Mannaya


ORIGINE
Italie
Mannaya Affiche

ANNEE
1977
REALISATION

Sergio Martino

INTERPRETES
Maurizio Merli
Philippe Leroy
John Steiner
Martine Brochard
AUTEUR DE L'ARTICLE: Patryck Ficini
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Critique Mannaya
{Photo 1 de Mannaya} Le film s'ouvre sur une scène très réussie, proche du film d'horreur : un homme est traqué dans la brume sans qu'on voit le visage de son inquiétant poursuivant, filmé au ralenti. Comme fond sonore, une musique et des sons étranges, angoissants. La poursuite s'achève par le bras du fuyard tranché à coup de hache par celui qui n'est autre que le héros du film, Mannaya (= hache)...

Ce chasseur de primes débarque dans une région désolée, où il n'y a de place que pour un travail d'esclave dans les mines de Mc Gowan (Philippe Leroy), le tyran paralysé qui y règne. Des flash-backs émouvants nous apprennent que Mannaya et lui ont un compte en suspens. Une alliance inattendue naît malgré tout entre les deux hommes lorsque la fille de McGowan est capturée par le vrai méchant du film (John Steiner)...

Maurizio Merli, vedette du polar violent, incarne Mannaya avec brio et parvient à le rendre plus humain, et donc plus attachant, que les innombrables « commissaires de fer » à la inspecteur Harry qui le rendirent célèbre. Il est amusant de voir Merli dans un rôle à la Franco Nero période western, lui qui avait été choisi pour jouer les super-flics dans ROME VIOLENTE justement grâce à sa ressemblance physique avec le Nero de UN TEMOIN A ABATTRE, l'un des bijoux de Enzo Castellari !

John Steiner campe un excellent méchant ; on ne peut que se rappeler son rôle similaire dans les CROC-BLANC de Lucio Fulci. Toujours accompagné de deux impressionnants dogues noirs, on le croirait presque d'essence diabolique. Il est peut-être regrettable que ce côté n'ait pas été accentué... Mais c'est l'amateur de fantastique, aussi, qui parle !

Par bien des aspects, et notamment par son ambiance générale, ce film rappelle KEOMA, tourné l'année précédente. Il ne serait pas étonnant que Sergio Martino s'en soit imprégné. L'idée très originale de lier des chansons aux images est ainsi reprise. Là aussi, ce sont les frères de Angelis qui se chargent de la B.O avec un immense talent. Il y a ainsi une chanson pour le héros, d'une grande tristesse, qui évoque sa solitude dans son combat contre le mal, et une chanson pour le « traître » du film, qui l'assimile, images à l'appui, à un serpent. Les nombreux et esthétiques ralentis utilisés tantpour les gunfights que pour les chevauchées du héros semblent aussi tout droit sortis de KEOMA. Même le long combat à mains nues dans la boue du village rappelle une bagarre voisine entre Franco Nero et ses frères... Comme son modèle KEOMA, le film de Martino est l'un de ces westerns « crépusculaires » alors en vogue.

Si l'on peut regretter la mort bâclée de la petite amie du héros, trop expédiée pour émouvoir, les bonnes scènes, au-delà de celle d'ouverture, sont nombreuses. On retiendra surtout : l'entrée de Mannaya dans la ville sous une violente averse, traînant son prisonnier au bout d'une corde ; les différents massacres, tel celui des mineurs révoltés, d'une beauté déprimante ; la scène de flagellation des danseuses de saloon par les hommes du puritain Mac Gowan ; la torture du héros, enterré dans le sol et obligé de fixer le soleil jusqu'à l'aveuglement ; les meurtres à la hache qui parsèment le film... Et, enfin, le duel final, hache contre flingue, à l'atmosphère fantastique, faite de brouillard et d'aboiements féroces.

Il manque peut-être à ce bon film l'émotion et la profondeur que l'on trouvait dans KEOMA pour qu'il parvienne à égaler son illustre devancier. Dommage que Sergio Martino n'ait pas oeuvré plus de deux fois dans le western. Le soin constant qu'il apportait à l'aspect visuel de ses films (que l'on se souvienne de ses gialli ou des premiers plans de 2019 APRES LA CHUTE DE NEW-YORK) laisse à penser qu'il aurait peut-être pu réaliser un chef d'oeuvre...

Patryck Ficini
22/12/2009
Cet article est paru dans Sueurs Froides n°32
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