Le Disque Mystérieux


ORIGINE
France
Le Disque Mystérieux Affiche

LITTÉRATURE
ANNEE
1952
AUTEUR
Frédéric Dard
Critique Littéraire Le Disque Mystérieux
{Photo 1 de Le Disque Mystérieux} En vacances, l'agent secret Los Jo est rappelé par son chef pour rejoindre un collègue qui a besoin d'un coup de main en plein Paris. Sur le lieu du rendez-vous, pas de collègue mais un Chinois assassiné et porteur d'un... DISQUE MYSTERIEUX.

Ce roman fut publié en 1952 chez le Lyonnais Jacquier par Frédéric Dard sous un pseudo américain (Cornel Milk). On se demande encore pourquoi tant le roman reste franco-français, pour ne pas dire franchouillard. A aucun moment, nous ne sommes ici en présence d'un faux roman américain comme il y en eut à l'époque et comme purent l'être VENGEANCE ou LA GRANDE FRITURE (un excellent roman noir), toujours de Dard.

LE DISQUE MYSTERIEUX a davantage de points communs avec les premières aventures, tournées vers l'action, du beau commissaire San-Antonio.

LE DISQUE MYSTERIEUX, c'est 130 pages mouvementées, 12 chapitres où il se passe toujours quelque chose. Bref, l'exact contraire du polar actuel, énorme et psychologique. Dire que tout cela ne vole pas haut et pourra franchement décevoir les admirateurs du Dard des thrillers publiés sous son nom au Fleuve Noir (par exemple, COMA et MA SALE PEAU BLANCHE, deux bouquins superbes), c'est un fait avéré. N'empêche : quel plaisir (coupable ?) que de suivre l'enquête de Los Jo, alcoolo et bagarreur comme le voulait la mode post- Peter Cheyney ! On ne s'ennuie pas une seconde. Il y a tout ce que l'on peut désirer : des cadavres en pagaille, une femme fatale qui apparaît dans le plus simple appareil dès la première fois et même des espions chinois ! Sans parler du sadisme, sel essentiel d'une certaine littérature populaire sur lequel nous reviendrons.

L'écriture de Dard est simple, carrée, efficace. Moins argotique que dans les San-Antonio (sans doute parce qu'ici ce n'est pas le héros qui raconte ses aventures) mais aussi moins soignée, plus « torchée » que dans les thrillers déjà cités, cette façon d'écrire évoque quant à elle... un pulp à la française.

Lorsqu'un des méchants tombe aux mains des agents du Contre-Espionnage français, il est confié à des spécialistes de la torture et du passage à tabac. La scène est longue, éprouvante. Même si Los Jo n'y participe pas (comme Malko dans les SAS ou le moins connu Rex Baker dans un Fleuve Noir standard comme CONCESSION CARAIBES, signé Pierre Courcel), on ne peut s'empêcher de trouver la scène malsaine. Et terriblement réaliste aussi : qui peut douter que des agents secrets, de quelque bord qu'ils soient, hésiteraient à en venir aux pires extrêmités en cas debesoin ? Le débat a été relancé après le 11 septembre et la guerre anti-terroriste. On en a notamment parlé, dans la fiction, à propos des méthodes du Jack Bauer de 24. Ce serait oublier que les héros d'autrefois recourraient à la torture sans que cela choque alors personne, notamment chez José Moselli. San-Antonio n'était lui-même pas toujours très clair à ce sujet, au moins à ses débuts.

La torture utilisée par les « bons » ne réside pas uniquement dans les pires Catégorie III policiers de Hong-Kong. Elle a toujours fait partie d'une bonne part de la littérature populaire.

D'ailleurs quand la femme fatale et meurtrière est tuée par nos héros, par accident certes, personne ne la pleure ou ne s'inquiète de la bavure, bien au contraire (« Ca fera des frais de procédure en moins », P. 120)

« Ils en avaient assez de cogner. Leurs visages ruisselaient de sueur. N'Guyen renifla le sang qui lui coulait des narines. Il passa péniblement sa langue sèche sur ses lèvres boursouflées.

Le gros à lunettes emplit une tasse de café et le lui tendit. Il hésita un instant, puis avança une main tremblante ; le gros lui jeta alors le contenu de la tasse au visage. Le liquide brûlant mordit les chairs ouvertes du Chinois. Il ne put réprimer une plainte.

- Il commence à faire du bruit c'est bon signe, remarqua le troisième policier, un grand maigre à tête de pasteur évangéliste. » (P. 60)

Très violent ! Cela évoque la brutalité de certaines pratiques policières parfois décrites par le grand André Héléna, pour mieux les dénoncer (LES FLICS ONT TOUJOURS RAISON, 1949). Dard, ici, se livre plutôt à du simple divertissement, même sur ce sujet aussi grave que polémique.

Patryck Ficini
15/07/2012
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Sueurs Froides.fr > Critique > Chroniques Infernales
AUTEUR DE L'ARTICLE: Patryck Ficini
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