Le Tueur à L'Orchidée

Sette orchidee machhiate di rosso


ORIGINE
Italie
Le Tueur à L'Orchidée Affiche

ANNEE
1972
REALISATION

Umberto Lenzi

INTERPRETES
Antonio Sabato
Uschi Glass
Rossella Falk
Marisa Mell
Critique Le Tueur à L'Orchidée
{Photo 1 de Le Tueur à L'Orchidée} Au début des années 70, le Giallo italien aborde sa deuxième vague qui durera peu ou prou une décennie et verra d'innombrables titres se déverser dans les salles obscures du pays sous l'impulsion des excellents films de Dario Argento. Des films bien plus violents que leurs grands frères des années 60, des premiers essais en la matière de l'immense Mario Bava à savoir la fille qui en savait trop ou six femmes pour l'assassin. Une nouvelle vague dont la violence accentuée faisait écho aux agissements terroristes sanglants des brigades rouges et dont LE TUEUR A L'ORCHIDEE fait partie.

LE TUEUR A L'ORCHIDEE sort donc sur les écrans transalpins en 1972 et est réalisé par Umberto Lenzi, l'un des plus prolifiques réalisateurs du cinéma d'exploit{Photo 2 de Le Tueur à L'Orchidée} ation italien. En bon artisan, Lenzi toucha à tous les genres avec des fortunes diverses passant du bon (assez souvent) au mauvais (au final assez rarement) : le film de super-héros diabolique, le peplum, le western, le film de guerre, la comédie sexy, le film de zombie, le poliszchieti et dans le cas qui nous intéresse le giallo.

Le tueur à l'orchidée nous met sur la piste d'un mystérieux meurtrier ganté de cuir, constante du genre, signant ses crimes d'une demi-lune argentée déposée sur le corps de ses victimes. Ces dernières sont exclusivement féminines et ont en commun de s'être brièvement côtoyées par le passé lors de vacances à l'hôtel .Et tandis que les victimes se font de plus en plus nombreuses, l'enquête menée par le couple vede{Photo 3 de Le Tueur à L'Orchidée} tte, lui-même en danger, semble désigner un homme, désormais mort, et dont la tombe est mystérieusement ornée de sept orchidées.

Umberto Lenzi ne prend pas de pincette et l'on assiste après seulement un quart d'heure de film à trois meurtres. Trois scènes de bonne qualité, l'une, baroque à souhait étant par ailleurs fort réussie (une jeune femme morte se voit recouverte de peinture). Du côté réalisation, ce premier quart d'heure de métrage est une réussite. Le film s'ouvre d'ailleurs sur une vue subjective de l'assassin en chasse assez impressionnante.

Les meurtres dans le giallo sont généralement une sorte de points d'orgue raffinés, disséminés dans le récit et qui sont sensés faire monter la tension au cours de l'enquête. Or ici le rythme est bancal et la suite du TUEUR A L'ORCHIDEE va pâtir de ce départ en fanfare. Ainsi l'enquête des protagonistes ne donne pas d'indices particuliers et peine à passionner car trop fastidieuse et trop classique.

Dommage car les scènes de meurtres suivantes sont toutes réussies et parfois très sadiques, comme cette strangulation brutale effectuée à l'aide d'un fil téléphonique.

Dommage également car, techniquement, LE TUEUR A L'ORCHIDEE possède l'aura des plus bons films de son style, que ce soit par sa réalisation ou par sa musique, bien oppressante quand il s'agit de l'être.

L'interprétation est également sans reproche, assurée par des habitués du genre qui connaissent leur métier.

Enfin là où un Dario Argento ou un Sergio Martino arrivent à nous faire bondir lors de leur final, la conclusion du TUEUR A L'ORCHIDEE et l'identité du meurtrier n'incluent pas émotionnellement le spectateur et clôturent mal le film. La personnalité du tueur n'a malheureusement pas été assez explorée avant pour cela et ce malgré le côté fétichiste de ce dernier, élément classique du giallo sensé apporter de la densité et du mystère au meurtrier.

LE TUEUR A L'ORCHIDEE se finira donc maladroitement, un peu comme il a commencé, et au mot fin on se dit qu'il ne manquait finalement pas grand-chose pour qu'Umberto Lenzi réussisse un vrai bon film. Un rythme mieux dosé et une once de personnalité en plus et le plaisir aurait été total pour ce qui reste malgré tout comme un bel exercice de style.

Sylvain Pasdeloup
22/12/2009
Cet article est paru dans Sueurs Froides n°34
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AUTEUR DE L'ARTICLE: Sylvain Pasdeloup
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