La maison Russie


ORIGINE
USA
La maison Russie Affiche

ANNEE
1991
REALISATION
Fred Schepisi
INTERPRETES
Sean Connery
Michelle Pfeiffer
Roy Scheider
Klaus Maria Brandauer
Critique La maison Russie
{Photo 1 de La maison Russie} Au cours d'un salon du livre en Russie à l'époque de la Glasnost, une russe, interprétée par Michelle Pfeiffer, insiste pour remettre à un représentant d'une maison édition anglaise un ouvrage devant être adressé expressément à son éditeur en chef Barley Blair alias Sean Connery. Avant de parvenir à son destinataire, l'ouvrage est confisqué par le service secret anglais. L'objet de cet ouvrage est de dresser un diagnostic de l'industrie de l'armement russe. A sa lecture, il apparaît que leur artillerie lourde est dans un état avancé de délabrement, que leur attitude menaçante vis-à-vis de l'Ouest est plus de l'ordre de la propagande que reposant sur une réelle technologie de pointe. Cet écrit pourrait ainsi renverser l'équilibre de la terreur, la teneur en est telle que les services secrets anglais décident de solliciter{Photo 2 de La maison Russie} l'aide de la CIA. Agents américains et anglais n'ont d'autres choix que de convoquer le destinataire de cet opuscule, Barley Blair, et le pressent de partir en Russie à la rencontre de cette mystérieuse russe à l'origine de ce courrier au potentiel dévastateur pour l'avenir des deux blocs.

Film d'espionnage décontracté, romance désuète sur fond de mouchards et de carte postale de Moscou, La maison Russie, est un film d'une autre époque. Baignant dans une musique jazzy omniprésente, et particulièrement d'un saxo accentuant le côté indolent du film, qu'il s'agisse des moments où il ne se passe pas grand-chose ou des quelques rares épisodes légèrement sous tension, le réalisateur Fred Schepisi ne prend jamais réellement au sérieux ce qu'il filme. Même le début d'histoire d'amour entre Sean Connery et Michelle Pfeiffer est{Photo 3 de La maison Russie} traité avec légèreté, sans vraiment de passion ni d'enjeu de la part des protagonistes, tous les acteurs participant à cette désinvolture ambiante du film. S'inspirant d'un roman du prolifique ex agent au service de sa Majesté, John le Carré, l'histoire d'un ingénieur russe cherchant à communiquer à l'étranger via un éditeur londonien, un manifeste de l'état de l'industrie de l'armement russe pour accélérer la perestroïka, mêlant à cela des espions anglais et américains, un éditeur amateur d'alcool et de jolies filles et une histoire d'amour entre ce dernier et une intellectuelle russe, avait de quoi constituer un film de barbouzes plutôt sympathique. Ajoutez à cela, l'ex 007, Sean Connery, dans un rôle qu'il maîtrise parfaitement, celui d'un jouisseur, sarcastique, individualiste, amoureux de la Russie et la distinguée{Photo 4 de La maison Russie} Michelle Pfeiffer en russe tombant sous le charme de ce vieux dandy, et le tour était joué pour attirer le grand public. Le film n'a pas eu le succès escompté en raison peut-être d'un défaut de rythme, d'un manque de nerfs, d'absence de tensions et d'une direction d'acteurs peu inspirée.

Le FBI, le MI5, Sean Connery et ces russes trahissant leur pays flânent tranquillement dans les grandes avenues de Moscou, se rencontrent, discutent dans des cafés, le grand absent est le KGB, les agents russes n'apparaissent jamais. Excepté un coup de téléphone qui sera l'occasion d'un retournement de situation, ce film d'espionnage se déroulant à Moscou avant la chute du mur, s'offre le luxe de ne jamais convoquer la police politique russe ! Cet oubli conscient voulu par le scénario (et peut-être le roman) concourt encore un peu plus à transformer LA MAISON RUSSIE en spectacle familial avec une Russie aseptisée, sans dangers, sans prison secrète, sans torture.

Sorti sur les écrans en 1991, deux après la chute du mur, ce film d'espionnage, pur produit hollywoodien, s'amuse de la guerre froide, de ces espions étonnamment peu retors , et donne la part belle au couple star Michelle Pfeiffer et Sean Connery. Tout semblant de réalité pendant ces 122 minutes ne serait que pure coïncidence, LA MAISON RUSSIE n'est destinée qu'à divertir, contrat qu'il remplit en partie notamment grâce au couple de vedettes de l'affiche, ces derniers assurant avec légèreté la visite de Moscou et de Leningrad. Le générique de fin se termine d'ailleurs sur de belles images de ces villes, l'ambition du film étant proche du dépliant touristique, le contrat est largement assuré.

Stéphane Pretceille
12/08/2012
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AUTEUR DE L'ARTICLE: Stéphane Pretceille
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