L'Ampoule Hors-série n°2
L'ampoule est une revue littéraire et graphique semestrielle des éditions de L'abat-jour, dirigée par Marianne Desroziers. Cette maison d'édition met en avant des auteurs à l'écriture atypique et poétique avec l'humour trempé dans l'encre noire. En somme, L'ampoule suit la même ligne éditoriale que l'Abat-jour, en mettant en avant des écrivains maison comme Marianne Desroziers (Fantasmagories), Christophe Lartas (Satanachias suivi de Howard Phillips Lovecraft bloc d'éternité), et d'autres n'ayant encore été publiés comme Charlie Ambrose, Maxime Derouen et Marianne Duforeau.

Le Hors Série n°2 avec sa magnifique couverture signée par Xavier de Bordeaux, composée d'une photo issue de l'urbex (exploration urbaine de lieux abandonnés), nous invite à la découverte de récits non conventionnels à l'atmosphère décallé, au laisser-aller entre les mains expertes des différents auteurs.

Certains sont cryptiques comme Jean-Michel Maubert qui nous projette dans le méandre des pensées d'une héroïne à la psyché torturée ou encore Marianne Duforeau qui préfère laisser le lecteur dans les ténèbres comme son personnage ; deux récits à la forme envoûtante, et complexe. À l'inverse, d'autres auteurs sont d'une limpidité et d'une clarté étonnante comme Marianne Desroziers et l'on trouve même des poètes enclins à un humour raffiné comme Georgie de Saint-Maur.

Dans cette anthologie, on croise des récits amusants quoi qu'un peu piquants comme l'histoire d'une tête d'homme plantée au pied d'un réverbère chez Thomas Pourchayre ou encore la description de la plongée dans le chaos d'une bande d'étudiants entraînant leur école dans la confusion chez Damien Desbordes. Il y a des récits à la tragédie sombre et poétique comme l'histoire de cet homme à la recherche d'une symphonie transcendante qui finit par ne vouloir plus que le silence éternel chez Yves Letort. Dans L'éloge de la faiblesse de Nathalie Vignal, c'est la rancune d'une femme qui a été trop longtemps laissée dans l'ombre de son compagnon la pousse à seréjouir de l'état maladif de celui-ci. Et puis, il y a aussi l'angoisse, l'horreur, chez Benoit Patris qui décrit le basculement de la France dans le chaos à la suite de l'apparition d'une faille dans le ciel. Autre histoire horrifique, celle d'Anne Escaffit décrit la chair sculptée chez les vivants par un psychopathe démiurge. Ceux qui aiment les contes apprécieront d'autant plus le récit de d'An Pra mêlant références classiques et monstruosités. Mais également, l'histoire d'un Ulysse des temps mordernes en la personne d'conteur vagabond chez Manuela Legna.

Il est à noter que, chaque nouvelle est accompagnée d'une illustration. La plupart sont sublimes, très inspirantes, d'autres sont plus simples, plus évocatrices, parfois presque cruelles, certaines sont érotiques juste avant un récit plus sombre. L'Ampoule a manifestement l'envie de bousculer un peu son lecteur, de le plonger dans l'obscurité de ces contes alambiqués, mais toujours affûtés.

En effet, ces nouvelles nous plongent dans un univers sombre, poétique, lancinant, à l'écriture recherchée, souvent imagée, parfois trop. Ce procédé d'écriture donne parfois à la forme plus d'importance au fond, ce qui peut rendre la lecture plus complexe, moins fluide, et cependant ravira tous les amateurs de poésies, de bons jeux de mots, de traits d'esprits et de styles affirmés.

Sophie Schweitzer
10/09/2018
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