Liverleaf

Misumizô


ORIGINE
Japon
Liverleaf Affiche

ANNEE
2018
REALISATION

Eisuke Naito

INTERPRETES
Anna Yamada
Shimizu Hiroya
Otani Rinka
Morita Aki
Otsuka Rena
AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe DELVAUX
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Critique Liverleaf
{Photo 1 de Liverleaf} Une jeune fille récemment installée avec sa famille dans une petite ville campagnarde se fait rudoyer par ses condisciples à l'école. Jusqu'au jour où le drame se produit. La désormais orpheline ne va plus se laisser faire.

Basé sur le manga de Rensuke Oshikiri, LIVERLEAF est signé Eisuke Naito, un habitué des teen movies (LET'S MAKE THE TEACHER HAVE A MISCARRIAGE CLUB, PUZZLE, LITCHI HIKARI CLUB), qui réalise ici une œuvre dans la grande tradition des films de vengeance et qu'on inscrit dans la lignée de BATTLE ROYALE et the WORLD OF KANAKO.

A son insu, LIVERLEAF raconte notre époque par l'évolution d'un thème cinématographique qui traverse le cinéma japonais. Un thème que sans vraimen{Photo 2 de Liverleaf} t l'avoir mis en évidence, l'Etrange festival 2018 a traité au gré de sa programmation : grâce au travail éditorial de Bach Film qui ressort cette même année à la fois la trilogie WOMAN GAMBLER, A BLIND WOMAN'S CURSE et la saga STRAY CAT, on redécouvre tout un pan de ce cinéma qui met en scène des japonaises abusées et en quête de vengeance. Le genre se décline dans le film de yakuzas (les WOMAN GAMBLER, mais aussi la série du PIVOINE ROUGE) des gangs de femmes (STRAY CAT), du Chambara, des WIP (LE SCORPION NOIR) et bien entendu dans des rape & revenge.

A l'âge d'or de l'exploitation, la vendetta se déclinait surtout à la suite d'un viol et les protagonistes étaient des adultes. De nos jours, le se{Photo 3 de Liverleaf} xe est souvent évacué et le public majoritairement adolescent pousse le cinéma à scénariser autour de protagonistes de leur génération, d'où ces innombrables productions mettant en scène des adolescents. Il n'en va pas autrement pour LIVERLEAF qui remplace une Meiko Kaji (au hasard) du passé par une jeune collégienne en colère.

Et finalement, pourquoi pas ? Car en l'espèce le résultat opère.

LIVERLEAF mélange une tonalité relativement sérieuse avec des passages gore parfois outranciers, notamment pour le traitement des effets spéciaux, signés Nishimura. Qu'il s'agisse de plans numériques ou de truquages lors de la prise de vue, ces effets se donnent à voir comme tels. Ils n'ont pas prétention àvéracité, ce qui induit un contraste certain avec le côté posé du reste du métrage. Mais bizarrement, le résultat fonctionne.

Le film prend bien le temps d'installer les intervenants et, même une fois la résolution du conflit enclenchée, ne les abandonne pas en simples victimes expiatoires mais motive leurs actes, ce qui leur donne de la consistance et maintient notre intérêt. C'est ce qui fait ressortir le film du lot des productions où le casting se réduit à de la chair à canon.

Intéressant, quasi tous les personnages se révèlent psychopathes : qu'il s'agisse des harceleurs, de la vengeresse, des diverses familles frappadingues, violentes ou complices par leur silence, voire du corps professoral, personne n'est blanc.

Bonne idée aussi de planter un décor hivernal et enneigé, pour l'évidence esthétique du contraste avec le sang écarlate mais aussi pour la composition plastique générale. La blancheur de la neige, bientôt maculée de sang, on la retrouve d'ailleurs dans d'autres productions emblématiques du cinéma japonais (A BLIND WOMAN'S CURSE par exemple, LADY SNOWBLOOD...).

Ce type de cinéma appelle des personnages rendus iconiques. Ici, c'est la vêture rouge de l'héroïne qui sert à cette caractérisation et à sa composition plastique.

Guère besoin pour nous de trop en dire. Sous des atours pop, LIVERLEAF se révèle un film relativement sombre qui réussit parfaitement son pari.

Philippe DELVAUX
05/02/2019
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