Mushishi

Bugmaster


ORIGINE
Japon
Mushishi Affiche

ANNEE
2006
REALISATION

Katsuhiro Ôtomo

INTERPRETES
Jô Odagiri
Nao Omori
Yû Aoi
Makiko Esumi
Critique Mushishi
{Photo 1 de Mushishi} Au début du siècle dernier, le Japon décide lui aussi de s'ouvrir au monde et à l'idéologie du progrès technique. Les Mushi - les plus petits composants spirituels de l'univers peuplant tout être vivant ou mort, qui avaient trouvé sur l'archipel l'un de leurs derniers refuges - se sentent menacés et lancent une série de sorts sur les hommes comme sur la nature. Certains humains, qui ont le pouvoir de détecter et de communiquer avec les Mushi, essaient de calmer la colère des entités spirituelles. Ginko (Jô Odagiri) est l'un de ceux-là, qu'on appelle Mushi-shi. Il parcourt le pays pour réparer les méfaits des Mushi et soigner les séquelles sur les humains.

Katsuhiro Ôtomo est un nom adulé au BIFFF qui au fil des ans se dispute avec le festival Anima (festival du film d'animation de Bruxelles) le privilège de projeter un film auquel Ôtomo aurait été associé. Outre AKIRA, son titre de gloire qui lui assurera à jamais une place de choix au panthéon des amoureux de japanimé et de fantastique hardcore, on a ainsi pu voir METROPOLI{Photo 2 de Mushishi} S (Rintaro, mais écrit par Ôtomo sur base du manga de Tezuka) et ROUJIN Z (à nouveau écrit par Ôtomo) ainsi que les 3 films à sketchs qu'il a co-réalisés : MANIE MANIE, MEMORIES et ROBOT CARNIVAL. Auparavant, Katsuhiro Ôtomo a (quasi) débuté sa carrière comme animateur sur HARMAGEDON, grosse baudruche programmée à Anima il y a quelques années et qui a très mal vieilli, même s'il préfigure AKIRA. Bizarrement, seul STEAMBOY, pourtant sorti en salle en France, n'aura jamais connu de diffusion sur grand écran en Belgique. Toujours en Belgique et hors festival, seul METROPOLIS aura connu une (petite) carrière en salle. Heureusement, tous les titres ici cités ont été réédités en DVD ces dernières années.

Avec MUSHISHI, Katsuhiro Ôtomo quitte les rives de l'animé pour celles du film live, à l'instar de son collègue Mamoru Oshii qui alterne depuis longtemps avec plus ou moins de bonheur les deux genres. A vrai dire, Katsuhiro Ôtomo avait déjà fait une incursion en 1991 dans le film live avec un autre titre fantastique : WORLD APART{Photo 3 de Mushishi} MENT HORROR dont l'histoire était signée par un jeune débutant, devenu depuis l'un des tout grands maîtres de l'animation contemporaine : Satoshi Kon (PAPRIKA, TOKYO GODFATHER, MILLENIUM ACTRESS et PERFECT BLUE). Le monde de l'animation est finalement plus petit que ce qu'on peut imaginer puisque Satoshi Kon poursuivra sa collaboration avec Katsuhiro Ôtomo sur MEMORIES et ROUJIN Z tandis qu'il assurera l'animation-clé sur le PATLABOR 2 d'Oshii. Enfin, les vieux briscards du BIFFF se souviennent encore que le nom de Katsuhiro Ôtomo ornait fièrement le générique de SPRIGGAN (pour un travail de supervisation).

MUSHISHI, le film qui nous occupe ici, est tiré d'un manga de Yuki Urushibara qui a déjà donné lieu en 2005 à une série télé.

Au casting, on retrouve dans le rôle principal Jô Odagiri que les amateurs de fantastique et de cinéma de genre commencent à connaître depuis ses débuts en 2000 dans la série télé KAMEN RIDER KUUGA. Depuis, on le croise chez Kiyoshi Kurosawa (JELLYFISH), dans un petit rôle du AZUMI de Ryuhei Kitam{Photo 4 de Mushishi} ura (présenté au BIFFF en 2003), dans le PRINCESS RACCOON de Seijun Suzuki ou encore dans le SHINOBI de Ten Shimoyama (lui aussi programmé à l'époque au BIFFF). On note aussi la présence dans le rôle de Nui de Makiko Esumi qui a travaillé pour Seijun Suzuki (PISTOL OPERA), et celle de Nao Omori qui incarne Nijirou et qui a débuté pour Kiyoshi Kurosawa (en 1997 dans FUKUSHU THE REVENGE KIENAI KIZUATO) mais restera célèbre pour avoir joué le rôle titre dans le cultissime ICHI THE KILLER de Takashi Miike (qui fait partie de la douzaine de films du japonais fou programmés au BIFFF ces 10 dernières années). Il faisait encore partie d'un des segments du RAMPO NOIR programmé l'année dernière au Festival du fantastique de Bruxelles. Il y a peu, il atteignait encore le réseau normal des salles françaises et belges via VIBRATOR De Ryuichi Hiroki et devrait y revenir en août (du moins dans les salles belges) pour un petit rôle dans GO MASTER.

Pour citer le programme du BIFFF 2007, « retrouvant certains de ses thèmes favoris, Otomo livre une œuvre éminemment animiste et construit un univers merveilleux et hors du temps en situant la plupart de l'action au fond de vallées encaissées, comme perdues loin de la civilisation. Son film en devient une sorte de rêverie enivrante, panthéiste, où le physique et le spirituel, le réel et le légendaire se mêlent intimement. » Effectivement, l'univers recréé ici évoque parfois celui de la forêt enchantée de PRINCESSE MONONOKE de Myazaki. En d'autres termes, Otomo n'aurait pu concevoir quelque chose de plus éloigné de son AKIRA.

Néanmoins et même si ça fait mal de le dire, on peut rester un peu étrangers aux déambulations campagnardes des protagonistes. Le problème se situe moins dans un rythme languissant que dans la difficulté du scénario à faire progresser l'intrigue et à traduire cette progression en images. Les fans du réalisateur voudront se faire leur propre opinion ; et il en est qui trouveront du sens à l'ensemble... D'autres resteront sur le carreau, spécialement ceux qui s'attendent à un format commercial.

Philippe Delvaux
22/12/2009
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Sueurs Froides.fr > Critique > Asian Scans
AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe Delvaux
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