Le Moment de Tuer

Il Momento di Uccidere


ORIGINE
Italie, Allemagne
Le Moment de Tuer Affiche

ANNEE
1968
REALISATION

Giuliano Carnimeo

INTERPRETES
George Hilton
Walter Barnes
Loni von Friedel
Horst Frank
Critique Le Moment de Tuer
{Photo 1 de Le Moment de Tuer} Deux aventuriers sont à la recherche d'un fabuleux trésor sudiste. D'autres charognards sont sur les dents. Ce petit monde cupide va bientôt s'entre-dévorer sans pitié...

LE MOMENT DE TUER est l'un des deux premiers films d'Anthony Ascott. Sa mise en scène accrocheuse, sa caméra mobile et son découpage précis y font déjà merveille. Le futur réalisateur des Tressette, Alleluia, Spirito Santo et surtout Sartana s'avère un redoutable technicien qui connaît sur le bout des doigts son métier de conteur. LE MOMENT DE TUER est parfois réputé sérieux, voire tragique (chez Alain Petit puis chez Gian Lhassa). En fait il s'agit surtout de l'un de ces innombrables westerns ironiques à la Sergio Leone qui suivirent la trilogie des dollars. Les dialogues très bien écrits sont ainsi souvent amusants. La drôlerie est même accentuée par la présence du compagnon de l'anti-héros, qui lui sert d'an{Photo 2 de Le Moment de Tuer} ge gardien rigolard. Le gringo lui-même, George Hilton, est une variante légère de l'Homme sans Nom. Le sourire lui vient plus facilement aux lèvres et il joue même les jolies coeurs. Hilton incarne en fait un personnage extrêmement proche de son « stranger » de JE VAIS JE TIRE ET JE REVIENS, signé Enzo Castellari. Et il faut bien reconnaître que son Sartana de DJANGO ARRIVE PREPAREZ VOS CERCUEILS, toujours pour Ascott, en sera le cousin direct ! Ce, même si Hilton était capable de bien autre chose dans les giallos de Sergio martino comme dans LE TEMPS DU MASSACRE. Pour en revenir aux quelques affinités de ton entre LE MOMENT DE TUER et le cependant plus parodique JE VAIS, JE TIRE..., ce n'est assurément pas le fruit du hasard puisqu'on retrouve ici Tito Carpi et Enzo Castellari au scénario. Ce dernier avait alors l'habitude de parsemer ses films d'humour, à contre-courant des tragédies post-DJANGO. A tel point qu'il est étonnant qu'il ait réalisé ensuite des oeuvres aussi sombres que DJANGO PORTE SA CROIX et KEOMA... Dernier point commun du film d'Ascott et de celui de Castellari : la musique voisine signée Francesco de Masi et le chant du grand spécialiste Raoul.

Au début du MOMENT DE TUER, on voit des pistoleros se tirer dessus sans que l'on comprenne grand chose à l'affaire mais quand la chasse au trésor s'installe vraiment, on se surprend à la suivre avec plaisir. Le mérite en revient au rythme imposé par le scénario et la réalisation, davantage qu'à un contenu relativement avare d'idées novatrices.

Parmi les méchants, on a la joie de retrouver Horst Frank, inoubliable adversaire élégant de Terence Hill dans le brillant PREPARE TON CERCUEIL. Frank était un acteur allemand à la classe aussi incroyable que son regard bleu était méprisant. Il est saisissant lorsqu'il ricane de la terreur d'un pauvre type provoquée par ses tirs de plus en plus dangereux. Ce genre de jeu pervers, où le bad guy du western spaghetti montre toute sa malfaisance, n'était pas rare. Evoquons simplement le Major Jackson de DJANGO qui tuait des mexicains par plaisir.

Comme autre scène remarquable, retenons un jeu de miroirs organisé par Hilton pour se débarrasser d'un ennemi. De LA DAME DE SHANGAI à OPERATION DRAGON ou au Z SAS A SAN SALVADOR, il y en eut bien d'autres... On restera marqué aussi par la vision d'une handicapée en fauteuil roulant malmenée par des bandits qui menaçent de la violer. Même dans un divertissement sans aucune prétention comme ici, les Italiens n'ont jamais hésité à franchir les bornes de la cruauté en maltraitant toujours plus leurs personnages.

Dans le western spaghetti, le monde se divise en deux catégories : les victimes et les bourreaux. La distinction est souvent plus délicate à établir entre bons et méchants !

Le final se déroule dans le cadre inédit d'un abattoir. Le gunfight est plein de tension, mais le meilleur vient avec le trépas de Horst Frank. Hilton lui lance la pointe d'un éperon en pleine gorge, comme s'il s'agissait d'un poignard ! Cela évoque tant l'étoile de shériff meurtrière des LONGS JOURS DE LA VENGEANCE que les éperons assassins de AVEC DJANGO LA MORT EST LA. La même année que LE MOMENT DE TUER, on a aussi pu voir un oeil crevé à coups d'éperon dans le très violent GRAND INQUISITEUR de Michael Reeves. L'idée devait être à le mode !

Enfin, notons une chute-révélation assez surprenante qui nous rappelle à point nommé combien le western italien est fréquemment un jeu de masques et de faux semblants, où comme le dit George Hilton, il ne faut jamais se fier aux apparences...

Patryck Ficini
22/12/2009
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Sueurs Froides.fr > Critique > Retrospective
AUTEUR DE L'ARTICLE: Patryck Ficini
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