La nuit a dévoré le monde

The Night Eats the World


ORIGINE
France, Canada
La nuit a dévoré le monde Affiche

ANNEE
2018
REALISATION

Dominique Rocher

INTERPRETES
Anders Danielsen Lie
Golshifteh Farahani
AUTEUR DE L'ARTICLE: Sophie Schweitzer
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Critique La nuit a dévoré le monde
{Photo 1 de La nuit a dévoré le monde} Sam est un étranger installé en France. Musicien peu sociable, il va chez son ex afin de récupérer des cassettes. Celle-ci est en plein milieu d'une grande fête. Désireux de s'isoler, il s'enferme dans le bureau où il s'endort. Quand il se réveille, l'appartement est dévasté et des traces de sang maculent les murs. Méfiant, il attrape une arme de fortune et découvre assez vite son ex sur le palier transformée en zombie essayant de l'attaquer. Par réflexe, il s'enferme à l'intérieur. Témoin de la tentative de fuite d'une famille massacrée par les zombies, il se convainc de transformer l'immeuble en forteresse.

Il s'agit du premier long métrage de Dominique Rocher qui s'était fait remarquer au festival de Gérardmer et au concours Audi Talent pour son court métrage LA VITES{Photo 2 de La nuit a dévoré le monde} SE DU PASSÉ qui d'un postulat fantastique explorait la perte de l'être aimé, le deuil et les souvenirs. Comme dans son court, il s'appuie sur un casting fort avec la présence de Denis Lavant, excellent en zombie décalé, et Sigrid Bouaziz. Le film repose essentiellement sur la prestation de son acteur principal Anders Danielsen Lie, qui avait fait ses débuts dans HERMAN de Erik Gustavson. Golshifte Farahani amène une touche de féminité et de fraîcheur en campant un personnage en complet décalage avec celui du héros.

Adapté d'un roman éponyme de Pit Agarmen, LA NUIT A DÉVORÉ LE MONDE est un film de zombie se déroulant entièrement dans Paris. L'auteur étant parisien, cela semble assez logique. Mais pour les amateurs de films de genre, c'est plutôt rare de voir cet univers d{Photo 3 de La nuit a dévoré le monde} e fin du monde filmé en plein coeur de la capitale. Le public français est plus habitué aux comédies et aux films d'auteurs dans ce type de décor. C'est ce choix de lieu qui donne au film une atmosphère très LE LOCATAIRE de Polanski. Evidemment, le fait que le héros soit un étranger à Paris, marqué par la solitude, et son sentiment d'étrangeté face à la conviction qu'il est désormais le seul vivant de la ville, peut-être du monde renforce, la ressemblance avec le film de Polanski. Et puis, il y a également la folie qui gangrène le héros, comme dans LE LOCATAIRE qui mettait en scène le basculement de son personnage principal dans la folie au fur et à mesure qu'il se trouvait confronté à l'altérité, pas forcément positive à son encontre.

Avec un titre hautement symbolique{Photo 4 de La nuit a dévoré le monde} et poétique, LA NUIT A DÉVORÉ LE MONDE est un film de genre français, et à ce titre, il mérite déjà amplement qu'on parle de lui. Conçu dans le circuit classique du cinéma français avec la maison de production HAUT ET COURT spécialisée dans les films d'auteur français, financé par le CNC, il aborde des thématiques fortes comme l'agoraphobie, la difficulté de s'intégrer au monde, la solitude et la dépression, mais le fait au sein du cinéma de genre, du film d'horreur. Après GRAVE, lui aussi pur produit du cinéma d'auteur français, puisque réalisé par une ancienne de la Fémis, LA NUIT A DÉVORÉ LE MONDE est peut-être la démonstration qu'il est possible de faire des films de genre en France sans avoir besoin d'aller les tourner à l'étranger.

Mais comme GRAVE ou MARTYR, deux films français mélangeant cinéma d'auteur et de genre, LA NUIT A DÉVORÉ LE MONDE va faire grincer des dents les amateurs d'horreur à la recherche de frissons puisque le film n'offre que quelques scènes effrayantes. Le postulat de fin du monde servant plus à dépeindre un état mental, la dépression, l'isolation et la solitude, qu'à faire ressentir au spectateur une montagne russe de frissons ou un univers de post-apocalypse à la MAD MAX. Dans son propos, le film est puissant, par une mise en scène épurée et un jeu d'acteur intense, mais aussi par l'utilisation d'une musique diégétique (produite par le personnage dans les séquences où la musique surgit comme un cri du héros), immergeant ainsi complètement le spectateur dans l'histoire, mais ce n'est certes pas un film effrayant.

Sophie Schweitzer
16/05/2018
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