Samourai Commando : Mission 1549

Sengoku Jieitai 1549


ORIGINE
Japon
Samourai Commando : Mission 1549 Affiche

ANNEE
2005
REALISATION

Masaaki Tezuka

INTERPRETES
Yosuke Eguchi
Kyoka Suzuki
Haruka Ayase
Masato Ibu...
AUTEUR DE L'ARTICLE: Franck Boulègue
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Critique Samourai Commando : Mission 1549
{Photo 1 de Samourai Commando : Mission 1549} Autant le dire d'emblée : le « remake » des GUERRIERS DE L'APOCALYPSE (Mitsumasa Saito - 1979) est une déception. La désillusion est d'autant plus cruelle que son modèle était une très bonne série B, aux personnages bien dépeints, à la réalisation efficace. Prenant elle aussi appui sur l'ouvrage de Ryo Hanmura - qui décrit le face à face entre un groupe de militaires issus de notre époque et les hordes de samouraïs qui sévissaient dans le Japon féodal - cette nouvelle mouture ne parvient qu'occasionnellement à retrouver le charme de l'original.

Tout débute en 2003, quand une unité des forces japonaises d'autodéfense (tanks et hélicoptères inclus) se trouve projetée, suite à une expérience scientifique qui a mal tourné, en pleine période Sengoku (l'âge des provinces en guerre). Cette expérience, placée sous la responsabilité du lieutenant Kanzaki (Kyoka Suzuki), visait à élaborer un bouclier devant protéger les systèmes électroniques des véhicules militaires, perturbés par les émissions plasmatiques issues du soleil. Contrairement à ce qui était prévu, le bouclier s'est déréglé et l'unité a effectué un bond temporel de 456 années dans le passé.

Résultat : le Japon{Photo 2 de Samourai Commando : Mission 1549} contemporain ne tarde pas à être victime de « trous noirs » en expansion au sein desquels s'engouffre la matière alentours. Aucun doute, il s'agit d'une attaque venue du passé. Le colonel Matoba (Tekeshi Kaga) et ses hommes ont entrepris de modifier le cours de l'Histoire, qu'ils cherchent à réécrire à leur avantage. Le Monde est en danger. Il va donc s'agire de rétablir la vérité historique en envoyant une seconde escouade, placée sous les ordres du commandant Mori (Katsuhisa Namase), à la recherche des perturbateurs. Soit pour les ramener dans le présent, soit pour les éliminer. Afin de mener à bien cette mission dangereuse (baptisée « Opération Roméo), on fait également appel à un ancien lieutenant, devenu restaurateur, qui a déjà servi le gouvernement dans le passé : Yusuke Kashima (Yusuke Eguchi).

Armés de munitions à faible impact, biodégradables (il ne faut pas laisser de traces pour ne pas modifier encore davantage le cours des choses), les troupes empruntent le même mode de transport que leurs coreligionnaires. Parties en 2005, elles arrivent à destinations deux ans après la première unité, en 1549.

Matoba a mis à profit cet espace de temps pour prendre l{Photo 3 de Samourai Commando : Mission 1549} a place d'Oda Nobunaga (un des trois unificateurs, avec Hideyoshi Toyotomi et Ieyasu Tokugawa, de l'archipel nippon). L'avantage technologique dont il dispose grâce aux armes et aux véhicules de guerre qui ont voyagé en sa compagnie lui permet de s'allier au clan Saito, qui dirige la province de Mino (au centre de Honshu, l'île principale du Japon). Débordé par sa mégalomanie, il désire rendre les japonais de « l'Age de la Paix » (notre époque) fiers de leur passé (la Guerre du Pacifique, perdue face aux américains, fait tâche). Il n'hésite pas, pour ce faire, à s'apprêter à provoquer l'explosion du Mont Fuji à l'aide d'une quasi bombe atomique.

A partir du moment de leur arrivée dans le Japon féodal, les troupes placées sous le commandement de Mori ont trois jours à leur disposition (74 heures et 27 minutes, pour être précis) afin de rétablir la situation. En effet, passé ce délai, tout retour à notre époque leur sera interdit...

En dépit de moyens financiers conséquents (60 ans du studio Kadokawa obligent), le film fait peine à voir. La mise en scène est poussive. Les acteurs, quant à eux, sont globalement médiocres. En fait, on a un peu la sensation d'être confr{Photo 4 de Samourai Commando : Mission 1549} onté devant SAMURAI COMMANDO à un vulgaire téléfilm. L'ampleur qu'aurait réclamé l'adaptation de ce scénario ne transparaît qu'à de trop brefs moments à l'écran. Le constat est d'autant plus cruel que le film original, avec Sonny Chiba dans le rôle principal, remplissait parfaitement son contrat. L'ambiance vaguement décadente, type « Guerre du Vietnam », qui se dégageait de son escouade chamarrée ; la qualité du travail d'écriture relatif aux personnages ; les combats on ne peut plus spectaculaires... autant d'atouts qui sont malheureusement passés à la trappe avec cette nouvelle version du film - plus hollywoodienne au niveau du script (i.e. propre sur elle et linéaire), mais surtout affreusement faiblarde.

Plus glaçant : on devine en creux dans le discours véhiculé par ce film les démons qui s'emparent progressivement du Japon contemporain. Le renouveau militariste du pays est en marche. L'article neuf de la Constitution japonaise - qui interdit depuis 1947 à l'archipel d'entretenir une authentique force militaire - est aujourd'hui menacé de révision par le gouvernement de Shinzo Abe. Cette volonté d'en découdre est perceptible dans SAMURAI COMMANDO. Les balles biodégradables fournies à l'escouade envoyée dans le passé en disent long sur le sentiment d'humiliation qui grandit là-bas, relatif à l'impuissance des troupes d'autodéfense (plus supposée que réelle, le budget militaire du Japon est un des plus élevés de la planète). On peut lire ce film comme un appel plus ou moins transparent à remilitariser le pays, à ne plus avoir honte d'employer la force brute quand cela est jugé nécessaire. L'angélisme non-interventionniste du début est rapidement balayée au profit d'une approche nettement plus musclée des relations avec ce passé qui ressemble beaucoup, pour ces japonais modernes, à un pays étranger.

Une belle occasion ratée, en somme, que ce SAMURAI COMMANDO sur lequel on plaçait pourtant beaucoup d'espoirs. Le film n'est certes pas ennuyeux à regarder - quelques jolies idées tendance « steam-punk » viennent même égayer le récit de ci, de là. Mais le tout est bien insuffisant et finalement assez vain quand placé en regard du film avec Chiba au générique. Quitte à choisir entre les deux adaptations, mieux vaut se porter sans hésiter en direction des GUERRIERS DE L'APOCALYPSE, autrement plus jouissif que cette émule au rabais.

Franck Boulègue
22/12/2009
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