La tour du diable

Tower of Evil
Horror on Snape island
Le vampire de l'île du diable
Der Schreckensturm der Zombies
Beyond the Fog
Perché il dio fenicio continua ad uccidere?


ORIGINE
USA – UK
La tour du diable Affiche

ANNEE
1972
REALISATION

Jim O Connolly

INTERPRETES
Bryant Haliday
Jill Haworth
Anna Palk
William Lucas
Anthony Valentine
Jack Watson
Mark Edwards
Critique La tour du diable
{Photo 1 de La tour du diable} Un phare sur une île percluse de brume au large d'une côte anglaise balayée par les embruns. Un marin et son fils y accostent pour rapidement découvrir les cadavres de trois jeunes gens. Une jeune femme complètement folle se jette sur le plus vieux des marins et le tue. Pénélope - c'est son nom - a-t-elle tué ses compagnons d'escapade - 4 touristes en goguette dans les côtes britanniques - ou bien a-t-elle perdu l'esprit après avoir découvert le massacre et n'aurait-elle agressé l'infortuné pécheur que dans un réflexe de défense. Le détective Evan Brent est engagé par la famille de Pénélope, qui a sombré dans un état catatonique, pour le découvrir. Il se joint à une expédition archéologique rapidement montée... car un des jeunes a été retrouvé transpercé d'une lance en or phénicienne, suscitant l'espoir de retrouver sur l'île le riche tombeau d'un notable dont le navire se serait égaré en ces eaux. Accompagné du jeune Brom, Harry, Le fils du marin tué, convoie Brent et les archéologues Rose, Dan, Nora et Adam jusqu'au phare. Mais ne serait-il pas lié à l'île plus qu'il ne veut l'admettre. La question se posera rapidement dès que se sera produit un nouveau meurtre.

Un phare à l'architectu{Photo 2 de La tour du diable} re gothique, abandonné aux toiles d'araignées, une côte déchiquetée battue par les vagues, une brume persistante à couper au couteau - lequel se révèle bientôt prompt à couper de la chair -, des grottes, d'antiques reliques, un monstre qui guette, pas de doutes, LA TOUR DU DIABLE s'érige sur les fondations du gothique anglais tel qu'il règne alors depuis une quinzaine d'année. Mais d'un règne pâlissant en cette année 1972, et qui nécessite un traitement revigorant selon les critères du jour. La potion magique de l'époque mélange violence plus graphique et nudité généreuse. C'est sur ce double argument que se vend La tour du diable. Mais on se demande si le bagout commercial ne l'emporte pas sur le produit final car, après vision, LA TOUR DU DIABLE ne se signale par particulièrement par ses excès graphiques de violence. On relève bien l'un ou l'autre plan gore, notamment de cadavre en putréfaction, de tête ou main coupée, de protagoniste empalée qui d'une lance, qui d'une épée, mais sans vraiment qu'on puisse affirmer que le produit se détache clairement des standards de l'époque.

Au rayon nudité, ces jeunes seventies sont encore sous le charme des volutes hippies pour qui le vêtement es{Photo 3 de La tour du diable} t soit très ornemental, soit parfaitement superflu : outre quelques tenues bien bariolées et des pantalons masculins que personne n'oserait plus porter de nos jours (notre époque n'est définitivement pas aussi libérée qu'on l'affirme souvent), on croise quelques jolies nudités parfaitement superflue eu égard au scénario... et donc d'autant plus délectables. Mais là aussi, l'époque et le lieu de production limite l'érotisme : 1972, c'est juste avant la grande poussée érotique européenne, laquelle de surcroit se sera toujours heurté aux règles tatillonnes longtemps en vigueur dans la prude Albion. Et on constate que le montage place souvent les plans à des endroits où leur coupure éventuelle sur demande de la censure n'entravera pas la cohérence de l'ensemble. Des seins et des fesses donc, certes, mais guère plus. En tous cas, elles tendent à prouver que la brume côtière anglaise n'est pas aussi froide que d'aucun se l'imagine.

LA TOUR DU DIABLE a été (quasi) entièrement tourné en studio, ce qui confère ce côté artificiel à ses décors et pousse le jeu d'acteurs vers une certaine artificialité empreintes de conventions. C'est tout le charme d'un type de production de films qui a depuis longtemps disparu du cinéma de série, mais c'est aussi toute sa limite.

Les personnages sont un point faible du scénario : leur rôle n'est que sommairement présenté et ensuite pas du tout exploité par leur apparence, leur tenue ou leurs activités. Si vous en connaissez, envoyez-nous des archéologues aussi chamarrés et dévêtus, nous sommes curieux ! Le script se contente de les faire interagir en fonction de relations de séduction et jalousie, sans même fortement exploiter cette piste.

La mise en scène fonctionnelle reste dans un registre purement illustratif ; le scénario sur les rails de poncifs 1000 fois vus (aaaah, ce bon vieux cliché du brasier purificateur conclusif, on ne vous spoile pas tellement tout est ici évidence) et le jeu d'acteurs, casanier, traine dans la tradition expressive théâtrale. Bref, ni la forme, ni le fond ne brillent particulièrement. On amodiera ici nos propos : le fait que rien ne ressorte ne veut pas non plus dire que l'ensemble est mauvais, mais simplement dénué de quelque trait saillant. Il reste dans le rang.

Rien ne viendra donc rehausser le niveau correct, mais sans plus, d'un film qui n'a d'ailleurs jamais prétendu ou espéré être autre chose qu'une œuvre de série, telle que l'époque en produisait encore en nombre. Il ne fait pas partie de ces pépites oubliées dont la redécouverte peut être conseillée hors du cercle des aficionados de cinéma du passé. En 2016, date de remise sur le marché du film, via son édition dvd française par le label Artus, le public cible restera donc confiné aux acharnés du genre. Ou aux lecteurs de Jean Ray, voire même - en poussant un peu - ceux de Lovecraft (bon, pas pour les mythes Chtoniens, hein, plutôt pour l'ambiance poisseuse des bords de mer délétères).

En France, le film est sorti le 14 juin 1973. On lui attribue parfois un titre secondaire : LE VAMPIRE DE L'ÎLE DU DIABLE. Par la suite, on lui connaitra aussi une sortie VHS.

On ne s'étendra pas ici sur les conditions de production du film, le terrain étant parfaitement occupé par le très érudit et très intéressant bonus sur la question présenté par Eric Peretti (par ailleurs chroniqueur sur Sueurs Froides, mais ne voyez dans notre commentaire aucun copinage) sur le DVD Artus et qui fait tout le sel de cette édition.

On laissera dès lors chacun, selon ses affinités avec ce qu'il recherche dans un film, décider s'il peut y trouver son compte.

Philippe Delvaux
28/07/2016
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AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe Delvaux
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