Rampage


ORIGINE
Canada
Rampage Affiche

ANNEE
2009
REALISATION

Uwe boll

INTERPRETES
Brendan Fletcher
Shaun Sipos
Michael Paré
Katharine Isabelle
Lynda Boyd
Critique Rampage
{Photo 1 de Rampage} Bill, jeune oisif de 23 ans, vit toujours chez ses parents qui tentent de lui faire quitter le domicile familial. Mais Bill résiste, ne se sentant pas financièrement prêt. Il travaille cependant déjà comme mécanicien et passe le plus clair de son temps à refaire le monde avec un ami idéaliste dont il contredit les propos. Leur conversation part du principe que l'augmentation de la population terrestre ne permet plus aux ressources de suffire à la nourrir. La vie de Bill s'écoule au rythme des frustrations du quotidien et des petites humiliations de la vie. Mais ces dernières ne sont pas sans conséquences : Bill décide de résoudre son problème de philosophie de comptoir - réguler la population terrestre - tout en réglant ses propres comptes avec le monde qui l'entoure. Le massacre va commencer.

Le cinéma d'Uwe Boll bonifie filmaprès film. Sortis des adaptations de jeux vidéo, ses derniers métrages révèlent un auteur qui transforme avec bonheur sa rage en processus créatif. POSTAL, STOIC, RAMPAGE, autant de films jusqu'au-boutistes, autant de réussites artistiques. Et bientôt s'annonce un DARFOUR dont la radicalité a, semble-t-il, refroidi les programmateurs de certains prestigieux festivals.

RAMPAGE peut se voir comme une relecture d'AMOKLAUF, son premier film. Mais une relecture qui aurait bénéficié d'une écriture et d'un montage plus soigné... et d'un budget plus confortable. A ceci prêt qu'au désespoir du protagoniste d'AMOKLAUF succède l'extrême cynisme de notre anti-héros. A ce titre, Uwe Boll ne ment pas lorsqu'il précisait en présentation de RAMPAGE, lors de la quinzième édition de l'Etrange festival, qu'il « ne cherche pas à copier le système hollywoodien dans lequel on sait en entrant dans la salle comment le film va se terminer et qui sont les bons et les mauvais. » Effectivement, RAMPAGE se termine sur un twist, mais pas de ceux souvent galvaudés ces dernières années dans le cinéma d'horreur. Ici, le retournement final est cohérent et précédé d'indices et de mises en place. En cela, il se différencie d'ELEPHANT (Gus Van Sant), autre film « non hollywoodien, auquel le sujet et le début de son traitement font tout d'abord penser.

Violent, le film l'est assurément. Son second acte est un gigantesque massacre renvoyant celui de Colombine à un gentil tir aux pipes forain. Bill est revêtu d'une armure que jalouseraient nombre d'unités spéciales et dont le design rappelle, par exemple, celles vues dans JIN ROH.

Réussi de bout en bout, RAMPAGE est de surcroît relevé de deux scènes notables. Dans la première, notre tueur pénètre un salon de coiffure et terrorise les clientes. Si jusqu'alors, on pouvait s'amuser des meurtres, dans lesquels les victimes sont anonymes ou antipathiques, cette séquence mettant en face du tueur des êtres humains apeurés pour lesquels on éprouve de l'empathie, nous fait basculer de point de vue. On pourrait rapprocher la mécanique de la scène pivot du viol dans C'EST ARRIVÉ PRÈS DE CHEZ VOUS où le rire s'arrêtait net devant l'ignominie des actes.

Une seconde scène émerge, relevant cette fois plus du registre absurde : Bill pénètre, harnaché et armé jusqu'aux dents, une salle de bingo où une centaine de vieillards cacochymes cochent inlassablement leurs grilles au rythme des numéros scandés par un micro, totalement indifférents à la présence incongrue et menaçante de notre énergumène. « J'ai eu l'idée de cette séquence lors des repérages, explique Uwe Boll. Cette salle est une annexe d'un hospice et les vieillards passent toutes leurs journées au Bingo. Nous n'avons même pas vraiment dû leur dire ce que nous faisions tellement ils étaient pris par leur jeu. C'est effrayant de voir comment des personnes peuvent ainsi se transformer en zombis au point de ne même pas s'étonner de la présence d'un type en armure et lourdement armé à leurs côtés. »

RAMPAGE est du vrai cinéma, qui entremêle message et divertissement, sous une forme radicale qui en fait tout son sel. Uwe Boll est dans une phase créatrice faste et les festivals jouent pleinement leur rôle de caisse de résonances : le BIFFF pour STOIC et POSTAL, l'Etrange festival pour AMOKLAUF et RAMPAGE. Il nous tarde de découvrir DARFOUR.

Philippe Delvaux
22/12/2009
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Sueurs Froides.fr > Critique > Review
AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe Delvaux
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