Le Virginien (saison 2 - volume 1)

The Virginian / The Men From Shiloh


ORIGINE
USA
Le Virginien (saison 2 - volume 1) Affiche

ANNEE
1963
REALISATION

John English
Bernard McEveety
Stuart Heisler
...

INTERPRETES
Lee J. Cobb
James Drury
Doug McClure
Gary Clarke
Robert Redford
Ryan O'Neal
Dick York
Warren Oates
Joan Freeman
Clu Gulager
Gene Rowlands
Critique Le Virginien (saison 2 - volume 1)
{Photo 1 de Le Virginien (saison 2 - volume 1)} « Le monument de la télé américaine » se poursuit avec dix nouvelles aventures se déroulant au ranch de Shiloh.

Construit sur le principe du flashback, « Ride a dark trail » nous raconte l'arrivée de Trampas au ranch de Shiloh. Le jeune homme a longtemps cherché à venger son père, Frank, tué en légitime défense par un riche éleveur dont il ignore l'identité. Bien sûr, il s'agissait du juge Garth mais le seul indice dont dispose Trampas est un révolver sur lequel est gravé un « S ». Il cherche donc un éleveur dont le nom commence par cette lettre, ne se rendant pas compte que l'initiale est celle de Shiloh. La vérité sera finalement dévoilé mais le désir de vengeance l'emportera t'il sur l'amitié qui le lie à présent au juge ? Un bon épisode classique, avec une intrigue classique mais bien emballée et suffisamment riche pour maintenir l'intérêt jusqu'à sa résolution. Trampas et le juge Garth ont ici les rôles principaux et quelques belles scènes, notamment lorsque le jeune chien fou cherche à établir l'identité du juge après avoir manqué de se noyer. Un très bon début de saison.

« To make this place remembered » est un autre épisode centré sur le juge Garth et se conforme aux codes classiques du « film de procès ». Quoique nous soyons dans l'ouest, le récit se révèle intemporel : l'homme de loi accepte de défendre, à titre posthume, un jeune homme pendu par la communauté. Fils d'une danseuse et donc mal accepté par la ville, le gamin a été exécuté sans jugement, ce que sa mère décide de lui offrir afin de blanchir sa mémoire. Garth accepte et met à jour quelques vérités peu reluisantes. Un classique mélange d'intrigue policière procédurale et de whodunit qui n'évite pas les effets de manche et les bavardages mais{Photo 2 de Le Virginien (saison 2 - volume 1)} qui se regarde sans déplaisir en dépit d'une conclusion assez prévisible.

Nouvel épisode procédural, « No tears for Savannah » conduit le Virginien à une ancienne amie aujourd'hui accusé du meurtre d'un homme. Quoique la légitime défense ne fasse guère de doute, le père de la victime, un riche notable, fait pression sur le juge et remporte la condamnation à mort de la jeune femme. Le Virginien la fait évader pendant que Garth tente d'obtenir la révision du procès...Gene Rowlands (SEULS SONT LES INDOMPTES) campe la pauvre Savannah aux côtés d'Everett Sloane (CITIZEN KANE, LA DAME DE SHANGHAI) et Harold Gould (L'ARNAQUE) pour cet épisode très classique mais plaisant en dépit d'une résolution finale un peu expédiée.

Le vétéran du serial John English (ZORRO ET SES LEGIONNAIRES) dirige « A Killer in town » et lui confère un rythme enlevé en mêlant adroitement deux intrigues. Un chasseur de primes débarque en ville à la recherche d'un fugitif qui pourrait être Trampas (jadis accusé d'un crime qu'il n'a pas commis), lequel décide de fuir. Parallèlement une épidémie de typhoïde se déclare. Un épisode très plaisant dans lequel les deux récits fonctionnent tous deux de belle manière jusqu'aux diverses révélations du final où ils finissent, forcément, par se rejoindre. Du bel ouvrage.

« The Evil that men do » se paie la présence d'un Robert Redford même pas trentenaire et qui, à l'époque, enchainait les prestations télévisuelles. Il joue ici Matthew, un orphelin ayant passé la moitié de sa vie en prison. Le juge Garth accepte de l'engager à Shiloh dans l'optique de le réinsérer mais Matthew ne parvient pas à s'intégrer au ranch ce qui cause bien des problèmes au Virginien, d'autant que Betsy tombe amoureuse de l'ancie{Photo 3 de Le Virginien (saison 2 - volume 1)} n détenu. Un bon épisode davantage axé sur le drame psychologique et la romance perturbée que sur l'action ou les rebondissements. L'interprétation de Redford et de Roberta Shore (qui joue Betsy et qui considère l'épisode comme son préféré) constitue évidemment une plus-value notable.

Dans « It takes a big man », le juge accepte d'aider un de ses amis en engageant au ranch son fils indiscipliné. Mais celui-ci ne parvient pas à s'intégrer et provoque sans arrêt les cowboys, s'attirant l'inimité de Trampas. Un épisode assez convenu qui prend cependant son temps pour présenter ses principaux personnages, d'abord schématique puis plus nuancé. L'interprétation de Chris Robinson (« Amour gloire et beauté » mais aussi le film d'épouvante STANLEY) est digne de louanges tandis que Ryan O'Neal (BARRY LINDON, LOVE STORY) est nettement plus effacé. L'intrigue, solide, amène dans la seconde partie à une confrontation intéressante et à un dernier acte de belle facture où chacun doit faire face aux conséquences de ses actes.

« Brother Thaddeus » est l'épisode le plus faible de cette fournée : un voyou nommé Willy Kane revient à Medecine Bow après avoir trouvé la foi. Devenu Frère Thaddeus il n'en est pas moins soupçonné de complicité lorsque ses anciens amis dévalisent le train. Une certaine bonne humeur bienvenue n'empêche pas de trouver le temps long, en particulier durant les passages les plus pétris de bons sentiments. Albert Salmi grimace beaucoup pour amuser la galerie mais parvient surtout à agacer et seule une petite scène de fusillade réveille le spectateur égaré dans cette comédie balourde et très datée. A oublier.

« A portrait of Marie Valonne » donne dans le polar noir à la sauce western. Le scénario resservira d'ailleurs cinq ans plus tard pour un épisode de « L'Homme de fer ». L'intrigue voit le Virginien rencontrer une jeune femme nommée Marie Valonne. Celle-ci disparait après le diner et nul ne semble s'en soucier, la police exhumant le passé peu reluisant de la demoiselle pour s'abstenir d'enquêter. Mais le Virginien, lui, persiste à retrouver la disparue. Un épisode pas franchement original ni surprenant qui s'éloigne des sentiers battus par la série mais sans transcender une intrigue trop faiblarde et mélodramatique pour convaincre. Un peu au-dessus du précédent mais pas beaucoup plus convaincaint.

Nettement plus classique (un peu trop sans doute), « Run quiet » refait le coup du marginal engagé à Shiloh pour être guéri de ses « mauvais penchants ». Ici c'est un sourd muet, Jud, avec une inclination importante à la violence qui est amené par Steve au ranch. Tout se passe bien jusqu'à une partie de poker où notre homme et deux autres joueurs se font plumer par un professionnel. Si Jud prend la chose avec philosophie, les deux autres pigeons ne l'entendent pas ainsi et tuent le professionnel précité. Bien sûr, Jud est accusé du crime et Steve doit mener l'enquête afin de l'innocenter. Clu Gulager (plus tard revu dans LA REVANCHE DE FREDDY) offre une bonne interprétation dans le rôle de ce sourd-muet malheureux même si l'épisode ne fait pas dans la demi-mesure, pratiquement tous les protagonistes le rejetant à cause de son handicap. L'épisode avance toutefois à un rythme soutenu ce qui excuse une certaine prévisibilité empêchant d'emporter totalement l'adhésion. Après deux épisodes médiocres ce retour aux fondamentaux de l'Ouest se révèle néanmoins intéressant et de bonne facture.

Dernier épisode de cette fournée, « Intermède à Medecine Bow » se situe dans une honnête moyenne mais ne possède rien de particulièrement remarquable. Une jeune femme voyageant en train, Caroline Witman, se trouve coincée à Medecine Bow suite à un éboulement. Elle décide de s'y installer et fait tourner les têtes de tous les cow-boys de la région. Tolliver, un ami du Virginien, s'engage ainsi dans la voie de la criminalité pour éblouir la très vénale Caroline. Dick York (« Ma sorcière bien-aimée ») joue avec conviction ce pauvre cow-boy et l'épisode, débuté sur un ton très léger (et, à nouveau, peu convaincant) devient rapidement plus sombre. Joan Freeman (VENDREDI 13 - CHAPITRE FINAL) campe la frivole demoiselle dont les actes apparemment innocents mais en réalité très manipulateurs conduiront à une conclusion tragique et désespérée qui tranche résolument avec le côté humoristique de la première partie. Une aventure en demi-teinte mais une bonne manière de conclure cette première salve globalement réussie mais quelque peu inégale. Les épisodes étant tournés en huit jours (et deux à la fois), certains se concentrent sur des personnages secondaires où se déroulent loin de Shiloh, permettant aux vedettes d'assurer une diffusion hebdomadaire, la série ayant rituellement occupée la case du mercredi soir pratiquement chaque semaine durant neuf ans. Malgré ce rythme de tournage infernal, LE VIRGINIEN tient encore bien la route après plus d'un demi-siècle et chaque épisode peut se voir comme un bon western n'ayant rien à envier aux séries B de la même époque (plusieurs furent d'ailleurs exploités en salles dans les années '60. Bref, à part l'un ou l'autre raté (« Brother Thaddeus » en particulier) que du bonheur, ou presque, pour les nostalgiques de l'Ouest.

Frédéric Pizzoferrato
03/06/2016
Bookmark and Share

Page précédente    Revenir en haut de la page    Imprimer   Creer PDF

Sueurs Froides.fr > Critique > Série
AUTEUR DE L'ARTICLE: Frédéric Pizzoferrato
SES DERNIERS ARTICLESSES FILMS FETICHES
Le Virginien - Saison 4 - volume 1
Body girls
Let's get physical
Cheeseburger Film Sandwich
3 pistolets contre César
Edward aux Mains d’Argent
Evil Dead
Le Seigneur des Anneaux
Rocky Horror Picture Show
The Killer

Vous aimez Le Virginien (saison 2 - volume 1) ?
Trailer Le Virginien (saison 2 - volume 1)
Tags du film
Western, Série télé
Moteur de recherche
Tout est bénévole – si ce n’est pas déjà fait, versez votre obole annuelle à l'association Sin'Art : 5 €