Le Sang du Matador

Play Me the Song of Death


ORIGINE
Etats-Unis
Le Sang du Matador Affiche

LITTÉRATURE
ANNEE
1984
AUTEUR

Pierce Dale

AUTEUR DE L'ARTICLE: Patryck Ficini
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Critique Littéraire Le Sang du Matador
Un romancier américain surmené prend des vacances en Espagne, sur les conseils de sa soeur et de son beau-frère (avec qui il entretient des rapports compliqués).

Pas de chance : la maison qu'ils ont louée a appartenu à Jaime Sublaran, un toréador maudit, peut-être sataniste de son vivant. Si Phil, l'écrivain de westerns, en profite pour commencer à écrire une biographie de ce personnage hors du commun, il devient bien vite la proie d'une obsession pour le matador qui avait peut-être signé un pacte avec le diable... Phil, qui se prend peu à peu pour la réincarnation de Sublaran, devient-il fou ou la vérité est-elle tout simplement surnaturelle ?

Dale Pierce a écrit des romans d'horreur, peut-être au moins un Weird Western, mais aussi des livres sur le catch... et lacorrida. Américain, comme son personnage principal, il a justement fait de ces univers la matière du SANG DU MATADOR. Si tout tourne autour des corridas (avec des passages parfois un peu répétitifs mais très soignés et documentés), le beau-frère de Phil est... un catcheur accompagné de son impressario. Quand on dit qu'il faut écrire sur ce que l'on connnaît le mieux...

D'aucuns, comme Jacques Finné dans son magistral PANORAMA DE LA LITTERATURE FANTASTIQUE AMERICAINE vol.3 considèrent l'oeuvre comme très mineure, et lui reprochent même son sujet principal, outre la réincarnation et la possession diabolique, à savoir la corrida. On se demande bien pourquoi le roman d'horreur ne devrait-il pas traiter aussi de cela. Le roman d'horreur peut (et même doit) tout traiter pour une simple raison : sans renouvellement, comme tout genre, il meurt. Après, on peut abhorrer la corrida pour sa cruauté (jamais voilée chez Pierce, pourtant assez visiblement aficionado, puisqu'il parle même de sacrifices sanglants) et s'intéresser malgré tout à l'univers assez fascinant décrit dans ce roman finalement unique. Unique, pour son contexte socio-culturel, évidemment pas pour sa thématique fantastique, assez bateau on en conviendra aisément. E traitée dans la plus pure tradition de la série B.

Toujours est-il que Jaime Sublaran, maudit et démoniaque, est un personnage réellement passionnant, et l'on comprend l'intérêt obsessionnel de l'écrivain pour ce sujet hors du commun. L'écrivain fictif, Phil, et le vrai, Dale Pierce, qui a créé là une figure difficilement oubliable. Même si, d'accord sur ce point précis avec LES ADORATEURS DE SETH N°4 (juin 1989), le côté sataniste aurait pu être davantage développé et documenté. On dirait que Pierce est resté scotché à l'univers de la corrida pour en extraire tout ce qu'il avait de naturellement horrifique, en négligeant messes noires et possession. Des croix renversées et des pentacles sur un habit de lumière ne suffisent pas à faire le sataniste. Nous sommes ici plus dans le décorum qu'autre chose.Et c'est bien regrettable.

La volonté de Pierce est de nous faire douter longtemps de l'aspect fantastique de son roman (peut-être Phil devient-il fou pour assassiner ainsi ses proches ?), mais c'est là bien peu de choses. L'hommage à une scène célèbre de PSYCHOSE, à la fin, n'y change rien. On s'en moque un peu et on suit juste avec un intérêt non dissimulé les meurtres (très giallo pour certains) et les délires de Phil.

Un matador en tueur sanguinaire ultime ? Deux ans plus tard, sortait au cinéma MATADOR de Almodovar, un Espagnol qui faisait un parallèle similaire...Comme quoi !

A noter pour les fans, la citation d'EL MERCENARIO de l'immense Sergio Corbucci, et les louanges de la musique de Ennio Morricone. Dale Pierce semble vraiment branché westerns !

Au final, nous avons là un bon roman d'horreur, mineur dans l'usage qu'il fait du fantastique et de l'horreur, mais doté d'une description très réussie d'un univers pas forcément connu de tous. Un univers où le massacre est considéré comme un art majeur.

Les amis des animaux apprécieront.

Patryck Ficini
16/02/2014
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