Quand la Marabunta Gronde

Naked Jungle
the


ORIGINE
USA
Quand la Marabunta Gronde Affiche

ANNEE
1954
REALISATION

Byron Haskin

INTERPRETES
Charlton Heston
Eleanor Parker
Abraham Sofaer
William Conrad
AUTEUR DE L'ARTICLE: Angélique Boloré
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Critique Quand la Marabunta Gronde
{Photo 1 de Quand la Marabunta Gronde} La belle Joanna quitte La Nouvelle Orléans et débarque en pleine jungle amazonienne pour retrouver Christopher Leiningen, l'homme qu'elle a épousé par petite annonce interposée. Elle découvre une nature sauvage et luxuriante, des indigènes réducteurs de tête et un propriétaire terrien viril, fier et arrogant. L'accueil de la jeune épousée est glacial. Il vire même à l'affront quand l'affreux macho congédie sa toute nouvelle femme. Elle est belle, désirable, intelligente, cultivée... et veuve. Le bel étalon, drapé dans sa virilité outragée, refuse d'endosser un second rôle et lui demande donc instamment de partir. Cependant, un péril encore plus grand que cette femme enchanteresse menace son domaine. En effet, une véritable armée pratiquant la technique de la terre brûlée s'avance inexorablement vers la pla{Photo 2 de Quand la Marabunta Gronde} ntation de Leiningen : la marabunta (soit quatre-vingt dix kilomètres carrés de fourmis affamées).

Une bonne moitié du film plante le décor et les protagonistes. Christopher Leiningen est le propriétaire d'une plantation de cacao arrachée pendant quinze ans au lit de la rivière. Cela lui a coûté du sang, de la sueur et sa jeunesse. C'est un homme droit, juste et exigeant. Sa solitude lui pèse, il veut une épouse et des enfants. Pour ce faire, il charge son frère de passer une petite annonce et de marier la meilleure candidate. C'est ainsi qu'arrive Joanna. Cette merveilleuse femme, toute féminine a pourtant un défaut : elle n'est plus vierge. Notre fier homme ne peut le supporter.

Pour camper ces personnages à l'histoire complexe et aux sentiments contradictoires, nous avons des protagonistes merveilleux. Charlton Heston incarne avec justesse cet homme dur, travailleur et pourtant tendre. Quant à Joanna, elle est magnifiquement interprétée par une Eleanor Parker féminine, volontaire et touchante. Vous l'aurez compris, ces deux acteurs portent la première moitié du métrage sur leurs seules épaules. Chacune de leurs tirades apporte un élément, un éclairage sur les personnages, leurs motivations, leur passé ou leurs désirs. C'est bien simple, quand ils parlent, on se tait et on écoute. C'est suffisamment rare aujourd'hui pour être souligné, cette injonction muette de la part des protagonistes à être écoutés.

Et puis, cette relation, extrêmement codifiée, est l'une des classiques du genre. L'homme est magnifique, viril... et glacial, justement parce que la femme échauffe trop son sang et son esprit. Elle, elle s'indigne de tant de mépris. Et lorsqu'elle découvre la part de fragilité que ce grand mâle cherche à dissimuler sous ses airs de machiste mal dégrossi, elle tombe irrémédiablement sous le charme et n'aura de cesse de le faire céder. Pour parvenir à ses fins, elle n'utilisera aucun artifice, aucun subterfuge, elle lui dévoilera simplement sa personnalité, avec ses faiblesses et ses forces.

La fin du film s'axe sur ce couple qui se découvre et qui s'unit dans l'adversité. Les fourmis sont là, elles vont détruire des années de travail, une micro civilisation. La perte n'est pas que financière et émotive, elle est également intellectuelle. Cette notion reste cependant à l'état d'ébauche car toute l'action se concentre alors sur le grand péril. Les vues d'ensemble de l'armée de fourmis en marche est impressionnante. Les vues détaillées des fourmis qui détruisent tout sur leur passage aussi. On est certes loin des effets spéciaux époustouflants de ces dernières années. Néanmoins, ils sont excellents, restent aujourd'hui tout à fait crédibles et s'intègrent parfaitement dans le ton du film. De plus, ils ont une véritable cohérence. Ils ponctuent à merveille l'action. La mise en scène cherche à graduellement faire monter la tension et y parvient avec bonheur.

Pour conclure, dans le genre film catastrophe, on a depuis vu bien plus impressionnant. Cependant, malgré les années, le film ne perd rien de sa force et de son charme. Il est porté par une action efficace et des acteurs magnifiques. D'aucuns trouveront cette histoire niaise, d'autres y puiseront une fraîcheur, une candeur portée par des acteurs magistraux.

Angélique Boloré
22/12/2009
Cet article est paru dans Sueurs Froides n°25
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