Le Mort qu'il faut Tuer


ORIGINE
France
Le Mort qu'il faut Tuer Affiche

LITTÉRATURE
ANNEE
1971
AUTEUR

B.R. Bruss

AUTEUR DE L'ARTICLE: Patryck Ficini
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Critique Littéraire Le Mort qu'il faut Tuer
{Photo 1 de Le Mort qu'il faut Tuer} B.R. Bruss, de son vrai nom Roger Bonnefoy, a signé un bon nombre de romans de science-fiction et 9 romans d'épouvante pour le Fleuve Noir. Ces derniers furent écrits pour la mythique collection Angoisse. Sorti en 1971, LE MORT QU'IL FAUT TUER est l'avant-dernier de la série, en ce qui concerne notre auteur. L'œuvre de B.R. Bruss a excellente réputation. Elle est parfaitement justifiée à notre avis.

Si LE MORT QU'IL FAUT TUER ne vaut pas les purs classiques NOUS AVONS TOUS PEUR et LES TAMBOURS D'ANGOISSE, réédités plusieurs fois, il n'en est pas moins un excellent roman d'atmosphère, où l'on retrouve d'ailleurs l'ambiance, chère à l'écrivain, d'une petite ville en proie à une terrifiante malédiction.

Le livre s'ouvre sur le décès mystérieux du professeur Scheeering, un savant de renommée mondiale. Mort naturelle, suicide ou meurtre, impossible de trancher pour le héros, un médecin qui en avait été averti par le professeur en personne.

Si cette première partie, trop longue, intéresse moyennement, le reste du MORT QU'IL FAUT TUER est déjà plus fascinant, car les évènements bizarres s'enchaînent en ville sans qu'un lien direct soit fait avec la mort de Scheering avant les derniers chapitres.

Des habitants voient leurs membres s'allonger ou, au contraire, rétrécir, avec toutes les conséquences sur le moral des victimes que l'on peut imaginer. C'est une véritable épidémieface à laquelle notre héros et d'autres scientifiques ou médecins se révèlent totalement impuissants. La maladie (?) est inconnue et rien ne semble pouvoir l'enrayer. C'est la peur, encore terriblement actuelle, du virus contre lequel on ne peut lutter. Ce thème formidable, notamment abordé dans le roman d'espionnage, fait la force principale du MORT QU'IL FAUT TUER.

Mais cela ne s'arrête pas là.

Bientôt des mini-tornades s'abattent sur ce « bourg (peut-être) envoûté », pour reprendre le titre d'un Bruss plus célèbre, entraînant la mort de nombreuses personnes.

Tandis que des incendies, des « flammes vivantes », galopent à travers la campagne de façon tout aussi inexpliquée, se produit lephénomène le plus étrange. Un personnage masqué interrompt les émissions de télé, ou une voix celles de radio, pour annoncer le trépas à court terme des auditeurs. Ceux qui prennent peur (l'exode commence) et tentent d'y échapper en éteignant leur poste... entendent la voix diabolique directement dans leur tête !

Les décès surviennent pile à l'heure indiquée.

LE MORT QU'IL FAUT TUER impressionne par les mortels phénomènes qu'il décrit, comme autant de fléaux qui s'abattent sur des innocents, mais captive aussi son lecteur par la relation désespérée qui en est faite par le héros narrateur, un médecin dévoué qui fait tout ce qu'il peut, c'est-à-dire pas grand-chose ! Bientôt sa femme est touchée (les lobes de ses oreilles rétrécissent, ça paraît drôle, mais si ça ne s'arrêtait pas là ?). La peur rôde, implacable. On ne sait pas où cela va s'arrêter. Prémices d'une fin du monde pour l'instant cantonnée à une région ou cas définitivement isolé ? Sorcellerie ou usage d'une science dévoyée et hors de tout contrôle ?

La réponse n'est donnée qu'à la toute fin du roman. Même si elle ne convainc qu'à moitié (car trop évasive et expédiée ; certaines mauvaises langues pourraient la qualifier de bâclée, d'un peu facile), l'explication finale plonge LE MORT QU'IL FAUT TUER, et nous n'en dirons pas davantage faute de la déflorer trop hâtivement, dans un abîme assez vertigineux, il faut l'avouer.

Patryck Ficini
18/10/2014
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