La Mort est leur Affaire


ORIGINE
France
La Mort est leur Affaire Affiche

LITTÉRATURE
ANNEE
1955
AUTEUR

Dard Frédéric (sous le pseudonyme de Frédéric Charles)

Critique Littéraire La Mort est leur Affaire
{Photo 1 de La Mort est leur Affaire} Mazur, les poches éternellement vides, était loin de se douter, en acceptant un job assurément malhonnête mais bien payé, que ça allait si mal finir. Repéré et traqué par la police, ses employeurs (en fait un réseau d'espions à la solde de l'étranger qui préparent un terrible attentat suite au vol d'un explosif révolutionnaire) décident bien vite de faire le ménage en l'éliminant. Seul contre tous, Mazur entend bien tout faire pour sauver sa peau, qui ne vaut plus bien cher, en empochant un peu de fric au passage. Pour cela il devra même tuer.

Publié dans la collection Espionnage d'un Fleuve Noir mythique, LA MORT EST LEUR AFFAIRE est un nouvel essai dans ce genre de l'excellent Frédéric Dard, 5 ans après DERNIERE MISSION. Cette fois, Dard abandonne Lyon et Paris pour New York, américanisant le décor de ce qui pourrait être un roman en provenance directe des Etats-Unis.

Les deux romans n'ont pas de héros commun, Dard semble avoir choisi une voie différente de ses collègues Jean Bruce et Paul Kenny dans le genre. Le beau San-Antonio devait lui suffire en tant que héros récurrent. La série était d'ailleurs parfois proche de l'espionnage ; disons que San-A est un flic... très spécial. Dans le polar pur, à la même époque, Dard créa cependant L'Ange Noir et Kaput, deux personnages aussi violents qu'étonnants.

Dard choisit dans LA MORT EST LEUR AFFAIRE de mettre en scène un espion malgré lui (en fait, Mazur est juste un type dans le besoin et pas très regardant sur la légalité) confronté à des forces qui le dépassent et vont peut-être l'écraser.

Le début est magistral : situé dans un magasin de disques qui sert de Q.G au chef des espions grâce à un système ingénieux. La suite est encore mieux. On s'attache à un jeune flic coriace mais un peu timide avec les dames qui est sur les traces de Mazur (celui-ci a commis des imprudences avec l'argent malhonnêtement gagné)... La confrontation entre les deux hommes est inévitable. Mais ce n'est pas le sujet principal du livre, loin de là. Tout comme d'ailleurs le vol de l'explosif, unbeau prétexte à un formidable roman-poursuite, un peu comme la formule du rayon de la mort dans DERNIERE MISSION.

En fait, le roman devient encore plus excitant quand le boss de Mazur ordonne à son tueur asiatique de faire le ménage parmi ses collaborateurs à risque, dont Mazur. Pour le tuer, on commence par user d'un siège éjectable (dans une voiture, des années avant GOLDFINGER !) avant de sortir le rasoir. Le double meurtre très violent d'un employé corrompu et de sa femme est très proche de ce que l'on peut trouver dans les giallos qui ont suivi le succès des premiers Dario Argento au cinéma. Preuve de plus que cinéma et littérature sont inextricablement liés et qu'on peut difficilement faire l'impasse sur l'un des deux lorsqu'on s'intéresse à la culture populaire.

Mazur, dans sa fuite, rencontre une fille sympathique, mais devient un assassin. Un tueur de flics. Ses chances de s'en sortir sont faibles mais il veut tenter le tout pour le tout. Sans connaître le contenu de la fiole qu'il a dérobée à ses ennemis, il a la "bonne" idée de l'avaler! Devenu un véritable danger public, il est doublement condamné à mort : la police donne l'ordre inhabituel de lui tirer une balle dans la tête sans sommation.

Comment une histoire pareille peut-elle s'achever ?

Dans un bain de sang. Le final est très gore mais nous n'en dirons évidemment pas davantage.

Patryck Ficini
11/08/2014
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Sueurs Froides.fr > Critique > Chroniques Infernales
AUTEUR DE L'ARTICLE: Patryck Ficini
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