Les chasseurs

Quand l'homme crée celui qui l'exterminera


ORIGINE
France
Les chasseurs Affiche

LITTÉRATURE
ANNEE
2002
AUTEUR

Quesne Didier

Critique Littéraire Les chasseurs
Aujourd'hui.

La France.

Un danger menaçant... l'humanité entière.

Un projet mêlant intérêts commerciaux et recherche génétique tourne au tragique avec la libération dans la nature d'animaux d'une dangerosité que l'humanité moderne n'a jamais connue.

Parce que le laboratoire cherche à obtenir une douce fourrure rentable, il invente un croisement génétique entre le sanglier et l'ornithorynque. Le résultat de cette manipulation génétique crée un monstre puissant, assoiffé de sang et doté de capacités surpassant celles des hommes. À la suite d'un concours de circonstances bien malheureux, les animaux sont lâchés dans la nature. La ville devient leur garde-manger, les hommes des proies débiles. Après une excellente phasede mise en tension du lecteur, Didier Quesne laisse libre cours à des scènes sanglantes plus horriblement détaillées les unes que les autres. Il n'atteint pas les sommets de l'atrocité conquis par James Herbert dans sa trilogie des rats mais il les manque de peu, et c'est là un sacré compliment !

Les chasseurs est enthousiasmant. Rarement a été aussi prégnant le besoin de tourner les pages et de lire encore, d'aller plus loin, encore. L'écriture de Didier Quesne est nerveuse, épurée et pourtant très explicite, véritablement visuelle. L'histoire remplit la tête du lecteur, les décors s'affichent devant ses yeux, et les personnages l'émeuvent. Ces derniers sont en effet très attachants, même s'ils s'avèrent un peu stéréotypés et convenus. Le flic est trop sexy, la fille est trop sexy, les sanglornis (nos fameux croque-hommes) sont trop sexy aussi ! Mais ne boudons pas notre plaisir, c'est très bien fait, on dévore les pages comme les sanglornis nos compatriotes.

Le sujet n'est pas franchement original mais l'efficacité d'écriture et le plain-pied dans l'horreur populaire assumée rapproche beaucoup l'auteur du maître Graham Masterton. Ils n'oeuvrent pas sur le même terrain, Masterton s'attachant généralement plutôt au pur fantastique mais le style de narration, la rapidité d'exécution, la tension grandissante, par petites touches offrent de grande similitudes entre manières d'écrire et de raconter une histoire effrayante.

Didier Quesne, auteur français, est apparemment actuellement chercheur et professeur de géologie à l'université de Dijon. Cette proximité avec le terrain est certainement à l'origine de cette écriture proche des gens et de nos territoires. Il est plaisant de lire un livre qui se passe en France, les travers décrits, on les connaît ; les personnages, ils nous font penser à l'une de nos connaissances, les lieux cités font partie de notre quotidien... alors les sanglornis aussi, haaaa ! Cela rend le tout très crédible pour nous... et plus effrayant quand dans la dernière partie du roman, Didier Quesne s'attache à dépeindre un État en déliquescence, une réorganisation de la société vacillante, l'émergence d'une jungle urbaine hantée par des hommes sans foi ni loi. Même si elle est à la lisière de l'action, la guerre civile larvée effraie autant le lecteur que les autres pays prêts à prendre les mesures qui s'imposent.

Devant tant de qualités arborées par Les chasseurs, le lecteur fébrile ne devient pourtant pas irascible et invivable en n'ayant pas le livre suivant car celui-ci se jouera deux cents ans après les évènements du premier. Ainsi, l'une des qualités de ce roman est également de pouvoir se lire seul. Les chasseurs est le premier tome d'une tétralogie mais il propose une véritable fin, autoporteuse et satisfaisante.

Quand on aime le gore, le genre « catastrophe » et l'anticipation, Les chasseurs de Didier Quesne répond à toutes ces attentes en même temps.

Angélique Boloré
06/03/2014
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AUTEUR DE L'ARTICLE: Angélique Boloré
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