Slice

Cheun


ORIGINE
Thaïlande
Slice Affiche

ANNEE
2010
REALISATION
Kongkiat Khomsiri
INTERPRETES
Arak Amornsupasiri
Sonthaya Chitmanee
Jessica Pasaphan
Critique Slice
{Photo 1 de Slice} Le cinéaste thaïlandais Kongkiat Khomsiri s'est signalé aux amateurs via deux productions pas vraiment réussies à la gratuité assez pénibles traitant de magie noire: ART OF THE DEVIL 2 et ART OF THE DEVIL 3. Son nouveau long-métrage s'inscrit dans une veine beaucoup plus intéressante et se situe entre le thriller, le film d'horreur, le slasher et le drame social.

L'intrigue concerne un étrange personnage vêtu de rouge assassinant sauvagement des personnes apparemment sans liens entre elles, dont les corps sont ensuite retrouvés mutilés et émasculés dans les rues glauques de Bangkok. La police piétine, comme souvent dans pareille situation, et le commissaire Chin est sommé de mettre un terme aux agissements du maniaque. Celui-ci vient en effet de tuer le fils d'un politicien en vue et Chin, dont la carrière est en jeu, n'a d'autre choix que de se tourner vers son ancien partenaire, Tai. Celui-ci, actuellement{Photo 2 de Slice} en prison pour une sombre histoire, a donc quinze jours pour découvrir l'identité du tueur en série et le mettre hors d'état de nuire. En remontant une piste, Tai se verra confronté à un douloureux passé.

SLICE débute de manière graphique et secoue directement le spectateur en lui offrant le spectacle d'un pédophile violant un enfant dans une chambre d'hôtel. Un inconnu tout de rouge vêtu, tel le petit chaperon du conte décidé à se venger du Grand Méchant Loup, tue ensuite ce pédophile avant de lui trancher les organes génitaux. L'assassin dispose finalement le corps, mis en pièce, dans une valise qu'il abandonne dans une rivière. Un modus operandi qui se répétera à plusieurs reprises, donnant lieu, par exemple, à un carnage au fusil particulièrement sanglant dans une boite gay.

La suite du métrage va se centrer sur l'enquête menée par Tai même si cette dernière semble traitée un peu par-dessus la jambe. Les forces de l'ordre paraissent, comme souvent dans le cinéma asiatique, d'une complète inefficacité et les flics sont, par exemple, incapables d'établir le lien entre les différentes victimes. Un lien pourtant très simple et parfaitement clair qui conduit logiquement au coupable même si seul Tai fera le rapprochement entre les différentes proies du tueur habillé de rouge. Néanmoins, plutôt que l'investigation policière proprement dite, c'est essentiellement la jeunesse du personnage principal, Tai, qui intéresse le cinéaste Kongkiat Khomsiri, lequel va consacrer une grande part du métrage à différents flashbacks. L'enfance de Tai fut, en effet, marquée par son amitié avec Nut, un jeune garçon soumis aux brimades de nombreux individus, que ce soit son père, des « camarades » de classe ou même un professeur. Nut sera violé à plusieurs reprises et Tai adoptera toujours une attitude ambivalente à son égard, refusant par exemple d'être considéré comme son ami en présence des membres d'une bande de jeunes voyous locaux. Tai finira par vendre son compagnon, qu'il soupçonne d'être homosexuel, à un réseau de pédophile. A partir de tous ces éléments, le spectateur comprend rapidement que Nut n'est autre que le tueur « justicier » éliminant les abuseurs de Bangkok. Mais SLICE se permet toutefois un twist final assez original et couillu, quoique légèrement prévisible à mi-parcours, qui relance la machine et permet une séquence final plus posée et empreinte d'un certain romantisme. Le cinéaste évite d'ailleurs de porter un jugement trop marqué à l'encontre de Nut, dont il semble en partie excuser les actes eu égards aux souffrances subies durant sa jeunesse.

Les aspects les plus intéressants de SLICE restent donc ceux qui se déroulent durant l'enfance malheureuse des protagonistes, permettant des passages doux amers assez émouvants ainsi que quelques séquences carrément crues. Celles-ci, réalistes et brutales, ne sont pas toujours faciles à digérer même si le cinéaste reste dans le domaine de la suggestion et évite le voyeurisme déplacé. Les scènes situées à l'époque présente sont, elles, plus classiques et moins convaincantes, la bêtise des policiers et l'aspect outrancier de la dernière bobine étant nettement moins convaincant. Notons aussi une violence parfois extrême et une confusion quelque peu dérangeante entre l'homosexualité et la pédophilie qui, conjuguée au twist final, donne une image peu reluisante des amours masculines.

Quoique SLICE ne soit pas exempt de défaut, l'intrigue demeure suffisamment intéressante pour maintenir l'attention du spectateur et le tenir en haleine durant une centaine de minutes. Dans la masse des thrillers asiatiques teintés d'horreur (dont le chef d'œuvre reste probablement MEMORIES OF MURDER), cette production thaïlandaise s'inscrit donc dans le haut du panier et constitue une œuvre intéressante et remuante, dont la vision est vivement conseillée aux amateurs du genre.

Frédéric Pizzoferrato
21/04/2010
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Sueurs Froides.fr > Critique > Asian Scans
AUTEUR DE L'ARTICLE: Frédéric Pizzoferrato
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