Sinister 2


ORIGINE
USA
Sinister 2 Affiche

ANNEE
2015
REALISATION

Ciaràn Foy

INTERPRETES
James Ransone
Shannyn Sossamon
Robert Daniel Sloan
Dartanian Sloan
Lea Coco
AUTEUR DE L'ARTICLE: Patrick Barras
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Critique Sinister 2
{Photo 1 de Sinister 2} Poursuivant une enquête sur un cas de possession ayant conduit à l'anéantissement d'une famille (les Oswalt) dont il était devenu proche, un ex shérif adjoint fait la connaissance d'une mère de famille fuyant un mari violent avec ses deux fils jumeaux. Fraichement installés dans une nouvelle maison où des évènements tragiques et macabres se sont produits, tout porte à croire qu'ils sont en danger et que l'entité démoniaque responsable de la disparition des Oswalt, le Bughuul, est à nouveau à l'oeuvre. 



En 2012, SINISTER avait constitué une bonne surprise, non dénuée cependant de petits défauts, pour l'amateur de fantastique et d'épouvante. Un scénario et une atmosphère sombres et malsains à souhait (Pensez donc ; faire réaliser des Snuff movies par de tendres têtes blondes...). Une direction artistique somme toute assez cohérente et maîtrisée dans son ensemble, avec une belle photographie épousant et caressant au mieux des décors peu nombreux, mais graphiquement intéressants. Les motivations psy{Photo 2 de Sinister 2} chologiques du personnage principal qui tenaient assez bien la route.

Le film collage de Scott Derrickson, tout en recyclant pêle-mêle hantise et possession, found footage et enquête policière, avait bien de quoi séduire pour peu que l'on y adhérât et que l'on eût décidé de se laisser porter sans trop se questionner.

Cet été 2015, sortait sur nos écrans SINISTER 2. Produit, comme SINISTER, par la « boutique » de Jason Blum, entreprise peu avare en séquelles, voire même désormais en « préquelles de suites » (Cf - AMITYVILLE : THE AWAKENING, dont la sortie est à venir...). Pour ce deuxième épisode ce n'est pas S. Derrickson qui se retrouve à la réalisation, cantonné à la co-écriture du scénario et à la production, mais Ciaràn Foy, réalisateur du prometteur THE CITADEL.

Le spectateur ayant vu le premier opus ne retrouvera pas cette fois-ci l'ambiance obscure qui faisait son charme. Si bon nombre de scènes se déroulent la nuit, elles ne parviennent plus à distiller l'angoisse qui baignait le film{Photo 3 de Sinister 2} de S. Derrickson, Ciaràn Foy mettant trop de choses en lumière, au sens propre comme au figuré. Le seul qui semble perturbé par l'obscurité c'est l'un des deux jumeaux, Dylan, qui appréhende la nuit, source pour lui de cauchemars à répétition. Le seul moyen d'y échapper serait de répondre aux injonctions des esprits des enfants hantant la maison, qui le forcent à regarder les films horribles qu'ils ont réalisés sur la vie et la mise à mort de leurs familles respectives. Films censés le guérir de ses cauchemars et l'inciter à les rejoindre. Mais les petits fantômes en question sont ici trop présents, trop montrés et trop bavards. Le propos que cela induit sur le fait pour les enfants de devoir se familiariser avec les images de violence et l'horreur pour pouvoir les apprivoiser, s'y habituer et finalement se laisser influencer et guider par elles, aurait pu constituer en grande partie l'épine dorsale du film et la motivation d'un Bughuul accaparé par le fait d'achever de déliter la société actuelle.{Photo 4 de Sinister 2} Mais le fait que les psychologies et les caractères antagonistes des deux jumeaux soient déjà façonnées par les violences infligées à la famille par leur père laisse trop rapidement entrevoir comment l'histoire pourrait se terminer.

Là où le script aurait dû se concentrer vers un seul but, mettre mal à l'aise, déranger et épouvanter, il se dilue dans une histoire d'amour naissante entre l'ex-shérif et la mère de famille, une enquête qui peine quand même à trouver une conclusion et une affaire de séparation et de garde d'enfants qui se traîne en longueur. Même les petits films projetés à Dylan ne se révèlent pas aussi dérangeants que ceux de SINISTER, car ils sont trop démonstratifs, trop nombreux et trop orientés vers une surenchère qui tout compte fait tombe à plat. Tout comme tombent à plat les quelques tentatives réglementaires (contractuelles?) de nous faire sursauter, tant elles s'avèrent prévisibles.

Pour ce qui est de développer « la mythologie qui a séduit le public dans le premier opus » (Dixit Derrickson) ; le fait que le Bughuul vole l'âme des enfants et les contraigne à tourner des Snuff movies ? Il semble bien que cela était déjà suffisamment implicite sans devoir trop en faire ou en dire. Que le Bughuul soit une entité surnaturelle ancestrale présente dans plusieurs cultures et civilisations ? Voilà qui est proprement étonnant et hors du commun pour une créature démoniaque, non ?... Et il faudra bien se contenter de cela.

En ce qui concerne le spectateur n'ayant pas vu SINISTER, est-ce que l'orientation bavarde et démonstrative du scénario de Scott Derrickson lui permettra de recoller les morceaux ? Peut être. Mais il ne découvrira la noirceur du premier épisode que si SINISTER 2 parvient à lui donner l'envie d'aller y fourrer le nez. Pas sûr... Quand bien même Ciaràn Foy nous propose une réalisation honnête qui s'attache à la psychologie de ses personnages et les met en valeur.

Au fait, combien de séries TV nous emmènent déjà bien plus loin dans le malaise et l'épouvante ?...

Patrick Barras
06/12/2015
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