PIFF 2011


PIFF 2011 Affiche

ANNEE
2011
AUTEUR DE L'ARTICLE: Quentin Mazel
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Critique PIFF 2011
{Photo 1 de PIFF 2011} Le Paris International Fantastic Film Festival (PIFFF) a ouvert ses portes à Paris au Gaumont Opéra le 23 novembre 2011 pour sa première édition. Ce nouveau festival est mis en place par Fausto Fasulo, rédacteur en chef de Mad Movies et Cryril Despontin, organisateur d'Hallucinations Collectives à Lyon, autant dire deux très sympathiques passionnés. Pour cette première année, le festival a su élaborer une très belle programmation et convoquer un jury tout aussi plaisant. En effet, ce sont Roger Avary, Jaume Balaguero, Christophe Gans et Lucile Hadzihalilovic qui vont pouvoir décerner ce tout nouveau prix au film BELLFLOWER d'Evan Glodell.

C'est dans une salle pleine que commencent les hostilités du festival avec la projection du film MALVAILLANCE de Jaume Balaguero. Projection précédée de deux jolies surprises qui méritent d'être citées. Premièrement, la diffusion du court-métrage WELCOME TO HOXFORD de Julien Mokrani. Réalisation légèrement tape-à-l'œil mais qui mérite tout de même le détour pour sa qualité plastique. Deuxièmement, la diffusion, en avant-première, de la bande-annonce du prochain REC. Un{Photo 2 de PIFF 2011} dernier opus qui risque d'épuiser une franchise pourtant sympathique. Le dernier métrage de Balaguero est, quant à lui, tout à fait réussi. Grâce à une mise en scène somptueuse, qui ne cède jamais à la facilité, et à une construction avec des jeux de hors-champs, le réalisateur a su renouveler son travail avec subtilité.

L'alléchante sélection des films en compétition nous propose un vaste panorama de ce qui se fait en ce moment dans le fantastique. Ratissant large, le PIFFF nous offre ainsi un éventail pertinent en brassant les genres. EXTRATERRESTRE, dernière réalisation de Nacho Vigalondo (TIMESCRIMES) propose un étrange mélange entre la science-fiction et la comédie romantique. Fonctionnant avec un comique de situation et de répétition, le film a tendance à s'essouffler. Il reste cependant tout à fait plaisant grâce à une mise en scène assez bien pensée. L'aspect très vaudeville du scénario est tout de même une idée originale, permettant au film de dépasser la simple science-fiction comique. THE DEAD des frères Ford montre, quant à lui, son originalité dans la mise en scène d'un film de zombie en Afrique.{Photo 3 de PIFF 2011} RETREAT constitue, lui aussi, une très belle réalisation. Angoissant et perturbant, ce thriller s'appuie principalement sur son casting. Pour cause, ce sont Jamie Bell, Cillian Murphy et Thandie Newton qui forment le trio en retraite. En somme, une bonne surprise pour ce premier long métrage de Carl Tibbetts. On découvre aussi, lors de la compétition, le dernier film de Ti West. Le réalisateur de THE HOUSE OF THE DEVIL confirme son savoir-faire et son inventivité avec ce nouveau métrage intitulé THE INNKEEPERS. Le magnifique BELLFLOWER d'Evan Glodell, grand lauréat de la compétition, propose une réalisation explosive et innovante ainsi qu'un vrai parti pris graphique et cinématographique. Citant ouvertement MAD MAX pour une apocalypse intérieure, le film représente une très, très, belle découverte.

Les films les plus attendus restent cependant programmés hors compétition. La projection de THE WARD par exemple, constitue l'explosion de bonne humeur de la semaine. C'est donc dans une ivresse de plaisir général que le dernier film de John Carpenter est présenté. Une salle pleine attend alors le retour du maître{Photo 4 de PIFF 2011} de l'horreur au cinéma. Ce film, qui n'a pas trouvé de distributeur pour une sortie en salle française, est enfin diffusé sur une toile. Inacceptable, direz-vous. Oui, et c'est l'une des raisons pour lesquelles le PIFFF a programmé cette séance, alors que le film est déjà disponible en dvd aux Etats-Unis. Le film, malgré un scénario franchement médiocre avance une réalisation et une mise en scène qui vaut le coup d'œil. Mais c'est surtout le travail de l'excellente Amber Heard qui donne au métrage un petit quelque chose qui fait fonctionner le tout. Pourtant, quand on connaît le génie dont est capable le cinéaste, on ne peut s'empêcher d'être légèrement déçu. La vieillesse assagit peut-être. C'est cependant un « J'y étais », crié par un spectateur ravi, qui conclut la séance.

Le dernier métrage d'Abel Ferrara, 4:44 LAST DAY ON EARTH s'avère, lui aussi un peu décevant. C'est une réflexion intéressante sur les rapports humains qui constitue la narration. Ferrara passe ainsi le métrage à maltraiter ses personnages dans une ambiance d'anti 2012. Cependant, le métrage demeure assez gentil et, parfois, légèrement prétentieux dans son désir d'anticonformisme. Mais bon, comme un grand auteur a dit « Il n'est de véritable déception que de ce qu'on aime ».

Finissons brièvement ce compte-rendu par quelques mots sur la très jolie sélection des courts-métrages, où l'on retrouve quelques titres connus concernant la France. Entre autres, l'apocalyptique KANGOOTOMIK de Frédérique Grousset ou encore le très écolo TOUS LES HOMMES S'APPELLENT ROBERT de Marc-Henrei Boulieri. Pour la compétition internationale, c'est l'excellent HOPE de Pedro Pieres qui crève l'écran. Cependant, de très belles réalisations comme DER FALL MAX MUSTERMANN d'Achim Wendel ou encore A FUNCTION de Hyn-Soo Lee marquent l'excellente sélection.

Avec ses mille et une références, DETENTION, réalisé par Joseph Kahn, clôture le festival avec une sympathique tornade rythmique et visuelle.

En somme, une très belle réussite pour cette première édition du PIFFF, à qui l'on souhaite une longue carrière. Tout simplement, à l'année prochaine.

Nassim Ben Allal et moi-même tenons à remercier tout spécialement Nathalie Iund pour son accueil et sa disponibilité.

Quentin Mazel
14/12/2011
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