Scoundrels


ORIGINE
Etats-Unis
Scoundrels Affiche

ANNEE
1982
REALISATION

Cecil Howard

INTERPRETES
Ron Jeremy
Lisa Be
Tigr
George Payne
Copper Penny
AUTEUR DE L'ARTICLE: Clara Sebastiao
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Critique Scoundrels
{Photo 1 de Scoundrels} Etats-Unis, 1982. L'industrie du cinéma pornographique est en berne et l'âge d'or du X sur son déclin (si toutefois l'âge d'or d'un cinéma constamment mis au ban de la société puisse avoir réellement existé). L'essor de la VHS ramène petit à petit le sexe sur grand écran là où les puritains ont toujours voulu qu'il reste : l'espace de la chambre, l'intimité, la télévision. Le petit écran met certes à l'honneur un porno purement masturbatoire et composé essentiellement (puis plus tard, uniquement) de scènes hards, en revanche il ne donne pas ses lettres de noblesse à un cinéma revendiqué comme art et comme médium de création.

C'est dans ce contexte précis que Cecil Howard (PLATINIUM PARADISE, NEON NIGHT, FOXTROT), au crépuscule de son esthétique flamboyante, décide de réaliser SCOUNDRE{Photo 2 de Scoundrels} LS avec l'aide de sa fidèle scénariste, Anne Randall. Howard est l'un des derniers réalisateurs du genre à pouvoir se permettre un anticonformisme vis-à-vis de l'industrie : alors que le scénario s'efface au détriment des performances hards dans la plupart des productions, SCOUNDRELS propose une histoire efficace, contemporaine et intelligente.

Simon (Ron Jeremy, l'un des acteurs pornos américains les plus prolifiques) est un père de famille de la upper-middle class américaine. Piètre psychologue à ses heures perdues, figure paternelle médiocre, et dernier amant romantique sur terre, il subit sans tout à fait s'en rendre compte les outrages de son entourage. Sa femme Linda (Lisa Be, nommée meilleure actrice aux AVN Awards de 1984 pour son rôle) le trompe avec son meilleur ami Harper ({Photo 3 de Scoundrels} George Payne, VIVA VANESSA) et son presque beau-fils Vivian (Copper Penny, TRASHI), le neveu de Harper. Quant à sa fille Francie (Tigr, KAMIKAZE HEARTS), elle s'épanouit sexuellement avec qui veut bien la mettre dans son lit, c'est-à-dire à peu près tout le voisinage.

Ce scénario, sous ses airs simplistes, raconte en réalité le quotidien d'un bon nombre de familles. Sans toutefois faire l'impasse sur les scènes de sexe, cette histoire a tout d'un drame sombre, profond, reflétant le malaise de personnages lambdas face aux affres de l'adultère et du mensonge. Le casting a donc ici une importance primordiale car celui-ci doit non seulement assurer en tant qu'hardeurs mais surtout en tant qu'acteurs pendant les dialogues. SCROUNDELS dépasse grâce à cette exigence le cliché du film porno fait uniquement pour le X et se distingue comme œuvre cinématographique à part entière.

La photographie est, elle aussi, brillante. Assurée par Steve Kaman (ici crédité sous le nom de Sven Nuvo), elle évoque le cinéma psychédélique et coloré des années 70, avec une touche kitsch bienvenue propre aux eighties. La composition est ingénieuse sans être dans la surenchère, l'éclairage est complexe, et le tout donne aux ébats amoureux une dimension érotique à la fois réaliste et cotonneuse.

Le tout est couronné par une bande originale signée Peter Lewis (aidé par Anne Randall) et David Ogrin, intéressante et travaillée, contrairement à beaucoup d'autres films X des années 80.

Notons que ce soin apporté à l'esthétique se retrouve dans l'œuvre d'Howard pour plusieurs raisons parmi lesquelles le fait que le réalisateur possède sa propre maison d'édition VHS et sa propre boîte de distribution : Command Video. Il peut ainsi contrôler ses productions, imposer un prix de vente correct et même bien supérieur aux catalogues bradés de l'époque.

Avec trois AVN Awards à son actif, dont ceux du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur montage en 1984, SCOUNDRELS se distingue parmi toute une foule de films pornographiques au scénarii pauvres, aux performeurs sans qualité d'acteur et aux budgets minimes. Il érige le X au rang d'art et légitimise sa présence sur le grand écran.

Sans toutefois atteindre l'excellence de Stephen Sayadian (CAFE FLESH, NIGHTDREAMS), Cecil Howard nous livre ici à sa manière une perle du genre à voir, ou revoir, sans modération

Clara Sebastiao
01/04/2019
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