La comtesse noire

Female Vampire
Les avaleuses
Erotikill
La comtesse aux seins nus


ORIGINE
France, Belgique
La comtesse noire Affiche

ANNEE
1973
REALISATION

Jesus Franco

INTERPRETES
Lina Romay
Jack Taylor
Alice Arno
Monica Swinn
Luis Barboo
Raymond Hardy
Anna Watican
Critique La comtesse noire
{Photo 1 de La comtesse noire} Descendante d'une lignée de vampires, la comtesse Irina Karlstein s'est exilée sur l'île de Madère, espérant échapper à la malédiction ancestrale qui condamne les Karlstein à absorber l'énergie de leurs victimes pour survivre. Contrairement aux vampires traditionnels, Irina ne boit pas le sang de ses proies, mais absorbe plutôt leur flux vital lors de rapports sexuels.

Las, la femme-vampire ne peut réfréner ses pulsions, et le cadavre d'un homme est bientôt découvert dans les bois environnants. L'examen du médecin légiste conduit ce dernier à rencontrer un ancien ami de son père féru d'occultisme. Pendant ce temps, un noble, habitant non loin de la demeure d'Irina et s'intéressant aussi aux phénomènes surnaturels, se met en quête de rencontrer la mystérieuse jeune femme. Irina, entraînée malgré elle dans une spirale meurtrière, trouve sans relâche ses victimes parmi ses conquêtes d'un soir...

LA COMTESSE NOIRE compte parmi les œuvres érotiques les plus connues de son auteur. C'est en 1973 que Jess Franco réalise ce film produit par la firme Eurociné, avec laquelle le réalisateur avait déjà collaboré durant la précédente d{Photo 2 de La comtesse noire} écennie, aboutissant à quelques longs métrages de qualité comme L'HORRIBLE DOCTEUR ORLOF, très bonne relecture des YEUX SANS VISAGE de Georges Franju, mais également LE SADIQUE BARON VON KLAUS et LES MAITRESSES DU DOCTEUR JEKYLL. En cette année 1973, donc, Jesus Franco va se montrer particulièrement prolifique (une constante chez lui), tournant pas moins d'une dizaine de films, la plupart pour Marius Lesœur, patron d'Eurociné à l'époque, ou Robert de Nesle. Si l'on excepte NIGHT OFTHE ASSASSINS, mélange de krimi et de giallo assez peu captivant, une grande majorité des autres films sont à forte consonance érotique ; c'est le cas de PLAISIR A TROIS, LES NUITS BRULANTES DE LINDA, LA COMTESSE PERVERSE OU ENCORE LES AMAZONES DE LA LUXURE.

Point commun de tous ces films : la présence de Lina Romay, devenue la nouvelle égérie du cinéaste espagnol après le décès tragique de Soledad Miranda en 1970 dans un accident de voiture. Après deux années de transition, durant lesquelles Jess Franco fait tourner les ravissantes Britt Nichols et Anne Libert, le metteur en scène rencontre Lina Romay et très vite c'est le coup de foudre.

Lina{Photo 3 de La comtesse noire} Romay possède le double avantage d'être très belle et sans la moindre pudeur, un trait de caractère que le cinéaste rêvait de trouver chez une actrice et qui va lui permettre de concrétiser sur pellicule bien des projets de films avec son actrice fétiche. LA COMTESSE NOIRE est l'exemple parfait du film dans lequel Lina Romay se livre à un exhibitionnisme sans la moindre retenue et rarement vu dans une œuvre non pornographique. Dès le générique d'ouverture, où elle déambule dans les bois envahis par la brume, portant uniquement des bottes, une cape et une ceinture noires, le ton est donné. Tandis qu'elle avance en direction de la caméra, Jess Franco s'attarde sur la toison pubienne de son héroïne, aussi noire que ses vêtements. La suite confirmera l'impression que tout le film est articulé autour de Lina, et particulièrement son anatomie. Nue sur son lit, elle suce son pouce de façon particulièrement suggestive. Plus tard, en manque de flux vital, elle se masturbe frénétiquement contre un polochon. Les scènes l'impliquant avec ses futures victimes, hommes ou femmes, sont également torrides. Après avoir tué un homme, elle se{Photo 4 de La comtesse noire} frotte contre son sexe encore rigide conduisant à une pénétration post mortem afin d'atteindre l'orgasme. La longue scène saphique avec une journaliste subjuguée par la beauté d'Irina voit la caméra insister en de multiples gros plans sur le vagin et la croupe de l'héroïne. Bref, LA COMTESSE NOIRE offre au spectateur une Lina Romay dans son indécence la plus totale, et au zénith de sa beauté. Elle est entourée d'acteurs tous familiers de l'univers de Franco, qu'il s'agisse de Jack Taylor, Monica Swinn, Alice Arno, Lui Barboo ou Raymond Hardy. Jean-Pierre Bouyxou est également de la partie, incarnant un certain... Docteur Orloff ! Quant à Jesus Franco, il s'offre comme souvent un petit rôle, celui d'un médecin légiste pince-sans-rire et abscons.

La musique, alternant un air mélancolique proche de la mélopée et des morceaux jazzy plus entraînants, est due à un autre proche de Franco, le compositeur (et accessoirement acteur) Daniel White.

En donnant le nom de Karlstein à son interprète principale, Jess Franco fait ouvertement référence au nom de Karnstein attribué par l'écrivain Sheridan Le Fanu à sa « Carmilla », roman publié en 1871 et adapté maintes fois au cinéma (notamment par la firme Hammer). C'est la deuxième fois que le cinéaste ibérique utilise le patronyme Karlstein, puisqu'il l'avait déjà utilisé en 1972 pour LA FILLE DE DRACULA.

LA COMTESSE NOIRE a tout pour ravir les inconditionnels de Lina Romay. Cela étant, malgré son sujet a priori fantastique, le film est avant tout axé sur son érotisme. Le fait que la femme-vampire draine l'énergie de ses victimes par le biais d'une morsure au niveau du sexe et non au cou favorise en cela le nombre élevé de scènes « épicées ». Si elles sont dans l'ensemble réussies, elles s'avèrent néanmoins parfois un peu longues et répétitives, risquant de lasser même les fans inconditionnels de Franco.

Malgré cela, il s'agit d'une œuvre référentielle dans la filmographie de son auteur et depuis peu un film teinté de nostalgie, Jess Franco nous ayant quittés le 2 avril 2013, soit à peine plus d'un an après le départ de sa muse Lina Romay. Voir ou revoir LA COMTESSE NOIRE est donc pour nous un bon moyen de ne pas oublier ce couple certes atypique mais ô combien sympathique et incontournable du cinéma de genre.

Philippe Chouvel
14/04/2013
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Sueurs Froides.fr > Critique > Retrospective
AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe Chouvel
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