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Rencontre avec David Schmoeller : 2ème partie


Rencontre avec David Schmoeller : 2ème partie Affiche

Critique Rencontre avec David Schmoeller : 2ème p
{Photo 1 de Rencontre avec David Schmoeller : 2ème partie} S.F : Parlez-nous de Puppet Master...

D.S : J'ai également eu de la liberté sur « Puppet Master » et je pense que le film est assez viscéral d'ailleurs. Mais je voulais en faire quelque chose de tout à fait différent. J'ai été critiqué pour n'avoir pas été assez visuel sur « Crawlspace » et je voulais faire de « Puppet Master » une sorte de cartoon et dans ce cadre-là je pouvais être aussi violent que je le voulais. Moi et mon équipe, nous avions fait assez de films pour savoir comment contourner la censure. Par exemple, quand vous voulez avoir une scène très sanglante, si vous prenez du sang vert au lieu de sang rouge la censure dit « O.K c'est bon ». Donc quand les doigts du jeune homme sont coupés, et même s'il est supposé être humain, les doigts giclent du sang vert, du sang vert-jaune.

La censure nous a dit : « La scène est trop intense, vous devez la couper ».

Donc quand la lame coupe les trois doigts, vous voyez le sang « Plop », « plop », « plop ». Nous l'avons coupé et enlevé un « plop » et la censure a dit O.K. C'est ainsi qu'on obtient une classification R au lieu d'un X.

S.F :Comment s'est passé votre collaboration avec David Allen, le génie de la stop-motion ?

D.S : Il a été engagé par le producteur. Je ne savais pas qui il était. Pourtant, il était très connu pour ce qu'il avait fait et nous avons très bien travaillé tous les deux. Il travaillait très dur.

J'étais tout nouveau à Los Angeles et d'autres personnes étaient là pour me donner une bonne équipe parce que eux connaissaient beaucoup de monde...

Sur « Tourist Trap » nous avions beaucoup de fils ou de fille de grands noms. Il y avait Nick Von Sternberg, le fils de Joseph Von Sternberg ; David Wyler, le fils de William Wyler... Ils étaient tous très jeunes, ils commençaient tout juste leur carrière, eux aussi... Par exemple Nick Von Sternberg avait une carte de visite professionnelle et dessus il y avait une photo de lui âgé de un an perché derrière cette énorme caméra. C'était sa carte de visite ! Il a grandi dans le métier, sur les tournages de{Photo 2 de Rencontre avec David Schmoeller : 2ème partie} son père.

S.F :Que pensez-vous des autres films de Puppet Master ?

D.S : On ne m'a jamais demandé de travailler dessus. Le second opus a été réalisé par David Allen. C'était un choix économique. David Allen voulait devenir metteur en scène et donc il réalisé et s'est occupé des effets spéciaux de « Puppet Master II » sans demander de rémunération. Charles Band, le producteur, avait là l'opportunité de ne pas payer un centime non seulement pour son réalisateur mais aussi pour son créateur d'effets spéciaux. Après, concernant les autres épisodes, je suis parti vers d'autres horizons et je n'ai jamais pensé à travailler dessus.

S.F : « Crawlspace » est un film très dérangeant. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce que vous souhaitiez faire avec ce film ?

D.S : Oui, je voulais que ce soit un film dérangeant. Ce film s'est fait par un concours de circonstances. Le producteur avait construit un immeuble pour l'un de ses films en Italie et il voulait le réutiliser, pour amortir les coûts en quelque sorte. C'est ainsi que le projet a démarré. Mon premier jet était une histoire entièrement différente. C'était un film anti-guerre avec le Viêt-Nam en toile de fond. Le personnage de Kinski, Gunther, avait été prisonnier de guerre durant trois ans. Il rentre chez lui à la fin de la guerre. Sa femme s'est remariée, ses parents sont morts et il n'a plus de toit sous lequel habiter. Il se souvient de son camp de prisonniers situé en plein milieu d'une jungle jonchée de pièges. Il essaye d'y retourner pour en quelque sorte revivre sa vie.

C'était vraiment ce que je voulais écrire. Là Charles Band m'a dit « Je ne crois pas que les gens aient envie de voir un film à propos du Viêt-Nam ». C'était avant « Platoon », il n'y avait pas encore eu de films sur cette guerre. Et il m'a dit « Faisons de lui un nazi » et là je suis sorti de mes gonds ! Je lui ai dit « Ils n'ont pas envie de voir un film sur le Viêt-Nam mais ils veulent, une fois de plus, voir un film avec un nazi ! ».

Là, il m'a dit « Je t'aurais Klaus Kinski » et je lui ai r{Photo 3 de Rencontre avec David Schmoeller : 2ème partie} épondu « Si tu me donnes Klaus Kinski, alors j'en ferai un nazi ». Le problème était que chronologiquement, ça ne pouvait pas être un nazi, ou alors un nazi de 90 ans ! Et donc, nous en avons fait le fils d'un nazi. Le père de Gunther était un scientifique qui utilisait toutes sortes de tortures. Une fois la guerre finie, il est parti en Argentine pour échapper à la justice et où il est devenu médecin. Et par hasard Gunther tombe sur le journal de son père décrivant toutes ces tortures. Accidentellement, il tue quelqu'un et l'engrenage commence. Il utilise l'immeuble dont il est le propriétaire pour espionner et tuer les jeunes femmes qui s'y trouvent.

Donc la version finale est assez éloignée de mon idée originale.

S.F :D'après vous, et malgré les problèmes provoqués par Klaus Kinski, sa présence est-elle un plus pour le film ?

D.S : Oui. Malgré les difficultés dont on peut avoir un aperçu dans « Please kill Mr Kinski » c'était un excellent acteur. Il a rendu le tournage difficile parce qu'il ne voulait jamais faire de seconde prise. Quand je démarrais une scène en prononçant le mot « action », il s'écriait avec violence « Ça fait des années que j'entends les metteurs en scène crier « action », je ne démarrerai pas cette scène ! »

Là, je lui demandais « Alors Klaus, que veux-tu que je dise ? ». Il me répondait « Dis juste : 3, 2, 1...Klaus ! ». Et là il démarrait et il était parfait à chaque première prise. En plus, il n'aimait vraiment pas parler anglais ; je devais donc couper ses lignes. Il était d'ailleurs réputé pour essayer de vendre ses lignes à d'autres acteurs (sourires), ce qui est absurde... Un jour, sur le tournage, l'acteur qui joue Steiner est venu me voir et m'a dit « Il essayé de me vendre ses lignes ! » (Rires).

Kinski pouvait aussi être au milieu d'une scène et te dire « Je n'ai pas besoin de dire ça ». Je lui répondais « Mais si Klaus ! Tu dois le dire, c'est important pour le personnage et pour l'intrigue » et il répétait « Non, je n'ai pas besoin de le dire » et pour rien au monde il ne l'aurait fait. Qu{Photo 4 de Rencontre avec David Schmoeller : 2ème partie} e voulez-vous faire ?!? J'ai donc commencé un petit jeu avec lui pour le dissuader de poursuivre ainsi. Je lui disais « Tu connais cette réplique... Je ne crois pas que tu aies besoin de la dire » et il me répondait « Si, on en a besoin ». (Rires ) Il était vraiment fou !

S.F : Et finalement qui avait le dernier mot ?

D.S : Eh bien, il gagnait bien plus souvent que moi (rires). Au final, nous avons quand même terminé le film et je pense qu'on s'en est bien sorti.



S.F : Avec le recul, considérez-vous Klaus Kinski comme fou, génial ou les deux ?

D.S : Je ne crois pas que Klaus était un génie mais je pense qu'il était vraiment fou. Selon moi, il ne pouvait pas contrôler ses émotions. Dès que quelque chose le contrariait, il explosait littéralement et c'était assez effrayant à voir. Tout le monde sur le tournage avait peur car il pouvait exploser à tout moment. Il a littéralement attaqué le caméraman. Il a aussi tenté de s'en prendre à moi mais il a été stoppé. Sa présence était réellement effrayante. Quand on voit sa performance, on se dit que le jeu en valait la chandelle mais notre état d'esprit était bien différent à l'époque... (rires)



S.F : Toujours en parlant de Klaus Kinski, dans quel but avez-vous réalisé le court « Please Kill Mister Kinski » ?

D.S : Cela fait longtemps que je raconte l'histoire de ce tournage. Parfois on ne me croyait pas. John Pearson avait un show télé, appelé « Splitscreeen », sur une chaîne cinéma indépendante Je lui ai apporté l'idée de « Please Kill Mr Kinski ». Cette idée l'intéressait mais il ne savait pas de quelle manière je pouvais m'y prendre. Je l'ai fait en un jour et puis je lui ai envoyé. Et il l'a acheté.

S.F : Puis, toujours pour Charles Band, vous avez tourné « Catacombs » votre film le plus gore. Une histoire de démon albinos enfermé dans une abbaye italienne qui trouve le moyen de se libérer. Le film est assez efficace et dispose de techniciens italiens, notamment l'ancien chef op de Fulci.

Qu'ont-ils apporté au film ?


D.S : « Crawlspace » aussi a été tourné entièrement à Rome avec des techniciens italiens. Ils étaient très doués. Ils avaient travaillé sur beaucoup de gros films anglais et américains. Il y avait là des gens qui avaient collaboré avec David Lean ou même Kinski. Mon assistant avait fait « Docteur Jivago » avec Klaus. Il essayait de me rassurer. Un jour, ils avaient tourné une scène dans laquelle Kinski était enchaîné. Il était allé déjeuner avec David Lean et lui dit « Mr Kinski est toujours enchaîné là-bas, que fait-on ? ». Alors David Lean lui a répondu « Laissez-le » (rires).

Concernant notre équipe de techniciens, l'industrie cinématographique italienne avait disparu. Ils travaillaient donc surtout avec l'Angleterre ou les Etats-Unis. Leur expérience était conséquente. Ils étaient rapides et surqualifiés pour ce dont nous, nous avions besoin. C'était donc une très bonne chose de pouvoir les avoir.

S.F : Et que pensez-vous de « Catacombs » ?

D.S : C'est probablement l'un de mes films dont je suis le plus fier. On m'avait donné le titre « Catacombs ». Donc l'action devait se passer dans des catacombes. Pour tout le reste, c'est ma propre création. J'ai fait beaucoup de choses dans ce film que je trouvais intéressant. Je ne suis pas un homme attiré par la religion mais le film avait un contexte religieux. Je pense que c'est vraiment l'un de mes meilleurs travaux.

Mais c'est un film qui n'a pas eu de chance. « Catacoms » a été le dernier film produit par Empire qui tombait en dépôt de bilan. J'en ai pris la seule copie pour aller au festival de Cannes, une copie qui avait été promise au distributeur français. Je n'ai donc eu aucun moyen de montrer mon film pendant trois ans. Le catalogue d'Empire a été racheté par MGM qui l'a affublé d'un titre stupide. Il y avait une franchise du nom de « Curse ». Mon film n'avait rien à voir avec cette franchise mais la décision de retitrer « Catacombs » par « Curse 4 » était uniquement commerciale.

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Sylvain Pasdeloup
22/12/2009
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AUTEUR DE L'ARTICLE: Sylvain Pasdeloup
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