La Falaise mystérieuse

The Uninvited


ORIGINE
USA
La Falaise mystérieuse Affiche

ANNEE
1944
REALISATION

Lewis Allen

INTERPRETES
Ray Milland
Ruth Hussey
Donald Crisp
Cornelia Otis Skinner
Alain Napier
Critique La Falaise mystérieuse
{Photo 1 de La Falaise mystérieuse} Classique des histoires de « maison hantée », LA FALAISE MYSTERIEUSE tient encore bien la route plus d'un demi-siècle après sa réalisation et s'impose comme une belle illustration de la théorie voulant que, dans l'épouvante, « moins ce soit plus ». Réalisé avec très peu d'effets et jouant essentiellement sur la suggestion, laissant la porte ouverte à une interprétation plus rationnelle et freudienne des événements survenus dans la demeure, le métrage se présente un peu comme le précurseur d'œuvres telles que LA MAISON DU DIABLE ou LES INNOCENTS. On peut également le rapprocher du classique REBECCA d'Alfred Hitchcock pour son mélange de drame, de fantastique, d'angoisse et de romance, ponctué de légères notes d'humour.

Une des particularités de LA FALAISE MYSTERIEUSE consiste à proposer une double hantise : l'un des deux fantômes est maléfique, l'autre bienveillant. Même si les apparences peuvent se révéler tr{Photo 2 de La Falaise mystérieuse} ompeuses...

Le chroniqueur musical londonien Roderick Fitzgerald (joué par Ray Milland) et sa sœur Pamela visitent une maison, « Winward House », apparemment abandonnée et située près d'une falaise où viennent se briser les vagues de l'Atlantique. Immédiatement sous le charme, Pamela propose à son frère d'acheter la propriété, ce qui lui permettra d'enfin se consacrer à ses activités de compositeur musical, depuis longtemps dédaignées. Le propriétaire de la demeure, un officier naval à la retraite nommé Beech, accepte de la vendre pour une somme ridiculement basse, sans leur cacher qu'elle a mauvaise réputation. Certains prétendent même que Winward House est hantée mais les Fitzgerald ne se laissent pas impressionner et s'installent dans la vaste propriété. Peu à peu, des phénomènes paranormaux commencent à survenir alors que Roderick tombe amoureux de la petite fille du commandant Beech, la belle Stella Mered{Photo 3 de La Falaise mystérieuse} ith qui cache un sombre secret.

Alors que de nombreux films de cette époque prenaient le fantastique de haut et ne proposaient, au final, que des « faux fantômes » démasqués lors de climax humoristiques anticipant les futurs exploits de Scooby Doo, LA FALAISE MYSTERIEUSE déroule une intrigue sérieuse et ne lésine pas sur les séquences d'angoisse. Une séance de spiritisme imaginée par le héros pour prouver à son aimée que la maison n'est pas hantée tourne ainsi à l'épouvante lorsque le surnaturel se manifeste réellement. De même, l'intrusion du paranormal s'effectue par petites touches : un chien refuse d'entrer dans une pièce et une fleur se fane brusquement, avant que les pages d'un livre ne se tournent d'elle-même ou qu'un parfum entêtant n'envahisse la maison. Lors du final, les spectres finissent par apparaître, matérialisations ectoplasmiques un peu floues très convaincantes même si pas vraiment nécessaire, le{Photo 4 de La Falaise mystérieuse} scénario laissant jusque là planer le doute sur la réalité de la hantise. L'enquête visant à découvrir le secret de la maison maudite s'avère également fort bien menée, avec différentes surprises à la clé, dont divers tabous hollywoodiens, allant d'une relation extraconjugale à un enfant illégitime en passant par une relation homosexuelle suggérée entre deux femmes.

En dépit de dialogues parfois un peu artificiels et de quelques longueurs dues à une intrigue un peu bavarde, l'atmosphère fonctionne et développe un univers onirique et mystérieux, le réalisateur débutant Lewis Allen (responsable ensuite d'un bon thriller avec Frank Sinatra, JE DOIS TUER, et de nombreux épisodes de séries télévisées) semblant largement influencé par les productions Val Lewton de la même époque. L'usage d'une très belle photographie noir et blanc (nominée à l'Oscar) et l'aspect très photogénique des paysages naturels grandioses et des décors oppressants accentuant la réussite de cette FALAISE MYSTERIEUSE, en dépit de quelques notes d'humour assez malvenues.

Notons que pour lever toute ambigüité sur la nature des manifestations observées (authentiques phénomènes de hantise ou refoulement inconscient purement freudien ?) les producteurs exigèrent l'ajout de brèves séquences détaillant la matérialisation d'un ectoplasme menaçant. Les censeurs britanniques retirèrent ensuite ces scènes et les critiques louèrent l'audace du cinéaste pour avoir proposé un film de fantôme ne montrant, au final, aucun fantôme.

Mené par un casting solide, dominé par un Ray Milland convaincant en jeune premier romantique soucieux de tirer sa promise des griffes d'une influence néfaste, LA FALAISE MYSTERIEUSE s'inscrit parmi les plus belles réussites de l'épouvante des années '40 et constitue une surprise très agréable, à redécouvrir impérativement pour les amateurs du genre.

Frédéric Pizzoferrato
09/08/2010
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AUTEUR DE L'ARTICLE: Frédéric Pizzoferrato
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