Le Château de Frankenstein

Il Castello Delle Donne Maledette


ORIGINE
Italie
Le Château de Frankenstein Affiche

ANNEE
1974
REALISATION

Robert Oliver

INTERPRETES
Rossano Brazzi
Michael Dunn
Edmund Purdom
Gordon Mitchell
Loren Ewing
Luciano Pigozzi
AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe Delvaux
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Critique Le Château de Frankenstein
{Photo 1 de Le Château de Frankenstein} Un homme préhistorique (Loren Ewing) est attaqué et tué par des paysans apeurés au 19ème siècle, quelque part dans les montagnes européennes. Dans un cimetière, un groupe patibulaire déterre un cadavre de jeune fille fraîchement trépassée et l'emporte dans la nuit lunaire. Il s'en retourne au château du docteur (et comte) Frankenstein (Rossano Brazzi) où ce dernier a aménagé un laboratoire secret dans lequel repose déjà le cadavre du néandertalien. Une opération mystérieuse va commencer. Peu de temps après, Maria (Simone Blondell), la fille du comte revient au château accompagnée de son fiancé Eric (l'acteur Eric Mann) et de son amie Krista Lauder (Christiane Rücker sous le nom de scène de Christiane Royce). Krista se rapproche très vite du comte. Au village, la peur règne depuis le vol du cadavre, mais aussi à cause de la vague de crimes qui va suivre. Les paysans pointent le château du doigt et le préfet Ewing (Edmund Purdom) a toute la peine du mo{Photo 2 de Le Château de Frankenstein} nde à empêcher un lynchage. Il faut dire que l'entourage de Frankenstein n'est pas de nature à rassurer les superstitieux : un bossu, un nain torve et d'autres personnages inquiétants !

Dans la grande marmite du Z, Robert Oliver nous a mitonné l'un de ces pots-au-feu de nos grands-mères. De ceux-là mêmes dans lesquels on incorpore tous les ingrédients non terminés lors des repas précédents. Ici, on frise l'indigestion. Jugez un peu : un nain revanchard et lubrique (le Michael Dunn des MYSTÈRES DE L'OUEST), un Frankenstein qui est docteur ET comte (pour nous rappeler Dracula ?), un serviteur bossu, un autre qui se nomme forcément Igor, une cuisinière adepte de la soumission masochiste, un mort-vivant, et non pas un mais bien deux survivants de la préhistoire. Et, last but not least (ou plutôt « et last but sleaze »), non pas une mais bien deux jeunes oiselles prêtes à se dévêtir pour la beauté du 7ème art et le plaisir du voyeur euuuuh nous voulions{Photo 3 de Le Château de Frankenstein} dire du spectateur.

Tout cela lié à la sauce gothique typique : orage, château, laboratoire secret, passages dérobés, personnages inquiétants, forêts de montagne...

On peut sans peine assurer qu'en 1974, Robert Oliver arrive 10 ans trop tard. Partout dans le monde, le gothique classique n'en finit pas de mourir à travers des réinterprétations qui partent dans tous les sens.

Ici, l'utilisation des deux hommes préhistoriques nous renvoient même aux films de cro-magnons qui ont traversés les années 50 et 60 ainsi qu'aux péplums italiens de la période 1958-1965 (l'un des deux est d'ailleurs renommé « Goliath »), même si aucun des deux acteurs ne s'y est illustré. A nouveau, en 1974, Robert Oliver arrive bien trop tard pour travailler ces genres. Il n'est d'ailleurs pas le seul : Salvatore Baccaro, qui joue l'homme des cavernes Ook, a choisi pour ce film le nom de scène « Boris Lugosi ». Reste à savoir si les deux icônes du cinéma gothique d'avant-guer{Photo 4 de Le Château de Frankenstein} re Boris Karloff (FRANKENSTEIN, 1931) et Bela Lugosi (DRACULA, 1931) auraient apprécié cet hommage.

Le plus étonnant, c'est qu'une intrigue subsiste dans ce grand brouhaha. Bien entendu, on brasse le n'importe quoi mais l'ensemble se laisse regarder ... Si l'on ne se montre pas trop exigeant sur la qualité. Certains protagonistes font presque de la figuration et l'intrigue aurait gagné à être retaillée, mais - et c'est le plus important - elle n'est pas bancale.

Bien entendu, tout cela n'a plus grand-chose à voir avec le roman de Mary Shelley. Il en subsiste le scientifique obnubilé par l'idée de faire revivre un cadavre et la catastrophe qui s'ensuit, ainsi que le décorum gothique général. Mais pour le reste...

La photographie, la réalisation et la direction d'acteur sont sans relief particulier. Le résultat est un peu maladroit mais pas désagréable. Ce sera d'ailleurs l'unique réalisation du scénariste Robert Oliver, qui n'aura fait qu'une apparition éclair dans le monde du cinéma (3 scénarii à son actif seulement). Des rumeurs laissent entendre qu'Oliver ne serait qu'un pseudo derrière lequel se cacherait le véritable réalisateur. Le casting est plus intéressant car constitué de trognes qu'on a l'habitude de croiser régulièrement dans le cinéma transalpin de genre auprès d'Antonio Margheriti, Mario Bava, Umberto Lenzi, Sergio Martino, etc.

Comme nous sommes en 1974, l'érotisme tout en suggestion des années 60 doit céder face à quelque chose de plus explicite et pourtant l'ensemble reste relativement sage. Bien entendu, les personnages de Maria (référence à Mary Shelley ?) et Krista se déshabilleront pour nous à plusieurs reprises (à chaque fois épiées par d'autres personnages) de manière presque gratuite mais on ne verse pas dans l'outrance d'autres métrages de l'époque. Le nain Genz, moteur des avancées de l'intrigue, est le plus lubrique par ses vices nécrophiles et ses tendances au viol.

Philippe Delvaux
22/12/2009
Cet article est paru dans Sueurs Froides n°34
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