P


ORIGINE
Thaïlande
P Affiche

ANNEE
2005
REALISATION

Paul Spurrier

INTERPRETES
Suangporn Jaturaphut
Dean Barrett
Pisamai Pakdeevijit
AUTEUR DE L'ARTICLE: Jean-Sébastien Gaboury
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Critique P
{Photo 1 de P} Aaw est une pauvre paysanne. Sa grand-mère étant malade, elle se rend en ville afin de récupérer de l'argent nécessaire au traitement. Mais sa découverte de ce nouveau monde va se faire dans la douleur et le désespoir.

P est un film thaïlandais avec comme sujet central : Aaw, une très belle plante asiatique jetée en pâture dans un monde hostile et accaparé par le fric. Paul Spurrier, le réalisateur, semble totalement sous le charme de la belle Suangporn Jaturaphut incarnant la faussement fragile Aaw. Sous ses airs de campagnarde perdue dans la jungle urbaine, Aaw va vite assimiler les règles du jeu : la loi du plus fort. Mais Aaw n'est pas du genre à distribuer des raclées ou à corriger celles et ceux qui se mettent au travers de son chemin. Elle préfère un sentier plus tortueux, plus dangereux, plus efficace : la magie. Pourtant, dans la première partie{Photo 2 de P} du métrage, elle apparaît en jeune fille fragile. Son village la fuit, persuadé de son côté démoniaque. Les enfants la regardent de loin, les mères cachent leur progéniture à son arrivée, bref, sa cote de popularité est au plus bas. Même à Bangkok, elle est la risée de ses collègues. Son lieu de travail : un bar de danseuses pour touristes venus goûter aux plaisirs de la chair à moindre frais. Pour elle, c'est le choc. Elle n'a connu aucun homme et vivait dans une cabane abandonnée au milieu de la forêt avec sa grand-mère. Evoluer au sein d'une pareille faune va lui apprendre la réalité de la vie et ce qu'est réellement la Thaïlande : un gigantesque bordel ! Elle comprend que pour s'en sortir et réussir à se remplir les poches, il faut écraser les autres. Initiée à la magie par son aïeule, elle décide d'écarter les gêneurs par quelques incantations. Son{Photo 3 de P} empressement lui fait oublier les conseils et surtout les règles à respecter. Evidemment, elle omet ce dernier point et un esprit démoniaque s'empare au fur et à mesure de son âme. Sa vengeance est des plus sanglantes : un client qui l'a dépucelée l'ignore poliment mais sûrement. Folle de rage de le voir avec d'autres filles, elle lui concocte une mort atroce. Tandis qu'il est en train de se soulager la vessie, un serpent se faufile jusqu'à l'urinoir et lui mord le sexe. Il meurt dans d'atroces souffrances. Une des danseuses vilipende Aaw en public. Là, pas de quartier. La mégère exécute un numéro périlleux où un sabreur coupe promptement un concombre accroché à sa bouche. Si tout allait bien jusque là, le show tourne mal et le sabre lui laboure le visage. Vu les visages horrifiés de l'assemblée, elle doit être salement arrangée. Mais Aaw semble avoir oub{Photo 4 de P} lié les recommandations de sa grand-mère et c'est en un être démoniaque assoiffé de sang que Aaw mute. En fait, la journée, il ne se passe rien et c'est la nuit que les choses sérieuses commencent. Le défaut de P réside dans sa scission entre les deux parties du film. La première est assez longuette. L'initiation d'Aaw dans le bar est longue et on sent que le réalisateur prend un plaisir coupable à filmer ses actrices dans des postures lascives et érotiques. Avouons que tout cela n'est pas désagréable même si au bout d'un certain temps, on se demande si P est vraiment un film fantastique. Pourtant dès le début, on est mis en condition avec une fillette nageant dans un étang qui est tirée vers le fond par une main antipathique. Aaw devient un monstre dont les apparitions sont inquiétantes. Le visage verdâtre, les yeux luisants et une dentition vampirique, elle traque sans relâche d'innocentes victimes. En fait, elle rentre dans leur corps et se repaît de leurs organes. P joue la carte de l'originalité avec la caméra pénétrant par la bouche dans le corps. Même si le truquage fait un peu trop effet numérique, il est salutaire de reconnaître l'originalité de la démarche. Aaw tue sans distinction : femme, enfant, homme. Peu importe les moyens, le résultat est là ! D'ailleurs, ses différentes attaques nocturnes font penser aux apparitions des fantômes dans Histoires de fantômes japonais. L'image devient verte, rouge, jaune et contribue à créer une bonne ambiance de terreur. Finalement, P n'est pas si mauvais que ça même si on déplore des longueurs. En tout cas, Spurrier est un metteur en scène prometteur confirmé par la vision de très belles images et d'un style qui ira peut-être en s'affinant. Affaire à suivre.

Jean-Sébastien Gaboury
22/12/2009
Cet article est paru dans Sueurs Froides n°30
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