Les Prédateurs de l'Ombre


ORIGINE
France
Les Prédateurs de l'Ombre Affiche

LITTÉRATURE
ANNEE
2016
AUTEUR

Billot Romain

Critique Littéraire Les Prédateurs de l'Ombre
Mars 2016 : La Clef d'Argent sort avec LES PREDATEURS DE L'OMBRE ce qui est sans doute son recueil de nouvelles le plus directement horrifique, voire gore. Dommage que la couverture, aussi joliment exécutée soit-elle, ne reflète en rien le contenu de l'oeuvre en question...

Pour tout dire, le recueil de Romain Billot, riche de 19 textes (dont 5 inédits) et de 340 pages, n'aurait pas dépareillé dans les collections spécialisées de J'ai Lu ou Pocket à la grande époque (entendre : les années 80 et 90). Profondément moderne, l'horreur selon Romain Billot rime avec violence et mouvement. Les nouvelles rentrent très rapidement dans le vif du sujet pour s'achever bien souvent dans un rafraichissant bain de sang (comme l'eût confirmé la Comtesse Bathory). Les personnages principaux sont immédiatement bien campés et le décor clairement posé dès les premiers paragraphes. Le massacre peut commencer...

LES PREDATEURS s'ouvre ainsi sur une exemplaire nouvelle de monstre (on ne vous dit pas lequel pour ne pas déflorer... la bête !). L'auteur s'est visiblement bien renseigné sur les violences conjugales avant d'écrire son texte, puisqu'il présente une situation initiale forte et crédible avec, aussi, un monstre bien humain sous les traits rageurs d'un mari bourreau. Prix Merlin 2012, LE VISAGE DE LA BETE impressionne par sa maîtrise, digne des plus grands auteurs de terreur moderne : action, tension ne faiblissent jamais !

Développée sur 150 pages FAIT COMME UN RAT aurait fait un excellent roman Gore avec son ambiance délétère d'égouts et de catacombes. Son final est digne d'un grand cru Lucio Fulci ! Tout est dit.

SUR LE SEUIL narre la terrible fin d'un artiste maudit. Moins « réservée aux seuls estomacs solides », elle n'en inquiètera pas moins le lecteur par son atmosphère vraiment sombre.

SAMAH est une histoire d'amour nécrophile avec une momie aussi belle qu'une Barbara Steele d'outre-tombe.

BLOODY SABBATH : sex, drugs, gore, metal (pas forcément dans cet ordre) : que peut-on demander de plus au Diable ?

ENTRE CHIEN ET LOUP est un peu le CALL OF THE WILD de Romain Billot. Sans rire, cela commence presque comme une nouvelle du Grand Nord du génial Jack London pour aboutir à une lutte titanesque où le sauvage n'est pas forcément celui que l'on croit...

NOUS SOMMES LE CREPUSCULE est une histoire de zombies gore et émouvante. Un pied de nez à ceux qui pensent que les deux ne vont pas ensemble. Une gifle à ceux qui ne conçoivent ce genre que par le biais de l'auto-parodie.

QUESTION DE CONFIANCE, avec sa prison spatiale, est un petit bijou d'horreur/S.F qui évoque les grandes heures de la saga ALIEN. Des monstres, des champignons, des salopards, un tueur en série... Du tout bon.

Il en va de même pour le polar violent L'ESPRIT DE CAMARADERIE. Billot y excelle aussi, jusqu'à la chute aussi gory qu'ironique. Tout commence par un braquage qui tourne au vinaigre...

On enchaîne avec LE SANG DES AIEUX, fantasy très howardienne, donc très violente, même si les monstres ne sont pas forcément inhumains...

L'EXPROPRIATION est une émouvante nouvelle qui évoque Alzheimer, et au-delà, la vieillesse et la mort.

LE PHARE AU CŒUR DES BRUMES se place sous le signe de l'immense William Hodgson tout en faisant aussi songer, avec ses morts-vivants, à l'épisode maritime de la saga espagnole des templiers aveugles de Amando de Ossorio. Sacrée ambiance, donc, pour un récit qui fait agréablement frémir et qui ne devrait pas déplaire non plus aux fans de l'ILE AUX TRENTE CERCUEILS.

DELIVRE NOUS DU MALE : passons sur le jeu de mots un peu facile du titre pour découvrir un récit une fois de plus palpitant, sur fond de fanatisme religieux et de lycanthropie.

IMPASSE DES CHRYSANTHEMES traite à nouveau de la vieillesse et même de la fin de vie. Billot excelle sur ce sujet, comme il l'a prouvé avec L'EXPROPRIATION. S'y ajoutent ici une bonne dose d'occultisme nazi et d'effroi pur. Avec beaucoup de malice, l'auteur distrait l'héroïne par une saine lecture : LE DESTIN DES MORTS, du bon Jean-Pierre Favard !

CAS DE CONSCIENCE, première nouvelle inédite du recueil, narre les aventures d'un tueur à gages sociopathe (pléonasme ?) dans le décor apocalyptique d'une ville après le passage d'un ouragan. Billot joue ici à un jeu qu'il semble affectionner autant que maîtriser : opposer violemment un prédateur à d'autres, aussi dangereux - voire davantage !

DE PROFUNDIS CLAMAVI est un court texte d'horreur maritime, puissant, entre Hodgson et Lovecraft.

PARTIE DE PECHE : un vieux pêcheur au bord d'un lac qui se lie d'amitié avec un gosse de la ville, c'est franchement attendrissant. Oui, mais l'Ecorcheur rôde dans le coin, se croyant sans doute à... Crystal Lake !

VOISINAGE décrit des extra-terrestres peu ragoûtants tandis que LE SOMMEIL DES MONSTRES, qui conclut le recueil, justifie par une belle tirade le titre même des PREDATEURS DE L'OMBRE. Folie meurtrière, cannibalisme et expériences nazies sont au menu de ce qui commence cette fois encore par un braquage (très) brutal.

« Nous sommes le choses innommables qui hantent vos esprits ! » (p.337)

Patryck Ficini
28/12/2016
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Sueurs Froides.fr > Critique > Chroniques Infernales
AUTEUR DE L'ARTICLE: Patryck Ficini
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