La Revanche de Tarzan

Tarzan's revenge


ORIGINE
USA
La Revanche de Tarzan Affiche

ANNEE
1938
REALISATION

D. Ross Lederman

INTERPRETES
Glenn Morris
Eleanor Holm
George Barbier
Hedda Hopper
C. Henry Gordon
AUTEUR DE L'ARTICLE: Vincent Trajan
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Critique La Revanche de Tarzan
{Photo 1 de La Revanche de Tarzan} S'il est un personnage qui a inspiré bon nombre de réalisateurs, c'est bien Tarzan. Créé en 1912 par Edgar Rice Burroughs, l'homme-singe est le héro d'une petite centaine de bobines (!) sur grand et petit écran, depuis 1918 jusqu'à nos jours. Et si les aventures de Tarzan ont connu dès le départ un joli petit succès d'estime avec des films comme TARZAN OF THE APES (1918), THE ADVENTURES OF TARZAN (1921) ou TARZAN THE TIGER (1929), ce n'est qu'au début des années 1930 que la MGM va populariser la franchise avec TARZAN THE APE MAN (1932) notamment grâce à un certain Johnny Weissmuller, qui sied parfaitement au rôle.

Il n'en fallait pas moins pour donner l'envie à de nombreux cinéastes et producteurs de se lancer dans l'aventure de l'homme singe, et ainsi se placer dans l'énorme sillon ouvert par la MGM et de son acteur phare, Johnny Weissmuller. C'est pourquoi dans la décennie des années 1930, le célèbre nageur olympique verra dans son ombre, 3 différents Tarzan "dissidents" joués chacun par Buster Crabbe, Bruce Bennet ou bien Glenn Morris.

C'est en 1938 que TARZAN'S REVENGE (à ne pas confondre avec le THE REVENGE OF TARZAN de 1920) sort sur{Photo 2 de La Revanche de Tarzan} les écrans avec deux grandes vedettes sportives de l'époque : le champion olympique du décathlon Glenn Morris dans le rôle de Tarzan, et la nageuse olympique Eleanor Holm dans celui d'Eleanor Reed (la notoriété de la sportive a été telle qu'il n'a pas été possible de l'affubler du prénom de Jane pour ce film).

Partie avec ses parents Penny (Hedda Hopper) et Roger Reed (Gorge Barbier) ainsi qu'en compagnie de son fiancé et as de la gâchette Nevin Potter (George Meeker), pour un safari dans la jungle, afin de capturer des animaux pour le compte d'un zoo, la belle Eleanor Reed va vite se retrouver dans un territoire hostile et s'attirer les ardeurs du Sheik Ben Alleu Bey (C. Henry Gordon, l'inspecteur Ben Guarino dans le SCARFACE de 1932), prêt à tout pour faire d'elle la cent unième femme de son harem...

Exotisme, aventure et découverte d'un univers sauvage encore indompté, TARZAN'S REVENGE ne va pas sortir des sentiers battus de la franchise et remplir scrupuleusement le cahier des charges de l'époque, en reprenant à son compte les bases posées par les films précédents de la MGM (même si le légendaire cri créé par Douglas Shearer n'est pas r{Photo 3 de La Revanche de Tarzan} epris à l'identique) ainsi que les trames développées dans les romans d'Edgar Rice Burroughs.

On va donc découvrir un Tarzan oisif et pur (qui nous renvoie indirectement aux œuvres de Rousseau et Montaigne avec le mythe du bon sauvage et de la perversion de la société) vivant une vie saine et sans souci. A l'arrivée de la famille Reed et des chasseurs autochtones, l'homme-singe ne sera d'ailleurs pas sur la défensive, mais plutôt empreint d'une curiosité enfantine lorsqu'il épie de loin les curieux agissements du campement. D'ailleurs, sa première rencontre avec Eleanor Reed permettra de nous rendre compte du comportement "pur" de Tarzan, loin d'être au fait des us et coutumes des nouveaux arrivants.

Conscient de ne pas être au niveau de qualité des productions des Tarzan de la MGM (on s'en aperçoit vite lors des scènes sous-marines ou des montages hasardeux des nombreux stock-shots d'animaux sauvages), TARZAN'S REVENGE va s'avérer cependant pétri de bonnes intentions. Ainsi, D. Ross Lederman ne va pas manquer d'insuffler dans son récit quelques éléments comiques (pas toujours volontaires...) comme lors de la première rencontre entredes deux héros, les humeurs de Penny Reed ou bien les "singeries" du... chimpanzé du héro !

De même, la romance / amitié entre Eleanor et Tarzan sera rondement menée et le traitement de la relation entre les deux personnages ne manquera pas de faire penser au mythique duo Jane / Tarzan de la MGM avec Maureen O' Sullivan et Johnny Weissmuller.

Malheureusement, TARZAN'S REVENGE va souffrir de quelques longueurs évidentes (la scène du marécage, les sauvetages des animaux emprisonnés...) et de redondances souvent pataudes, afin de mettre en valeur les qualités physiques des héros au fil de quelques plans de nage pour Eleanor Holm ainsi que des scènes directement mises en oeuvre pour permettre à Glenn Morris de faire briller sa musculature. Rien de rédhibitoire dès lors qu'on se remet dans le contexte de la réalisation de l'époque (on est en 1938 et le cinéma est là pour faire rêver avant tout), mais il faut bien avouer que le découpage du film de D. Ross Lederman laisse souvent à désirer, notamment dans la mise en place du suspense (Eleanor sera enlevée par les sbires du Sheik Ben Alleu Bey... à dix minutes de la fin du film !) ou dans les carences d'un scénario trop convenu / manichéen.

De plus, l'aversion légendaire du réalisateur à (re)faire plusieurs prises pour une même scène, va vite trouver ses limites ici, dans la mesure où le jeu d'acteur de Glenn Morris va parfois laisser à désirer (il arrêtera sa carrière au cinéma à la fin de 1938 après son troisième film, HOLD THAT CO-ED) et ce, même si les critiques de l'époque jugeaient sa prestation "hautement acceptable". C'est d'ailleurs la délicieuse Eleanor Holm qui va lui voler la vedette, grâce à sa fraîcheur non feinte et une prestation très naturelle. Pour son premier - et dernier - essai devant la caméra en tant qu'actrice, la nageuse olympique a su aisément tirer son épingle du jeu. Reste à savoir si la belle brune aurait pu concurrencer la blonde Maureen O' Sullivan (Jane) sur son propre terrain...

A l'arrivée, si le TARZAN'S REVENGE de D. Ross Lederman n'a pas marqué les esprits à sa sortie - ni même après - force est de constater qu'aujourd'hui, le film garde la saveur indéniable de l'insouciance de l'entre-deux-guerres et prend la forme d'un sympathique divertissement pour les plus jeunes...et même les plus grands !

Vincent Trajan
13/02/2011
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