Les Deux Visages de Don - 2ème partie


Les Deux Visages de Don - 2ème partie Affiche

AUTEUR DE L'ARTICLE: Patryck Ficini
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Critique Les Deux Visages de Don - 2ème partie
{Photo 1 de Les Deux Visages de Don - 2ème partie} Si les deux héros sont sympathiques, les méchants ont vraiment de sales trognes. Mais celui qu'on retiendra, c'est encore Don lui-même, pourtant vite dessoudé. Bachchan fait mouche malgré ses fringues too much et ses gros noeuds papillons. Sa classe naturelle fait passer la pilule du look d'alors, encore plus extravagant en Inde qu'en occident. Là où Shahrukh Khan irrite en bad guy, bouffi de prétention et tête à claques hors normes (mais c'est sûrement voulu), Amitabh Bachchan séduit. Bachchan est certainement la plus grosse star masculine de Bollywood. Il joue encore aujourd'hui et reste un nom qui compte au générique. Récemment, cette légende vivante a notamment été la vedette de polars comme le très, très bon KHAKEE, du spécialiste Rajkumar Santoshi. Raj Gopal Varma l'a même engagé pour sa nouvelle version de SHOLAY , dont il était l'un des héros en 1975 !

DON 2006 respecte grandement le scénario du premier film, dans sa structure comme dans la majorité de ses scènes et personnages. Fahran Akhtar se contente de tout rénover, avec{Photo 2 de Les Deux Visages de Don - 2ème partie} beaucoup de talent il est vrai, pour projeter Don dans le 21ème siècle. Décors, costumes, informatique, armes à feu ... le film s'inscrit bien dans le cinéma actuel et n'est jamais passéiste. Au fond, le piège aurait peut-être été de faire un hommage trop appliqué, faussement seventies. Le réalisateur, très doué pour les scènes violentes, comme on l'a vu, va plus loin que Chandra Barot dans la mythification de Don. Il en fait une sorte de James Bond maléfique, aussi play-boy qu'hargneux. Franchement antipathique. Shahruk est hyper convainquant dans ce registre ... comme dans celui de Vijay. Il a ceci en commun avec Amitabh Bacbchan, même si leur jeu est différent et si l'on peut librement préférer l'un ou l'autre. La comparaison avec 007 n'est pas vaine. Les décors parfois grandioses (un building, l'extérieur du final), l'exotisme (mal exploité cependant) de Paris et de la Malaisie, le luxe et le glamour de l'univers de DON 2006 (bien visible dans une chanson de Shahrukh où le champagne coule à flots tandis que les poules de luxe tomb{Photo 3 de Les Deux Visages de Don - 2ème partie} ent littéralement à ses pieds) sont autant d'éléments qui le rapprochent de l'agent au permis de tuer. Mais comment ne pas citer aussi les 3 « Don girls » de cette version, : Kareena Kapoor et ses yeux magnifiques, Isha Koppikar au visage terriblement excitant et, bien sûr, la reine Priyanka Chopra. Preuve flagrante de l'influence bondienne enfin, l'évasion de Don/Vijay reprend intégralement la géniale scène pré-générique de MOONRAKER où le héros s'empare du parachute d'un adversaire en pleine chute libre! Même la jaquette d'un DVD reprend outrageusement l'affiche de LE MONDE NE SUFFIT PAS, en changeant juste la plupart des photos! Il fallait oser, car nous sommes quand même en présence d'un gros film indien. DON 2006 est une série A sans doute moins argentée que ses concurrentes américaines mais finalement tout aussi divertissante.

L'idée folle du sosie encaissée, le scénario de DON 1978, signé Salim SHOLAY Javed, est parfait dans son genre. Tout son potentiel est exploité à fond. Il n'est donc pas étonnant qu'aussi peu de changeme{Photo 4 de Les Deux Visages de Don - 2ème partie} nts aient été apportés à son remake, simplement plus friqué, sexy et brutal, avec quelques surprises de taille, il est vrai, qui pourront étonner ceux qui connaissent bien le classique original. Les mauvais esprits pourront se demander à quoi bon refaire ce qui était déjà très bon vingt ans plus tôt, en changeant essentiellement quelques détails et, surtout, la morale. On pourra leur répondre qu'une bonne histoire mérite toujours d'être racontée de nouveau, pour les jeunes générations qui n'auraient pas été attirées par une version trop ancienne. N'oublions pas que le grand public a la mémoire courte, même si le cinéphile peut le déplorer. Pour certains, 1978, c'est déjà la préhistoire !

On l'a vu, le casting de DON 2006 est un atout. Citons aussi le remarquable Boman Irani en super-flic (malgré un physique à la Aldo Maccione !) et revenons avec plaisir sur Pryanka Chopra. Abonnée au polar (le médiocre KISMAT, mais aussi le tragique film de tueur à gages KARAM, de Sanjay Gupta ), elle reprend le rôle de la déjà charmante Zeenat Aman. Sa beauté irradie le film. Très agile dans le combat qui l'oppose à Don/Vijay, elle n'est cependant jamais aussi attirante que dans les pures scènes de comédie (ici comme dans KRRISH). Son idylle avec Vijay est mignonne comme tout, mais DON 2006 foudroie les préjugés des occidentaux sur les « films-indiens-fleur-bleue-où-tout-est-bien-qui-finit-bien ». Le Mal triomphe parfois à Bombay. Souvenons-nous des fins désespérées du KARAM sus-cité ou de la love-story TERE NAAM. Essentiellement fun, DON 2006 n'en est pas moins, au fond, un film négatif qui voit la naissance de l'un des plus grands méchants de Bollywood. Si DON 1978 est le film de Vijay, DON 2006 est avant tout celui de Don lui-même. A tel point qu'on imaginerait volontiers une suite narrant les nouveaux méfaits de ce super-criminel amoral. Il en serait d'ailleurs question. Don a tout pour devenir le Fantômas/Diabolik indien.

Comme sa devise le martèle dans les deux versions, « Capturer Don, ce n'est pas difficile... c'est impossible ! » Il en faut moins pour créer une légende.

Patryck Ficini
22/12/2009
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