Le Parrain Noir de Harlem

The Black Godfather


ORIGINE
USA
Le Parrain Noir de Harlem Affiche

ANNEE
1974
REALISATION

John Evans

INTERPRETES
Rod Perry
Damu King
Don Chastain
AUTEUR DE L'ARTICLE: Tom Flener
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Critique Le Parrain Noir de Harlem
{Photo 1 de Le Parrain Noir de Harlem} « Au début, il y avait Shaft... ». C'est avec ces mots qu'on pourrait commencer une histoire de la blaxploitation. Ce genre, dans les années 70, nous a donné quelques-uns des noms les plus durables du cinéma d'action : Shaft, Superfly, Coffy, Cleopatra Jones, Foxy Brown. Mais pas seulement. C'est également un genre qui nous a révélé des acteurs comme Pam Grier, Richard Roundtree ou encore Fred Williamson et qui nous a offert certaines des musiques de film les plus cools de l'histoire du cinéma.

Néanmoins, toute histoire compréhensive du genre devra forcément mentionner les fils ratés de Shaft. Et c'est là qu'il faudra parler de LE PARRAIN NOIR DE HARLEM.

J.J (Rod Perry), un petit gangster, est «{Photo 2 de Le Parrain Noir de Harlem} adopté » par le parrain du ghetto, Big Nate. Plusieurs années plus tard, J.J. a réussi à gravir l'échelle : il est son propre chef et sort avec Yvonne, la fille de Big Nate. Avec une bande de vigilantes dirigée par Diablo, il veut chasser du ghetto Tony, un chef de gang blanc. Tony, qui jusque là vendait son héroïne aux noirs, n'est pas d'accord.

Il faut dire que l'intrigue n'est ni plus ni moins originale que celle à la base d'autres films de blaxploitation. Un élément assez important dans l'intrigue est que J.J. utilise l'aide et l'information amassée par les serviteurs des quartiers riches (et qui sont presque tous des noirs) dans son combat contre Tony. Ainsi le film propose que c'est en s'ent{Photo 3 de Le Parrain Noir de Harlem} raidant, plutôt qu'en se battant entre eux, que les noirs arrivent à se procurer une voix dans notre société. Malheureusement, cet élément n'est qu'utilisé de manière sporadique et n'arrive pas vraiment à s'intégrer dans le propos du film.

John Evans n'a écrit et réalisé que trois films dans sa carrière. On pourrait donc attribuer à son inexpérience l'absence de rythme dans LE PARRAIN NOIR DE HARLEM. En effet, le film n'arrive jamais à décoller. La mise en scène est lente, manque de souffle et d'énergie. Le découpage se cantonne aux sentiers battus et ne montre jamais d'audace.

Ajoutons à ceci un scénario bavard et lent. De plus, trop de scènes se jouent entre deux personnages dans des décors d'intérieur tristes. Cela pourrait être lié à un budget limité et qui ne permet pas les prises d'extérieur. Néanmoins, si on décide de se concentrer plus sur les dialogues que sur l'action, il faut non seulement que ces dialogues soient mémorables (ce qu'ils ne sont pas ici), mais aussi que les acteurs arrivent à porter ces scènes. Malheureusement, c'est également à ce niveau-là que le bât blesse. Plus d'une fois, les acteurs trébuchent sur leurs mots, et il leur semble impossible de transporter quelque émotion par leur interprétation.

Si finalement tout ceci suffisait pour faire de LE PARRAIN NOIR DE HARLEM l'un des représentants les moins mémorables du genre, John Evans omet d'inclure les deux ingrédients qui peuvent rendre regardable même un film d'exploitation moyen : le sexe et la violence. Shaft nous l'a montré : tout héros respectable de blaxploitation doit avoir au moins une femme à chaque doigt. Et il n'y a pas non plus de raison de se retenir lors de confrontations violentes. Même la blaxploitation n'est qu'au fond de l'exploitation, et c'est pour leurs excès qu'on aime ces films.

Si LE PARRAIN NOIR DE HARLEM (au moins en anglais) possède un titre accrocheur, destiné à le rapprocher d'un des meilleurs films de toute l'histoire du cinéma, il déçoit dans tous les domaines. Qualitativement, c'est l'un des films les plus faibles du genre et n'aura d'intérêt que pour les inconditionnels.

Tom Flener
22/12/2009
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