Maniac

Sex Maniac


ORIGINE
USA
Maniac Affiche

ANNEE
1934
REALISATION

Dwain Esper

INTERPRETES
William Woods
Horace B. Carpenter
Ted Edwards
AUTEUR DE L'ARTICLE: Frédéric Pizzoferrato
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Critique Maniac
{Photo 1 de Maniac} Production notoirement nullissime MANIAC doit sa petite renommée à ses excès, lesquels paraitront aujourd'hui bien gentillets bien qu'ils firent leur effet à l'époque de sa sortie, en 1934.

Familier des « roadshow », Dwain Esper s'est lancé dans la production et la réalisation au début des années '30 avec l'intention manifeste de récolter un maximum d'argent en un minimum de temps. Son cinéma, primitif et racoleur, devait donc traiter de sujets susceptibles d'attirer le chaland en jouant sur le scandale et ses éléments indispensables furent le sexe, la drogue, la maladie mentale et la violence. On lui doit ainsi des productions aux titres explicites, comme MARIHUANA THE DEVIL's WEED, NARCOTIC, HOW TO UNDRESS FOR YOUR HUSBAND ou SEX MADNESS. Précurseur des nudies, des "chocumentaires" mondo et créateur de la sexploitation, Dwain Esper s'est bâti au fil du temps une réputation calamiteuse, celle d'un des pires tâcherons de{Photo 2 de Maniac} tous les temps, laquelle lui valu aussi, bien sûr, une aura de réalisateur culte pour les spectateurs les plus pervers. Des neufs long-métrages qu'il réalisa en une quinzaine d'années (il arrêta sa carrière en 1948), MANIAC, tombé aujourd'hui dans le domaine publique et par conséquent exploité par de nombreuses compagnies, reste l'exemple le plus célèbre et le plus représentatif de son « style ». Pour biaiser (attention à ne pas commettre de faute de frappe !) la censure, Esper utilisa fréquemment l'argument éducatif, se proposant d'informer les masses sur les dangers de la drogue ou du sexe via ses films. Ici, le cinéaste s'attaque à la maladie mentale avec sa délicatesse coutumière tout en adaptant de manière officieuse la nouvelle « Le Chat Noir » d'Edgar Allan Poe. Mais le résultat final ressemble surtout à un mauvais trip sous champignons hallucinogènes avariés.

MANIAC nous présente tout d'abord un savant fou nommé{Photo 3 de Maniac} Meirschultz décidé, comme tous les savants fous de la création, à ramener les morts à la vie. Pour l'aider dans cette entreprise, le docteur peut compter sur l'aide d'un acteur de Vaudeville, Don Maxwell, qui empreinte régulièrement des corps à la morgue. Meirschultz ressuscite une jeune fille suicidée mais ne semble pas satisfait du résultat et poursuit ses expériences jusqu'à ce que Maxwell l'abatte par accident. Pris au dépourvu, l'ancien cabotin décide de prendre la place du médecin décédé, accessoirement un psychiatre de renom, et d'accueillir ses patients, ce qui permet au métrage une subtile transition en incorporant des intertitres supposés éducatifs expliquant au spectateur des maladies mentales comme la démence précoce, la paranoïa, etc. dont sont atteints certains protagonistes. L'un deux, par exemple, se prend pour l'orang outan meurtrier du récit « Double assassinat dans la Rue Morgue » et le faux médecin Ma{Photo 4 de Maniac} xwell lui injecte par erreur une dose de super adrénaline, causant un accès de folie au malade. Ce-dernier s'enfuit avec la fille morte ramenée à la vie et gratuitement dénudée à la satisfaction du public avant de la violer et de disparaître de l'intrigue. Le reste de MANIAC va continuer dans cette même voie : une intrigue minimale, abracadabrante et délirante, ponctuée de passages violents et de poitrines féminines exposées sans autre raison qu'une titillation à peu de frais des spectateurs-cibles. MANIAC présente donc des personnages qui disparaissent de l'écran aussi vite qu'ils sont apparus, comme par exemple un type possédant des centaines de chats et autres cinglés atrocement interprétés par d'incroyables cabotins. Le film peut, en effet, s'enorgueillir des plus mauvaises performances d'acteur jamais vues sur un écran de cinéma, un niveau de médiocrité hallucinant qui renvoient les familiers du porno de bas étage au rang de possibles candidats à l'Oscar.

L'œuvre de Dwain Esper ne peut donc en aucun cas être envisagé comme un film de cinéma classique, tant l'ensemble ressemble surtout à un délire improvisé dans le seul but de choquer le public. Pour un métrage de 1934, MANIAC se permet ainsi plusieurs plans de nudité intégrale totalement gratuite, des excès de violences hystériques et l'inclusion de séquences, en surimpression grossière, tirées de la version muette de SIEGFRIED ou du fameux HAXAN LA SORCELLERIE A TRAVERS LES AGES.

Elu « plus mauvais film de tous les temps » par le grand spécialiste du bis Danny Peary, MANIAC prendra logiquement place sur les étagères des cinéphiles les plus pervers, entre PLAN 9 FROM OUTER SPACE et MANOS THE HAND OF FATE.

Bref, MANIAC ne peut s'apprécier qu'en tant que curiosité ou témoignage d'une époque révolue mais, heureusement, le tout dure moins d'une heure et c'est déjà bien suffisant !

Frédéric Pizzoferrato
19/07/2010
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