Plane Dead vs Mulberry Street


ORIGINE
USA
Plane Dead vs Mulberry Street Affiche

ANNEE
2006
REALISATION

Scott Thomas
Jim Mickle

AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe Delvaux
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Critique Plane Dead vs Mulberry Street
{Photo 1 de Plane Dead vs Mulberry Street} Le zombie se porte bien ces derniers temps. Depuis que Danny Boyle l'a replacé sur la carte du fantastique et que le remake L'armée des morts a cartonné au box office. Comme une épidémie, les zéderies zombifiantes, qui n'avaient jamais vraiment quitté la scène sont rapidement réapparues, de qualité diverse.

Pour se mettre au diapason de la production courante, le 25e festival du film fantastique de Bruxelles programme les deux premiers jours deux productions de bon aloi qui ne dépareraient pas dans le concert des sorties cinématographiques. Deux déclinaison des zombies modernes (oui, ceux qui courent vélocement et dévorent voracement).

A ma gauche, PLANE DEAD de Scott Thomas, produit estampillé BIFFF par excellence: c'est fun, ça ne vole pas très haut (ah ben en fait si: ça se passe dans un avion) et c'est très correctement réalisé.

Un avion de ligne transporte dans ses soutes une scientifique cryogénisée, transporté vers un laboratoire secret à Prague (nouveau fief du fantastique, rappelons-le, et associé, dans l'imaginaire américain à la d{Photo 2 de Plane Dead vs Mulberry Street} éliquescence post communiste) où la société qui a développé le virus que notre malheureuse a par accident choppé pourra tenter de réparer les dégâts. Seulement, le voyage ne sera pas de tout repos car une grosse zone de turbulence enrobe vite notre aéronef. Et zou, le caisson cryogénisé de valdinguer, s'ouvrir et laisser place à vous devinez quoi.

Par petites touches, le scénariste nous envoie ses références: un garde dans la soute est revêtu d'une combinaison de protection chimico-biologique (d'une rare inefficacité contre des zombis, on en conviendra) déjà vue par ailleurs, et qui nous fait remonter jusqu'au CRAZIES (LA NUIT DES FOUS-VIVANTS) de Georges Roméro, le caisson de cryogénisation exhale naturellement des fumerolles (genre RETURN OF THE LIVING DEAD, mais ce n'est qu'un exemple). Roméro se rappelle encore à nous par la présence d'un golfeur afro-américain au comportement héroïque dans la digne lignée des héros de LA NUIT DES MORTS-VIVANTS ou de ZOMBIE. Quelques traits d'humour parsèment l'ensemble: un labo secret est évoqué à Toulon ({Photo 3 de Plane Dead vs Mulberry Street} pour qui se souvient de l'explosion d'il y a quelques années; la compagnie d'aviation se nomme "concorde airline" (serait-ce deux réminiscence anti-frenchies ?)... L'ensemble peut se voit comme une sorte de préquelle de L'AVION DE L'APOCALYPSE.

L'avion est une bonne idée (encore récemment exploitée dans SNAKE ON A PLANE): l'endroit est confiné, les échappatoires rares.

Le film ne souffre d'aucun temps morts, contrairement aux passagers qui, eux, auront tendance à décéder en masse. Et ce qui distingue cette très bonne série B d'un Z qui tâche, c'est le travail de caractérisation des personnages. PLANE DEAD prend son temps avant de faire sortir ses zombies et en profite pour bien nous familiariser avec l'équipage et les passagers. On lui en sait gré.

A ma droite, MULBERRY STREET qui voit New York attaquée par des rats infectieux dont les morsures transforment leurs victimes en zombies assoiffés de sang. OK, dit comme ça, l'ensemble a l'air un peu ridicule et ne se distingue pas fort de PLANE DEAD. Pourtant, le film de Jim Mickle développe ses a{Photo 4 de Plane Dead vs Mulberry Street} mbiance propres (si on peut utiliser ce qualificatif pour un bain de sang causé par des rats d'égouts).

Dans un immeuble décrépit d'Harlem vivent une communauté de loosers. Parmi eux, un ancien boxeur attends le retour de sa fille, vétéran(e) blessée au front irakien. Bien que vivant en concubinage avec quelqu'un, notre ex boxeur n'est pas indifférent à sa voisine, serveuse de bar. Nous suivons les historiettes de ce petit monde avec en toile de fond les news radio et télé informant d'attaques de plus en plus régulières de rats et du début d'une épidémie. Ce n'est que lorsque le danger touche réellement la communauté que nos protagonistes prendront conscience de la gravité de la situation.

Si PLANE DEAD ne cache pas son statut de pur divertissement, MULBERRY STREET lui ajoute une touche d'opinion. La métaphore tire à vue sur la politique de Georges Bush: la fille rescapée de l'enfer irakien, blessée et livrée à elle-même à son retour, l'incapacité des autorités à gérer une crise, les habitants fragilisés par la spéculation.... Cependant, on peut très bien sauter le message et se contenter du divertissement.

Les divers protagonistes s'éloignent du moule hollywoodien: ils sont vieux, blessés, usés par la vie. Pas de place ici pour les fringants héros ou autres bimbos. Comme dans PLANE DEAD, la caractérisation est bien menée, ce qui rend chaque perte plus tragique. Le rythme ne ralenti jamais. La mise en scène est plus expérimentale que dans PLANE DEAD. On dénote un travail sur les couleurs, les sons, les textures, les angles... mais l'ensemble pâtit un peu de la mode de la caméra parkinsonienne, celle qui tremble en permanence et vous fiche rapidement un bon mal de crâne.

On pourrait penser aux RATS DE MANHATTAN de Bruno Mattei. Mais ici, les rats sont un prétexte: à peine en voit-on l'un ou l'autre. Ils ne sont jamais des protagonistes à part entière ni un quelconque moteur de l'action. A l'instar des fûts toxiques ou autre virus, ils ne servent qu'à déclencher la vague de folie et de chaos.

Au final, deux bons zombies-movies qui font augurer du meilleur pour cette cuvée du BIFFF.

Philippe Delvaux
22/12/2009
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