L'Homme Du Clan

The Klansman


ORIGINE
USA
L'Homme Du Clan Affiche

ANNEE
1974
REALISATION

Terence Young

INTERPRETES
Lee Marvin
Richard Burton
Cameron Mitchell
O.J. Simpson
Lola Falana
Luciana Paluzzi
Linda Evans
Jeannie Bell

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Critique L'Homme Du Clan
{Photo 1 de L'Homme Du Clan} Lorsque Samuel Fuller, forte tête d'Hollywood, décide d'adapter L'HOMME DU CLAN, un roman polémique de William Bradford Huie qui dépeint l'assujettissement idéologique de l'Amérique blanche au dogme maoïste prôné par les Black Panthers, il se doute que cela va être difficile. Le réalisateur de SCHOCK CORRIDOR (1963) n'est alors plus en odeur de sainteté, il va même jusqu'à cachetonner pour la télé allemande en signant un épisode de TATORT en 1973. Son scénario nuance le propos du livre de Bradford Huie et pose la communauté noire en victime des exactions du Ku Klux Klan. Ces différents éléments agacent les responsables des majors qui préfèrent « refiler le bébé » à un metteur en scène chevronné et docile : Terence Young. Le réalisateur de JAMES BOND 007 CONTRE DR NO (1962) vient alors de signer une étrange bobine bien Bis coproduite par l'Italie : LES AMAZONES (1973). Il saisit{Photo 2 de L'Homme Du Clan} l'opportunité de tourner THE KLANSMAN qui est un gros budget avec un beau casting (Lee Marvin, Richard Burton et Cameron Mitchell, excusez du peu) sur un sujet polémique.

Dans une petite ville d'Alabama entièrement gérée par le Ku Klux Klan (le maire et le curé en sont membres) va se tenir une manifestation pour la défense des droits civiques (le droit de vote pour les minorités vient d'être promulgué). La communauté doit être accueillie sur l'immense terrain de Breck Stancill, un ancien combattant progressiste (mollement campé par un Richard Burton bien fatigué). Parallèlement Nancy Poteet (Linda Evans, jeune et jolie, quelques années avant DYNASTIE), femme d'un membre du Klan, se fait violer par un inconnu. Ce qui déchaîne la colère du KKK qui pense que c'est l'œuvre d'un noir, par ailleurs Nancy est rejetée par l'ensemble de la ville car elle a « couché avec un nègre{Photo 3 de L'Homme Du Clan} ». Nancy est, elle aussi, accueillie par Stancill dans sa vaste demeure. C'est alors qu'un sniper qui descend un à un tous les membres du Klan fait son apparition. Au milieu de cette poudrière, le sheriff Track Bascomb (Lee Marvin, magistral) tente d'arrondir les angles...

Une histoire qui sent le souffre et va se terminer en western moderne au final désenchanté (le script porte indéniablement la marque de Samuel Fuller). Le contenu de THE KLANSMAN peut même s'avérer choquant, en particulier lors d'une scène de viol. On y voit Loretta Sykes, une militante noire (interprétée par la sculpturale chanteuse Lola Falana), être déflorée par l'adjoint du sheriff (campé par un Cameron Mitchell plus cabotin que jamais), d'où la surprise des témoins qui pensaient que toute noire, dès 13 ans, s'était déjà faite dépuceler. L'ambiguïté du Sheriff, qui a trop tendance à pactiser avec le Klan{Photo 4 de L'Homme Du Clan} , contribue au malaise générée par cette pelloche. Dès la première scène, il se contente de séparer une bande de blancs qui s'amuse au spectacle d'un noir demeuré qu'ils ont payé pour violer une de ses sœurs de couleur. Il n'embarque personne, semblant considérer l'évènement comme un simple incident. Il agit également de manière bien étrange lors du viol de Loretta Sykes, il la traite tout autant en victime qu'en coupable. C'en est trop pour la censure qui ampute le film de plus d'une vingtaine de minutes. C'est en 2010 qu'est proposé, au cinéphile curieux, de visionner la version intégrale.

En dehors de l'aspect nauséabond de ses principaux protagonistes, L'HOMME DU KLAN version longue s'avère aussi inégal que la version courte. Film bavard aux sous-intrigues trop nombreuses et inutiles (O.J. Simpson en sniper anti-KKK, Nancy et son viol, la relation étrange entre Loretta et Stencill), THE KLANSMAN est, de plus, mollement réalisé par un Terence Young peu inspiré. Le métrage vaut surtout pour son final et sa distribution assez hallucinante pour tout amateur de Bis qui se respecte. On retrouve, dans les seconds rôles, Jeannie -TNT JACKSON- Bell (qui nous fait, une fois de plus, admirer sa superbe plastique) et Luciana Paluzi, l'une des interprètes fétiches de Fernando Di Leo. On peut même apercevoir le groupe de soul estampillé STAX : THE STAPLE SINGERS.

Il manque à cette bobine une réalisation impliquée pour passer du statut de petite série B tout à fait regardable à celle de brulot progressiste. Le cinéphile attristé ne peut que rêver à ce que Big Sam aurait tiré de son scénario engagé. Rien que pour constater la stupidité crasse du racisme ordinaire et admirer la performance de Lee Marvin (toujours impeccable), THE KLANSMAN reste à visionner.

Jérôme Pottier
14/09/2010
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Sueurs Froides.fr > Critique > Retrospective
AUTEUR DE L'ARTICLE: Jérôme Pottier
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