Le festin de Babette


ORIGINE
Danois
Le festin de Babette Affiche

ANNEE
1987
REALISATION

Gabriel Axel

INTERPRETES
Stéphane Audran
Brigitte Federspiel
Bodil Kjer
Bibi Anderson
AUTEUR DE L'ARTICLE: Stéphane Pretceille
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Critique Le festin de Babette
{Photo 1 de Le festin de Babette} Sur les côtes danoises, dans un village isolé, une communauté religieuse austère créée par un pasteur autoritaire entouré de ses deux filles, ordonne la vie quotidienne de ses habitants. Les mois et les années s'écoulent tranquillement à l'abri des guerres et des révolutions de l'histoire, le temps ne semblant pas avoir de prise sur le mode de vie de cette secte protestante. Un événement a priori anodin va néanmoins produire une série d'effets qui conduira cette communauté à questionner ses choix et les sacrifices pris au nom de sa religion.

Tout commence quand un officier de l'armée danoise, en garnison à quelques kilomètres du village, croise sur sa route l'une des jeunes filles du pasteur. Au premier regard, il tombe sous le charme de cette jeune demoiselle innocente, dénuée des artifices et de la vanité des femmes du monde. Pour la conquérir, le jeune officier se fait inviter à la table du pasteur et se fond dans le rôle d'un homme de religion et de piété. Les jours passent mais malheureusement sa timide cour auprès de la jeune fi{Photo 2 de Le festin de Babette} lle n'avance guère. Perdant confiance, il se décide à l'abandonner et pour fuir sa peine, de se vouer à sa carrière de militaire. Il consolidera sa réussite sociale en épousant une demoiselle d'honneur de la Reine.

A la cour, un chanteur d'opéra parisien, en pleine crise existentielle, recherche un endroit isolé et sauvage pour se ressourcer. Conseillé par la nouvelle femme de l'officier, il se décide pour la côte de Jutland, le village où demeure la communauté religieuse. Assistant à une messe, le parisien, entend l'une des sœurs chantant avec passion. Il nourrit aussitôt de grandes ambitions pour cette voix divine, convaincu qu'il en fera la prochaine diva parisienne. Avec l'autorisation de son père, le pasteur, il lui prodigue des cours de chant, déclamant à ses hôtes des livrets où l'amour est le sujet central. La jeune fille, embarrassée par ses paroles passionnées, arrête sur le champ ses cours au grand désespoir du parisien.

Les années passent, le pasteur décède, les jeunes filles deviennent de vieilles filles. Les hab{Photo 3 de Le festin de Babette} itants continuent à célébrer la mémoire du pasteur, la communauté se resserrant autour de ses filles dévouées corps et âme à la cause de leur défunt père. Au crépuscule de leur vie, arrive une nuit orageuse, une française demandant l'hospitalité. Elle leur remet un courrier du chanteur d'opéra, qui malgré les années, a toujours eu en mémoire cette rencontre artistique avortée, il leur demande de prendre sous leur toit cette jeune personne. La France étant en plein déchirement entre les communards et les versaillais, la française, en danger de mort, n'a d'autres choix que de fuir son pays avec peu d'espoir d'un retour.

14 ans plus tard, la française devenue leur servante, gagne à la loterie une somme importante. Elle décide alors d'investir ce petit pactole dans un fastueux dîner en l'honneur d'une fête religieuse de la communauté. Les habitants ne connaissant que des plats frugales, l'organisation de ce repas pharaonique devient le sujet de conversation principale du village, angoissés qu'il sont devant ces caisses importés de Paris, ce{Photo 4 de Le festin de Babette} s bouteilles de vins, cette tortue géante, ces cailles et ces victuailles représentant à leurs yeux une débauche de saveurs à l'opposée de leur mode de vie.

Adaptée d'une nouvelle de Karen Blixen, plus connue pour son roman autobiographique « une ferme en Afrique », LE FESTIN DE BABETTE a remporté l'oscar du meilleur film étranger en 1988 et a connu un vrai succès public. Il est aujourd'hui considéré par les cinéphiles comme un classique. Le réalisateur Gabriel Axel s'est battu pendant des années pour convaincre des financeurs de l'accompagner dans ce projet, il est vrai qu'une histoire relatant la vie (ou l'absence de vie ?) d'une communauté religieuse danoise avec un climax reposant sur un dîner parisien, n'avait pas de quoi séduire des investisseurs. La réception tant critique que publique du film a donné raison au réalisateur d'autant qu'il réussit à rendre captivante cette immersion dans ce village danois et à provoquer des angoisses quand Stéphane Audran se met au fourneau et que ses invités se préparent à ce dîner tendu.

Très bien joué par tous les acteurs, mention aux deux sœurs interprétées par quatre actrices aux différents âges de la vie, le film d'une durée de 103 minutes, ne connaît pas de temps morts tant le moindre événement dans ce village prend des proportions démesurées. Une simple rencontre, un échange de regard avec un étranger et c'est toute la communauté qui vacille. Les dernières minutes du film quand la servante française dévoile les raisons de ce dîner sont touchantes, tout se résume à cette confession, à sa générosité sans arrière pensée. Tout le film conduit à cette courte scène émouvante, empreinte d'une vraie tristesse, de l'acceptation de la fin, d'un dernier geste d'amour offert aux autres. En quelques minutes, les personnages échappent à leur enfermement religieux, à leur dogmatisme, ce dîner de génie a réveillé ces âmes poussiéreuses. Ode à la vie, à l'altruisme, LE FESTIN DE BABETTE est un film à voir et revoir, son classicisme, la simplicité de son histoire et la générosité de son propos lui permettront de conserver son aura.

Stéphane Pretceille
23/12/2012
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