Les Ames vagabondes

The Host


ORIGINE
USA
Les Ames vagabondes Affiche

ANNEE
2013
REALISATION

Andrew Niccol

INTERPRETES
Saoirse Ronan
Diane Kruger
William Hurt
Max Irons
AUTEUR DE L'ARTICLE: Frédéric Pizzoferrato
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Critique Les Ames vagabondes
{Photo 1 de Les Ames vagabondes} Devenue une des écrivains les plus populaires (et décriée) de notre temps, Stephenie Meyer se devait de rebondir après la conclusion de sa fameuse tétralogie « Twilight ». Les adaptations de ses romans ayant tous été d'immenses succès, il n'est guère étonnant que son premier livre post-Twilight, « The Host », publié en 2008, ait rapidement trouvé acquéreur à Hollywood. Finalement porté à l'écran par Andrew Niccol (BIENVENUE A GATTACA, LORD OF WAR), le résultat, prévu pour devenir le premier tome d'une nouvelle trilogie, ressemble, par ses prémices, à une séquelle de L'INVASION DES PROFANATEURS. A la différence que, cette fois, les extraterrestres ont gagné la guerre, pacifié la Terre et dominé l'Humanité dont les derniers spécimens se terrent dans les régions arides des Etats-Unis.

L'intrigue débute réellement lorsque la jeune Mélanie Stryder est capturée par une des ces{Photo 2 de Les Ames vagabondes} aliens, une Traqueuse, puis contaminée par un parasite venu de l'espace, une « âme vagabonde », nommée la Voyageuse. Normalement, l'esprit de Stryder devait disparaître au cours de ce processus d'assimilation mais, étonnamment, la jeune femme survit et partage désormais son corps avec cette « âme vagabonde ». Stryder rentre alors chez elle pour retrouver son frère, Jamie, et son copain Jared, lesquels vivent en reclus, caché dans le désert au sein d'une communauté de survivants. Mais ceux-ci vont-ils l'accepter alors qu'elle partage son corps avec un de leurs ennemis ?

Le Néo-zélandais Andrew Niccol renoue, à l'occasion, de cette adaptation, avec des univers familiers déjà précédemment développés dans BIENVENUE A GATTACA, IN TIME ou même son scénario pour THE TRUMAN SHOW. Le monde dans lequel se déroule l'intrigue se révèle ainsi pacifié, lisse et, en apparence, idéal. Les{Photo 3 de Les Ames vagabondes} extraterrestres y sont dépeints comme incapable de mensonge, de traitrise ou de violence, ce qui contraste avec les actions, souvent brutales, des derniers Humains prêt à tout pour survivre. Privilégiant les décors immaculés, les jolies femmes vêtues de blanc, les hommes en costume stricts, les voitures de sport et les intérieurs fonctionnels, LES AMES VAGABONDES dépeint avec soin son esthétique aseptisée même si les familiers de Niccol n'y trouveront rien de fondamentalement novateur.

Plus surprenant, le film développe également une ébauche de réflexion concernant les situations de crises et l'exigence de supprimer la démocratie pour affronter des conditions difficiles qui nécessitent le recours à une dictature. Des thématiques intéressantes qui élèvent légèrement le débat et rendent le long-métrage moins pénible qu'on ne pouvait le craindre.

Malheureusement, les obsessions familières de Stephenie Meyer viennent, à l'image de ses aliens propres sur eux, parasiter un récit pourtant prometteur. L'audience de l'auteur reste, une nouvelle fois, un public essentiellement adolescent sans doute davantage intéressé par les tourments romantiques de ses protagonistes que par les aspects science-fictionnels de l'intrigue. D'où l'habituel triangle amoureux, ici encore compliqué par la double personnalité de la demoiselle, incarnée avec conviction par la belle Saoirse Ronan, âgée de 18 ans et dont le regard magnétique peut également être admiré dans le BYZANTIUM de Neil Jordan.

Si Andrew Niccol limite les excès de guimauve durant la majeure partie du long-métrage, il abandonne toutefois toute ambition devant les nombreuses fins successives qui clôturent laborieusement le film. Conçu pour permettre aux midinettes de verser leur petite larme, cet interminable climax, voulu émouvant, achève sur un sérieux bémol une bobine qui, jusque là, pouvait prétendre à une (petite) moyenne.

Bien trop long (plus de deux heures !) et handicapé par des scènes embarrassantes qui provoqueront, sans nul doute, quelques éclats de rire involontaires dans les salles, LES AMES VAGABONDES constitue donc une occasion manquée pour Andrew Niccol d'imposer sa patte sur un projet porteur. Du moins en théorie car l'échec sans appel de l'entreprise remet en question la viabilité d'une nouvelle franchise et le potentiel commercial de Stephenie Meyer hors du cercle des admirateurs de TWILIGHT. Devant le gloubi-boulga indigeste de ces AMES VAGABONDES, on ne s'en plaindra pas.







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Frédéric Pizzoferrato
11/04/2013
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