Scarborough


ORIGINE
Royaume-Unis
Scarborough Affiche

ANNEE
2018
REALISATION

Barbany Southcombe

INTERPRETES
Jessica Barden
Jordan Bolger
Edward Hogg
Jodhi May
AUTEUR DE L'ARTICLE: Sophie Schweitzer
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Critique Scarborough
{Photo 1 de Scarborough} Dans un hôtel décrépit de Scarborough, petite ville balnéaire anglaise, deux couples se retrouvent loin des regards indiscrets.

Le premier est formé par un lycéen et sa professeur, celle-ci est visiblement tourmentée par quelque chose et souhaite parler à son jeune amant. Mais ce dernier préfère lui faire l'amour et aller sur les réseaux sociaux plutôt que faire face à ce qui est probablement une rupture. Lorsqu'elle lui apprend qu'elle est enceinte, il va alors tout faire pour lui prouver qu'il peut être un père en dépit de son jeune âge et des risques légaux qu'elle encourt.

Le second est formé par une jeune lycéenne et son professeur d'art plastique. Visiblement, ce dernier a choisi cet hôtel et cette ville afin de rompre, loin de toute personne pouvant les reconnaître. Mais la jeune femme en a décidé autrement et va tout faire afin de le faire changer d'avis quitte à le faire chanter en inventant une histoire de bébé attendu.

SCARBOROUGH est la s{Photo 2 de Scarborough} econde réalisation de Barbany Southcombe, réalisateur anglais ayant précédemment fait I, ANNA. Le film est l'adaptation d'une pièce de théâtre écrite par Fiona Evans. Restant fidèle à la pièce, le film n'introduit pas de personnages secondaires préférant se concentrer sur les deux couples qui semblent vivre en parallèle la même histoire.

Ce procédé scénaristique est intéressant, mais trop formel pour rendre l'histoire racontée réellement vivante. La trame narrative reste trop proche de celle d'une pièce de théâtre, et comporte dans son déroulé une forme qui fait un peu « daté » avec des rebondissements du type twist qu'on sent venir.

La mise en scène adoptée, très proche de celle de David Lowery dans A GHOST STORY. C'est à dire avec des cadres très définis, un format 4 :3, et une photographie proposant un style « filtre Instagram ». La photographie cherche à donner l'impression au spectateur d'être devant une vieille photographie de vacances. Ce choix ap{Photo 3 de Scarborough} porte un plus au film en lui donnant un aspect intemporel qui colle au thème abordé et à l'histoire racontée. Mais ce style très joli n'apporte cependant pas vraiment de dynamisme au film qui repose déjà sur un type de narration très théâtrale.

Fort heureusement, le casting lui apporte le souffle de vivant et d'impétuosité nécessaire à lui donner de la vitalité.

Jessica Barden qui incarne la jeune Beth scotche littéralement par son charisme et son regard pétillant, plein de vie. La jeune actrice remarquée de la série anglaise THE END OF THE F***ING WORLD, apparue également en jeune ingénue dans PENNY DREADFUL, montre qu'elle a un sacré potentiel pour devenir une grande actrice. Elle captive littéralement le regard. Et parvient très bien à jouer l'ambivalence de son personnage, à la fois charmante et un brin manipulatrice, encore un rôle de jeune ingénue prête à tout pour obtenir ce qu'elle désire.

Son double masculin est incarné par le jeune Jordan B{Photo 4 de Scarborough} olger remarqué dans PEAKY BLINDERS et la série de SF pour adolescents THE 100. Incarnant le jeune Daz, il parvient à rendre très touchant ce jeune homme qui au début passe pour un petit con avant de dévoiler une tendresse, une naïveté et une passion débordante pour sa professeure dont il semble désespérément amoureux.

Ce que parvient le film c'est à nous faire épouser le point de vue de ces adolescents. Ce n'est pas leur premier amour, mais c'est visiblement un amour dévorant, qui s'il prenait fin serait la fin du monde pour eux. C'est cette foi indestructible qu'ils ont en l'amour qui rend le film aussi poignant, fort et rend possible le retournement de situation qui intervient au milieu du film.

Face aux jeunes gens, les deux professeurs, chacun à leur manière, paraissent désespérés et incapables de s'en tenir au plan de départ. À dire vrai, on comprend vite que pour eux cette histoire d'amour a été un moment de faiblesse, une erreur de parcours, qu'ils vont corriger. L'amour n'a plus sa place dans leur vie qui est tournée vers leur carrière, leur mariage, leur vie en apparence parfaite et pourtant insatisfaisante. Des vies que les deux adolescents comptent bien faire exploser.

Edward Hogg (WHITE LIGHTING, TABOO, KILL YOUR FRIENDS) et Jodhi May (SISTER MY SISTER, LE DERNIER DES MOHICANS, GAME OF THRONE) campent chacun à leur manière ces adultes désabusées qui ne croient plus en l'amour ou du moins, se sont mis à en douter sérieusement.

Dans l'ensemble, SCARBOROUGH est intéressant d'autant qu'il s'attache à dépeindre des histoires d'amour excessivement compliquées, légalement prohibées, et qu'il le fait sans jugement. Au contraire, il interroge même l'interdiction puisqu'il laisse plutôt la part belle à l'expression des sentiments des jeunes gens, faisant des adultes des personnes enfermées dans leurs contradictions. Ainsi le film interroge, est-ce que l'âge et l'amertume emportent tout y compris l'amour ?

Sophie Schweitzer
12/02/2019
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