MPD Psycho


ORIGINE
Japon
MPD Psycho Affiche

ANNEE
2000
REALISATION

Takashi Miike

INTERPRETES
Naoki Hosaka
Tomoko Nakajima
Ren Osugi
Sadaharu Shiota
AUTEUR DE L'ARTICLE: Michaël Guarné
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Critique MPD Psycho
{Photo 1 de MPD Psycho} Adapté du manga éponyme de Sho Tajima et Eiji Otsuka, MPD PSYCHO et son univers déjanté se marient parfaitement aux idées barrées du réalisateur ultra prolifique Takashi Miike. Il arrive à pondre en moyenne trois créations chaque année, qu'elles soient destinées au cinéma, à la vidéo ou à la télévision. Cette série en six épisodes, produite pour la chaîne câblée Wowow, fait partie de ces œuvres rétives à l'analyse. On sait qu'on a apprécié ou détesté (car l'impassibilité est ici à mettre de côté), mais on a vraiment du mal à l'expliquer avec des mots. Essayons néanmoins de voir de quoi il retourne...

Premier épisode. Des crimes aussi bizarres qu'atroces sont commis et la police s'avère bien impuissante. Toru Sasayama, interprété par l'excellent Ren Osugi (vu dans d'autres Miike ainsi que dans plusieurs Kitano) reste perplexe devant ces meurtres où les victimes ont la moitié supérieure du crâne à l'air et une fleur plantée à l'intérieur de celui-ci.

MPD, qui signifie « multiple personality disorder » (trouble de la multi personnalité) en temps normal, fait ici référence à l'expression « multiple personality detective » (détective aux personnalités multiples).

Car le personnage principal, qui viendra seconder Sasayama dans son enquête, a des petits problèmes d'identités. On lui attribue plusieurs noms (Nishizono Shinji, Amamiya Kazuhiko, Kobayashi Yosuke...) et il est bien difficile d'affi{Photo 2 de MPD Psycho} rmer quelle est sa vraie nature.

Episode suivant. Les morts sont toujours au rendez-vous mais ne se ressemblent pas. Ce coup-ci, des femmes enceintes sont retrouvées éventrées. Leur fœtus ont disparu et, à chaque fois, on a retrouvé un téléphone portable dans leur ventre (ah, les jeunes d'aujourd'hui, pas encore nés qu'ils veulent déjà envoyer des sms...). On ne comprend pas tout, mais c'est dur de ne pas être intrigué par ce qui se passe à l'écran.

Dans la troisième partie, une illuminée de Dieu pas très éclairée se demande si la vie existe après la mort. Elle fait donc un petit test et, avec l'aide de ses camarades croyantes, ouvre le feu dans une église, histoire de voir ce que ça fait... Pendant ce temps, notre détective schizophrène donne des cours d'anglais à des étudiants persuadés d'être supérieurs et invulnérables.

Le quatrième épisode introduit un gang de jeunes hard-core gamers. Sasayama, quant à lui, découvre un corps démembré dans un champ. Le tueur s'est amusé à numéroter toutes les parties du corps qui ont été découpées. Qu'il est joueur ce meurtrier ! Miike éclaire un peu nos lanternes lors d'un flash-back renvoyant au premier épisode. Amamiya Kazuhiko poursuivrait donc Nishizono Shinji ?! Et qu'est-ce que c'est au juste que cette histoire de Lucy Monostone (rock star terroriste) et son récepteur P-Net ?!! Encore du mystère à l'horizon...

Avant dernier épisode. Sasayamarassure son collègue schizophrène (« tu restes humain avant tout, même si t'es schizo... »). Sinon, comme d'hab. Des lycéennes trouvent la mort par combustion spontanée (on notera deux trois clins d'œil à X-FILES). Un pervers amateur de snuff, qui apparaît plusieurs fois dans la série, en profite pour filmer tout ça. Le personnage de Ren Osugi découvre aussi que Mamiko, sa femme, est une actrice porno très populaire (il va nous faire croire qu'il n'était pas au courant...). Un infirmier otaku est amoureux d'une fille dans un jeu vidéo et l'hôpital dans lequel il bosse a un étage caché, comme dans LA PEAU DE JOHN MALKOVITCH. Bref, on ne dirait pas comme ça, mais beaucoup d'évènements sont liés entre eux... Le corps de Lucy Monostone aurait été divisé en sept ; et Amamiya Kazuhiko aurait bien sept personnalités différentes...

Et tout cela se termine dans un complexe sixième et dernier épisode. Sasayama retrouve sa maîtresse et son fils assassinés, et sa femme a eu un accident de voiture mortel. Ueno, Tanabe, Moriizumi, Murata, Machi, Amamiya, Kobayashi... les multiples facettes d'une seule et même personne ? Il est à présent clair qu'un système de transfert de personnalité, le P-Net, a été créé (les fans, comme moi, de la série GHOST IN THE SHELL ne seront pas déçus). Les récepteurs P-Net permettraient donc aux gens qui en sont équipés d'être infectés, tel un virus, par une personnalité donnée...

Voila pour le pitch. N'allez pas croire que je vous ai tout raconté. MPD PSYCHO est une œuvre riche nécessitant de nombreuses visions et qui se paie le luxe de vous proposer une certaine souplesse d'interprétation. Chacun l'appréhendera et la comprendra à sa manière.

Le thème musical associé à chaque mort est très envoûtant. Il n'est pas sans rappeler l'album 'Avenue B' d'Iggy Pop. Sinon, en dehors de ce joli morceau récurrent, l'ambiance sonore se fait très discrète.

Côté visuel, Miike se permet quelques délires, prouvant une fois de plus qu'il est un réalisateur assez atypique dans le paysage cinématographique nippon. On remarquera cette espèce de neige (ou de pluie, on ne sait pas vraiment) verte et brillante qui tombe lors de plusieurs scènes. Ce genre de détail surréaliste n'a rien à envier à David Lynch. De même que la mise en scène parfois déstructurée qui pourra dérouter aux premiers abords. Ces deux réalisateurs ont une façon si particulière de décrire une situation, de raconter des faits qu'il est impossible d'éprouver de l'indifférence.

De plus, de courts passages animés en noir et blanc s'incrustent parfaitement aux images 'lives'. Ces brefs moments d'animation indiquent avec originalité que le tueur est dans le coin...

Un bémol cependant niveau graphique : la censure. La photographie est sympa, l'ambiance se pose là... mais voilà que d'affreux pixels viennent tout gâcher ! Les téléspectateurs japonais se payant le câble pour voir autre chose que le Derrick local ont dû être contents... Pour les crimes du premier épisode par exemple, ne vous attendez malheureusement pas à voir quoi que ce soit. Quelle idée de vouloir rendre propre ce qui ne l'est pas ! Eh oui, nouveau, le meurtre clean est arrivé ; pas de sang, plus facile à nettoyer... Non et non ! La décision vient de Miike en personne. Il a préféré pixelliser toutes les scènes gores lui-même, pensant que la télé le ferait sûrement... Ca ne le dérange pas qu'on ne distingue pas ces dernières. Au contraire, il voit là un moyen très efficace de stimuler l'imagination du spectateur. Mouais... pas besoin de pixels pour jouer avec l'imaginaire des gens.

Les moyens sont ceux d'une série. Ainsi, pas de vrai feu mais à la place un rendu bien kitch dans l'épisode cinq pour ces corps qui s'embrasent d'eux-mêmes. Dans l'ensemble, rien de bien gênant pour le spectateur qui, de toute façon, est plus invité à réfléchir au scénar qu'à admirer des effets spéciaux le pop-corn à la main...

En résumé, la quatrième série télé de Miike mérite amplement le détour, tant au niveau de la narration que de l'enquête policière principale. Elle demeure moins violente que le manga dont elle s'inspire, mais reste un bon produit pour qui veut découvrir ce réalisateur si particulier ayant accouché de plus de 60 films en 13 ans ; respect...

Michaël Guarné
22/12/2009
Cet article est paru dans Sueurs Froides n°25
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