Les apaches


ORIGINE
France
Les apaches Affiche

ANNEE
2013
REALISATION

Thierry de Peretti

INTERPRETES
Aziz El Haddachi
Hamza Meziani
Joseph Ebrard
Francois-Joseph Culioli
AUTEUR DE L'ARTICLE: Stéphane Pretceille
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Critique Les apaches
{Photo 1 de Les apaches} Loin de l'imagerie touristique, des paysages et des bords de mer baignés par le soleil, la Corse racontée le temps d'un film, est celle de la misère sociale, des effets d'un libéralisme à tout crin où les plus faibles s'entredéchirent, rêvant d'un nouveau départ.

L'histoire livrée en un temps court, 1h22, sans fioriture, narre les péripéties dérisoires d'une bande de 4 ados livrés à eux-mêmes, se retrouvant après un vol commis par deux d'entre eux, à l'insu de leur comparses, dans la ligne de mire de la petite pègre local. La victime du lar{Photo 2 de Les apaches} cin, une femme du continent, occupe une villa moderne où le père de l'un des lascars est employé pour s'occuper de la maintenance, du jardinage. Le fils y travaille aussi sous la bonne garde de son pater. Avec ses amis, il y retourne le soir pour profiter de la piscine et comme des enfants, à jouer les invités dans cette demeure bourgeoise où ils ne peuvent être reçus qu'en qualité de domestiques. Le vol de deux fusils de valeur provoquant l'ire d'une bande de voyous autrement plus dangereux, va déclencher la panique de la petite bande, chacun à{Photo 3 de Les apaches} sa manière, cherchant une issue à la menace de finir dans le maquis.

La caméra s'accroche à ses jeunes, sans les rendre particulièrement aimables ; seul l'un d'entre eux, le malheureux qui a invité ses amis et qui conduira son père à la honte, à s'humilier auprès de ceux qui l'emploie, semble doté d'un peu plus de moralité, de bon sens. Il est la victime expiatoire de cette tragédie, de ce conte sociale qui prend sa source dans un fait divers sordide, banale. Le réalisateur, Thierry de Peretti, originaire d'Ajaccio, s'attache à filmer ces pe{Photo 4 de Les apaches} rsonnages dans un environnement sans âme, ces zones périurbaines où la société de consommation déploie, pour les plus vulnérables, l'achalandage de ses marchandises low cost, le stade terminal d'un territoire sans mémoire et sans avenir. La petite bande se cache en circulant dans ces lieux abandonnés par les touristes et ceux qui ont les moyens, s'arrêter c'est risque de se faire localiser.

A certains égards, le film renvoie au ténébreux BULLIT de Larry Clark, et plus généralement à ces films dont l'univers désenchanté d'une jeunesse sans ancrage, avide de consommer, s'abîme et se déchire entre une culture qui les repousse, les locaux, et leur propre origine méconnue, refoulée. Glaçant, sans l'once d'une possible rédemption, les dernières images du film nous renvoie le regard d'une jeunesse, elle, privilégiée et à sa manière, tout autant perdue, égoïste. Le lien s'est perdu, il n'y a plus qu'un entre soit qui refuse l'existence de l'autre. Film politique comme le revendique le réalisateur, c'est un film sur une jeunesse jusqu'au-boutisme, isolée, n'attendant plus rien du monde social.

Stéphane Pretceille
28/01/2014
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