Le temps des vautours

10.000 $ per un massacro
10
000 dollari per un massacro
10
000 Dollars Blood Money
10
000 Dólares Para Django
Django Mata por Dinheiro
Django - 10.000 blutige Dollar
10
000 Dollars for a Massacr


ORIGINE
Italie
Le temps des vautours Affiche

ANNEE
1967
REALISATION

Romolo Guerrieri (aka Romolo Girolami)

INTERPRETES
Gianni Garko (aka Gary Hudson)
Fidel Gonzáles
Loredana Nusciak
Adriana Ambesi
Pinuccio Ardia
AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe Delvaux
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Critique Le temps des vautours
{Photo 1 de Le temps des vautours} Django est un chasseur de prime qui ne se fatigue pas à moins de 10.000 $ la tête. Aussi se contente-t-il pour le moment d'observer les méfaits de Manuel, spéculant sur l'augmentation prochaine de sa « valeur ». Mais sans doute est-il par trop débonnaire car lorsque le bourgeois Mendoza, dont la fille a été enlevée par Manuel, finit par lui offrir 10.000 dollars, Django rechigne encore. Il finira même par s'allier avec Manuel pour organiser la rapine d'une diligence chargée d'or. Mais, trop occupé par ses affaires, il ne comprendra que trop tard la force de ses sentiments pour Mijanou, la tenancière du saloon.

Le temps des vautours est un western qui met un peu de temps avant de s'imposer. On ne cerne pas trop bien la personnalité de ce nouvel avatar de Django.

C'est le scénario qui finira cependant par emporter notre adhésion : en contradiction avec sa profession, Django refuse l'affrontement avec Manuel. Il le refuse tout autant pour sauver l'honneur de Mendoza ou pour délivrer sa fille des griffes du bandit et ne se montre même pas intéressé par la surprime. Il faudra qu'il survive à une tentative d'assassinat pour enfin partir à l'affrontement... Et même une fois Manuel à sa merci, il s'allie contre toute attente à lui pour effectuer un casse juteux. Mais une nouvelle trahison de Ma{Photo 2 de Le temps des vautours} nuel et les conséquences tragiques qu'elle emporte pour Django le feront - enfin - changer d'attitude pour le mettre sérieusement à la poursuite du hors-la-loi.

Ce schéma n'est pas si courant. Le western italien nous a habitué aux chasseurs de prime sans états d'âme, certes, mais généralement enclins à sortir l'artillerie contre monnaies sonnantes et trébuchantes.

Peu courant également, l'émotion témoignée par un héros qu'on connait habituellement impassible. L'insensibilité affichée par Django n'est qu'un masque qui s'effrite finalement, mais trop tard, lorsqu'éclate les sentiments qu'il nourrissait à l'égard de Mijanou. Intelligemment, le script propose alors un retournement de situation pour la relation entre Manuel et sa captive Dolores.

De même, si le western italien utilise souvent la structure familiale comme motif, généralement pour lancer une vengeance à l'encontre des meurtriers d'un parent, on apprécie ici de retrouver le sociétaire du western italien, Fernando Sancho, dans le rôle du père de Manuel, car sa mort (pas de spoiler ici, Fernando Sancho meurt dans la quasi-totalité de ses westerns) nous émeut, le personnage truculent habituel étant humanisé par sa paternité.

On voit donc l'imbrication des motifs pécuniaires, familiaux et sentimentaux qui déterminent les ac{Photo 3 de Le temps des vautours} tions tant de Django que de Manuel.

C'est tout ce travail scénaristique qui donne son prix au film.

Ce Django est un tireur d'élite, certes, mais pas un être invincible comme on en trouve dans d'autres westerns italiens. S'il guérit avec une rapidité peu crédible et sans séquelle d'une tentative d'assassinat, il ne doit parfois la vie qu'à l'intervention de son ami Fidélio, side-kick qui ne déparerait pas dans un film de super-héros.

LE TEMPS DES VAUTOURS emprunte aux deux westerns majeurs d'alors pour ses principaux protagonistes : le patronyme du héros nous vient évidemment en droite ligne du DJANGO de Sergio Corbucci (dont il reprend aussi le premier rôle féminin, Loredana Nusciak), tandis que le Manuel incarné par Claudio Camaso copie à la perfection El Indio joué par son frère Gian-Maria Volonté dans ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS de Sergio Leone.

On sait que le DJANGO de Corbucci, par son succès artistique et commercial a généré nombre de copies, pseudos suites ou retitrages éhontés. La France a ainsi vu débouler sur ses écrans pas moins de 24 Django entre 1965 et 1971, et ce sans compter 5 ou 6 autres westerns qui furent encore ultérieurement rattachés au prestigieux patronyme par le biais de ressorties ou d'éditions vidéo.

Si nombre de ces sorties françaises ne devaient la présence du héros dans le titre qu'à un apport commercial indéniable mais sans rapport aucun avec le personnage (ces films italiens bien souvent ne titraient pas sur un « Django » lorsque ce dernier n'apparaissait pas comme personnage), LE TEMPS DES VAUTOURS est un peu particulier. En effet, le titre d'exploitation français fait pour une fois l'impasse sur le nom « Django », de même donc que le titre italien 10.000$ PER UN MASSACRO, mais s'il ne s'agit pas spécialement du personnage créé par Corbucci, on trouve tout au moins dans notre film un chasseur de prime explicitement nommé Django.

On creusant encore, on trouve d'autres éléments qui replacent le film dans la production de son époque. Ainsi, le petit vieux affublé du sobriquet de « 7 dollars » renvoie à ce fétichisme du chiffre sept qui s'est un moment emparé du western italien : 7 DOLLARI SUL ROSSO (7 DOLLARS POUR TUER, plus connu chez nous comme GRINGO MISE SUR LE ROUGE), d'Alberto Cardone, qui réalise dans la foulée un titre fort semblable : 10.000 DOLLARI SUL NERO (LES COLTS DE LA VIOLENCE, chroniqués sur Sueurs Froide), puis multiplie sa mise mais revient à notre chiffre avec 20.000 DOLLARS SUR LE 7...

Quant aux 10.000 DOLLARS PER UN MASSACRO, il renvoie autant aux nombreux titres axés sur les billets verts - et on a signalé que Manuel empruntait beaucoup à El Indio de ET POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS - qu'à ceux focalisant sur le « massacre », au rang desquels par exemple, LE TEMPS DU MASSACRE de Lucio Fulci, alors tout récent, et qui mettait en vedette l'interprète du DJANGO originel, Franco Nero. Enfin, il réfère sans doute également au 7 WINCHESTERS POUR UN MASSACRE (tiens, encore le chiffre 7) tourné au même moment par Enzo Girolami (Enzo G. Castellari), le neveu de Romolo. Et, à l'instar des deux « 7 dollari sul... », 10.000$ PER UN MASSACRO fonctionne à peu près en miroir du quasi contemporain per 100.000 DOLLARI T'AMMAZO (LE JOUR DE LA HAINE), les deux partageant un casting très semblable, et les mêmes scénariste (Ernesto Gastaldi) et compositrice (Nora Orlandi).

Romolo Guerrieri n'est autre que Romolo Girolami. Sa famille est plus qu'impliquée dans le cinéma de l'époque puisqu'il est l'oncle d'Enzo G. Castelari et celui de l'acteur Enio Girolami. Il est également le cadet du réalisateur Marino Girolami et c'est pour éviter la confusion avec son frère qu'il prend comme nom d'artiste le « Guerrieri » venu de sa mère.

Troisième et dernier western de Romolo Guerrieri, après 7 COLTS DU TONNERRE (le chiffre 7, on vous l'a dit !) et JOHNNY YUMA, LE TEMPS DES VAUTOURS est sorti en France le 21 février 1968.

Philippe Delvaux
20/06/2014
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