Run and Kill


ORIGINE
Hong Kong
Run and Kill Affiche

ANNEE
1993
REALISATION

Billy Tang

INTERPRETES
Simon Yam
Kent Cheng
Danny Lee
Melvin Wong
Esther Kwan
AUTEUR DE L'ARTICLE: André Quintaine
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Critique Run and Kill
Cheung est un type gentil, père d'une jolie petite fille et mari d'une belle jeune femme. Il tient un magasin et travaille dur pour faire vivre sa petite famille. Tout allait bien, mais... Un jour, en rentrant du travail plus tôt que d'habitude, il se retrouve nez à nez avec sa femme et son amant. Désabusé, il erre dans les rues de Hong Kong et finit dans un bar. Après plusieurs verres, il rencontre une jeune fille qui le met en contact avec un type louche. Complètement saoûl, Cheung demande à celui-ci de tuer sa femme et son amant.

Plus tard dans la nuit, en rentrant, il retrouve les infidèles. Il a oublié ce qui s'était passé dans le bar, et ne comprend pas l'irruption soudaine de deux types dans l'appartement. Il ne peut rien faire pour empêcher le massacre. Ils tuent la femme et l'amant et s'enfuient.

Cheung a perdu son épouse et ne comprend pas. Le jour suivant, le tueur à gage se présente et réclame son argent. Mais Cheung n'a pas une aussi grosse somme. Le ciel s'effondre alors sur sa tête. Après de malheureux concours de circonstances, il se retrouve finalement, lui et sa famille, la cible d'un tueur à gages qui a juré de les tuer.

Run and Kill est un drame comme seuls les asiatiques sont capables d'en faire. Réalisé en 1993 par Billy Tang, c'est une oeuvre à la violence graphique inouïe où les sentiments sont exacerbés.

L'émotion joue une part importante. Tout d'abord grâce à Cheung, un gros bonhomme dont la vie bascule à cause de quelques mots échangés alors qu'il était saoûl. C'est un type gentil, un peu simple, mais terriblement attachant. Lorsqu'il découvre sa femme avec son amant, la première chose qu'ilse demande est ce qu'il a pu oublier de faire pour être rentré plus tôt à la maison ce jour-là.

Et on souffre pour ce personnage attachant à qui les pires malheurs arrivent. Il perdra même sa fille, brûlée vive sous ses yeux sans qu'il ne puisse rien faire.

Run and Kill n'est pas qu'un simple drame: on est pris par ce film qui bouleverse. Il est violent, très violent même. Cette scène où Cheung perd sa fille est ahurissante. Elle est là, en feu, fruit d'une vengeance meurtrière. Son ennemi se moque du désespoir de Cheung. Il s'avance vers lui, le corps calciné de la petite fille à la main et lui dit: "Je suis toute noire, tu peux encore me reconnaître?" Cheung, dans un dernier sursaut réussira ensuite à s'échapper en prenant sous son bras le corps carbonisé de la fillette. En s'enfuyant, il perdra la tête de l'enfant, image - métaphore signifiant qu'il est devenu fou.

Cette dernière scène haletante, qui montre la mort de l'enfant et le combat entre deux êtres enragés, est aussi l'aboutissement d'un film qui a su mettre en images la destruction psychologique d'un homme. Le Cheung de la fin du film n'a plus rien en commun avec celui du début. Il n'est plus le type simple et insouciant que nous connaissions, il a subi et provoqué trop de souffrance.

Billy Tang, qui est également le réalisateur de Red and Kill (autre violent mélodrame), nous a concocté un pur chef-d'oeuvre. Les acteurs sont excellents (on retrouve Danny Lee en commissaire), la musique est à l'image du film: grandiose. Techniquement, c'est parfait aussi.

Run and Kill montre une nouvelle fois que le cinéma de Hong Kong est différent et qu'il peut aller loin, aussi bien dans la violence que dans les émotions. Et Billy Tang, avec ce film, a réussit à allier les deux. Lorsque le tueur, qui a pris la mère de Cheung en otage, est encerclé par des flics qui n'acceptent pas ses exigences, il se lève brutalement et jette la grand-mère par la fenêtre. Cette scène est choquante car on ne s'attend pas à ce que le tueur supprime si radicalement et surtout si rapidement la vieille femme. Le spectateur est pris au dépourvu et reçoit cette mort comme un coup de fouet. Dans un film occidental, il se serait lentement approché de la victime, et l'aurait longuement contemplée avant de la balancer. On aurait alors eu le temps de se préparer. Ici, il n'y a pas d'alternative et on nous met directement devant le fait accompli.

Run and Kill est un film exceptionnel, dont on sort bouleversé.

André Quintaine
22/12/2009
Cet article est paru dans Sueurs Froides n°4
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