Les marais de la haine

Gator bait


ORIGINE
USA
Les marais de la haine Affiche

ANNEE
1974
REALISATION

Beverly & Ferd Sebastian

INTERPRETES
Claudia Jennings
Sam Gilman
Douglas Dirkson
Clyde Ventura
Bill Thurman
AUTEUR DE L'ARTICLE: Patrick Barras
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Critique Les marais de la haine
{Photo 1 de Les marais de la haine} Désirée Thibodeau (Claudia Jennings) est l'image parfaite de l'habitante du Bayou de Louisiane. Intrépide, farouchement indépendante, habile au maniement des armes comme à celui du volant de son hors-bord et, ce qui ne gâche rien, d'une plastique irréprochable. Orpheline, elle sillonne les marécages afin de subvenir aux besoins de sa jeune sœur et de Big T, son petit frère muet, en braconnant. Surprise un jour par le fils du shérif local, Billy Boy accompagné de Ben, splendide spécimen de redneck, elle échappe de peu à une tentative de viol. Tentative à la suite de laquelle Ben est accidentellement tué par Billy Boy qui s'empresse d'accuser Désirée afin de se dédouaner. Le père de Ben, patriarche hirsute et irascible de la famille Bracken, aidé de ses deux autres dégénérés de fils, le shérif et Billy Boy se lancent alors dans une traque impitoyable.

Figure emblématique de longue date de la culture populaire Américaine, cinématog{Photo 2 de Les marais de la haine} raphique mais aussi littéraire (enfin, surtout dans le domaine du Pulp...), le Redneck cristallise (et encore plus quand il provient des marécages de Louisiane) pas mal de fantasmes autour de ses moeurs sexuelles, toujours en rapport avec sa légendaire dégénérescence, sa violence culturellement ancrée et sa présupposée dangerosité. Il est clair que l'affaiblissement de l'influence du code Hays à la fin des années 60, puis sa disparition vont permettre au cinéma d'exploitation de trouver là un des terreaux les plus fertiles pour donner naissance à cette fleur vénéneuse qu'est la Hicksploitation (Traduisons sous nos latitudes par péquenaudsploitation ou pécoresploitation, ça devrait convenir). Fleur en apparence fanée sur laquelle même Rob Zombie (pour ne citer que lui) s'est fendu d'un petit arrosoir ces dernières années...

En 1974, Beverly et Ferd Sebastian décident donc de tenter leur chance dans le genre en produisant un petit quelque chose destiné au circuit des drive-in. Du fait maison pour pas cher avec Beverly au scénario et à la co-réalisation, Ferd à l'image et même le petit rejeton, Tracy, dans le rôle de Big T.

GATOR BAIT laisse d'emblée de côté l'argument routinier du citadin ou de la citadine en proie aux facéties pénibles imposées par les autochtones et opte pour le fait que les affaires vont se régler en interne. Désirée est une fille du cru, on lui brûle sa maison, on viole et on tue sa sœur, on fait des misères à son petit frère ; le passage à la caisse va se faire sans états d'âme et cash. In the good old cajun style, serait-on tenté de dire.

On est par contre assez surpris par la qualité d'un métrage produit à peu de frais (Les Sebastian sont rompus à la méthode Corman), avec une caméra légère en permanence portée et néanmoins une belle photographie, dès les images du générique, et un sens indéniable du cadre de la part de Ferd. Par cont{Photo 4 de Les marais de la haine} re le découpage du film est articulé principalement autour des scènes d'action et celles de dialogues avec champs et contrechamps ne sont pas son fort. Preuve en est la présence assez importante de sons out (impression accentuée sur la VF) et le fait que l'on n'aperçoit pas souvent les bouches des acteurs articulant leur texte, Sebastian préférant les plans larges et la prise de son direct ayant été probablement laissée de côté la plupart du temps. Les contraintes budgétaires y sont sans doute pour beaucoup, et au final on ne s'en tire pas si mal que ça.

Cependant, le spectateur sera sans doute frappé par le rythme assez lent du film et par sa relative tiédeur en terme de nudité et de violence graphique par rapport à tant d'autres produits de la même veine. Mais c'est sans compter sur un scénario qui n'est pas aussi basique que ce qu'il pourrait sembler au départ, incluant un soupçon de mélo, des secrets de famille progressivement dévoilés et un petit twist final empêchant le tout de sombrer dans la routine. C'est aussi ce qui fait le charme de cette petite production devenue un classique du genre.

Pour la petite anecdote croquignole ; Ferd sentant sa fin prochaine dans les années 80 s'est résolu à, selon ses dire, accepter le Christ et a guéri miraculeusement de ses lourds problèmes cardiaques, mais pendant 25 il s'est refusé à ressortir toutes ses productions empreintes de tant de sexe et de mauvais langage pour ne pas l'offusquer. Un beau jour, le Christ lui a fait savoir que le sexe et les gros mots ne le dérangeaient pas, si Ferd mentionnait leur rencontre à l'occasion des ressorties. Il est cool ce Djizeusse ! Le fait que ce type de film participe à l'acceptation et à la justification du meurtre d'êtres humains (de sacrées ordures, entre nous soit dit...) ça semblerait lui en toucher une sans faire bouger l'autre. De là à penser que JESUS LOVES B MOVIES ! ...

Patrick Barras
13/10/2018
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