Ricco

Ajuste de cuentas
Cauldron of Death


ORIGINE
Italie/Espagne
Ricco Affiche

ANNEE
1973
REALISATION

Tulio Demicheli

INTERPRETES
Christopher Mitchum
Barbara Bouchet
Malisa Longo
Arthur Kennedy
Eduardo Fajardo
AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe Chouvel
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Critique Ricco
{Photo 1 de Ricco} Après avoir passé deux ans en prison, Ricco Aversi (Chris Mitchum) retourne chez lui. Plusieurs événements se sont passés dans son proche entourage durant son absence. Sa sœur Concetta (Paola Senatore) s'est mariée avec un pompiste ; mais surtout, son père Gaspare a été assassiné. De plus, le commanditaire du meurtre, Don Vito, a pris la place de Gaspare à la tête de la mafia locale. Dans la foulée, il s'est aussi approprié la petite amie de Ricco, Rosa (Malisa Longo). La mère de Ricco, handicapée dans un fauteuil roulant, n'est plus que l'ombre d'elle-même. Ricco va voir le père de Rosa, un habile faux-monnayeur qui travaillait pour Gaspare, et obéit désormais, par la force des choses, à Don Vito. Il fait la connaissance de Scilla (Barbara Bouchet), la nièce du faux-monnayeur, qui a aussi un compte à régler avec Don Vito. Le duo décide de passer à l'action ; une guerre de clans s'engage, et qui ne s'arrêtera qu'à la mort de l'une des deux factions.

On sait qu'il n'est pas toujours aisé de se faire un prénom quand on est le fils ou la fille d'une célébrité. Surtout lorsque la personne en question veut s'engager dans la même voie a{Photo 2 de Ricco} rtistique. Certains y parviennent, d'autres non. Au rang des échecs, Christopher Mitchum est en tête de liste. Le fils de Robert a traversé les décennies sur les écrans avec une rare désinvolture, ne paraissant guère impliqué dans ses rôles. Il incarne ici le rôle titre, le fils par qui doit arriver la vengeance. Celui qui fera couler le sang, pour laver l'affront. On retrouve des trames similaires dans moult « poliziotteschi » des années 70. Et des cinéastes comme Lenzi ou Di Leo ont souvent eu du flair quant au choix de leurs premiers rôles. Tulio Demicheli, lui, n'a pas été très inspiré en voulant faire d'un jeune blondinet coiffé à la Mireille Mathieu un tueur implacable. Que ce soient dans les scènes d'action où il est censé pratiquer le karaté, où dans les moments plus dramatiques où il doit faire passer une émotion, Chris Mitchum est catastrophique, sinon ridicule. Il est le maillon faible d'une œuvre qui, sans lui, ne serait pas loin d'être incontournable pour tout fan de cinéma de genre. Sans Mitchum, et avec un autre réalisateur que Demicheli. Ce cinéaste argentin qui a commencé sa carrière au début des années 50 n'est pa{Photo 3 de Ricco} s vraiment un spécialiste du polar. Pas plus qu'il n'était doué en matière de gialli lorsqu'il tourna l'année précédente LES DEUX VISAGES DE LA PEUR, plus proche du soap horrifique que du thriller à l'italienne.

C'est d'autant plus regrettable, parce qu'exception faite de Mitchum Jr, tout le reste du casting est impeccable. Le metteur en scène a réussi la performance de rassembler un trio de stars féminines du cinéma-bis comme on en a rarement eu l'occasion. Si Paola Senatore, égérie du cinéma érotique italien qui connut bien des déboires en fin de carrière, n'a ici qu'un petit rôle (ce qui n'empêche pas le spectateur de pouvoir admirer sa plastique), Barbara Bouchet et Malisa Longo ont droit à une présence importante à l'écran, et Demicheli ne se prive pas non plus pour dévoiler leurs charmes. On retiendra notamment un incroyable striptease de Miss Bouchet sur une route déserte envahie par le brouillard, stratagème audacieux destiné à s'emparer d'une mallette remplie d'argent destinée à Don Vito. Barbara Bouchet est ici au zénith de sa beauté et de son talent, tout comme dans AMUCK et MILAN CALIBRE 9. Idem pour Malisa Longo, magnifique{Photo 4 de Ricco} en maîtresse soumise, bien loin de ses futures compositions de femme dominatrice dans les productions Eurociné : ELSA FRAULEIN SS et HELGA LA LOUVE DE STILBERG.

Dans le clan des mafieux, on a aussi le plaisir de retrouver quelques visages familiers, comme ceux d'Eduardo Fajardo, grand habitué des westerns spaghetti, Manuel Zarzo (FOLIE MEURTRIERE) ou encore Victor Israël (L'HOMME A LA TETE COUPEE). Mais que dire du vétéran Arthur Kennedy, qui incarne le personnage de Don Vito ? Cet acteur américain a débuté sa carrière dès le début des années 40. Il a eu des rôles consistants dans des œuvres majeures telles BARABBAS, LAWRENCE D'ARABIE ou encore LE VOYAGE FANTASTIQUE. Il ira exercer son talent en Europe un peu plus tard, et on le verra donc dans des films tout autant incontournables en matière de cinéma de genre : L'ANTECHRIST, LA POLICE A LES MAINS LIEES et LE MASSACRE DES MORTS VIVANTS. Kennedy campe dans RICCO un méchant comme on les aime : impitoyable et sadique. Il n'hésite pas à décimer aussi bien ses ennemis que ses hommes de mains, lorsque ces derniers ont eu la mauvaise idée de lui déplaire. Cela nous vaut quelques scènes particulièrement violentes, et l'utilisation d'un bac d'acide fort commode pour se débarrasser des cadavres encombrants.

Tulio Demicheli, malgré son manque de savoir faire, réussit néanmoins l'exploit de gratifier les spectateurs d'un passage anthologique en matière de trash. Après avoir surpris son bras droit au lit avec Rosa, Don Vito fait subir à son (ex) homme de confiance un éprouvant passage à tabac. La victime, entièrement nue, est ensuite émasculée (plan montré avec un SFX convainquant) avant d'être jetée encore vivante dans l'acide. A croire que le cinéaste argentin aimait ce genre de scènes spectaculaires ; il avait fait de même l'année précédente avec LES DEUX VISAGES DE LA PEUR, en filmant une opération à cœur ouvert non truquée.

Si l'on ajoute une bonne partition musicale du compositeur Nando De Luca (THE KILLER MUST KILL AGAIN), RICCO mérite le détour pour sa B.O., sa violence et son érotisme.

Par contre, on a connu le scénariste Santiago Moncada plus inspiré, puisqu'il écrivit la même année les scénarios de LA CORRUPTION DE CHRIS MILLER et LES CLOCHES DE L'ENFER, deux thrillers autrement plus aboutis que ce RICCO.

Philippe Chouvel
22/12/2009
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