Splice


ORIGINE
USA
Splice Affiche

ANNEE
2009
REALISATION

Vincenzo Natali

INTERPRETES
Adrien Brody
Sarah Polley
Delphine Chanéac
Brandon McGibbon
David Hewlett...
AUTEUR DE L'ARTICLE: André Côte
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Critique Splice
{Photo 1 de Splice} Un couple de généticiens manipule de l'ADN et créer des créatures étranges afin de prélever des cellules. Ces manipulations sont effectuées dans le but de trouver des remèdes contre les maladies. Ne réussissant pas à avoir l'approbation de financement pour mener à bien certaines recherches, ils passent outre et donne naissance à un être humanoïde. En parallèle à leur travail légal, ils sont contraints de garder cet être dans le secret.

Réalisateur du célèbre CUBE mais aussi du méconnu CYPHER, Vincenzo Natali s'intéresse à l'impact de la science dans les relations humaines. S'il est connu pour une œuvre où les rapports avec son prochain appartenaient au domaine de l'abstraction (CUBE), il s'attaque désormais à des structures narratives plus identifiables où ces thèmes surnagent. En effet, l'un des dénominateurs communs de ces métrages est d'illustrer l'oppression des personnages.

La démarche de Natali se rapproche à c{Photo 2 de Splice} et égard de celle de David Cronenberg, réalisateur de LA MOUCHE, où un savant, suite à une expérience ayant mal tourné, se métamorphose en... mouche. Les deux cinéastes se rejoignent dans un regard de plus en plus analytique de leur sujet, ils semblent toujours en retrait mais désireux de rester au plus près des individus mis en scène. Toutefois, le metteur en scène de SPLICE réussit à éviter de plagier son modèle : si l'on retrouve une similitude entre le couple incarné par Adrien Brody et Sarah Polley et celui de Jeff Goldblum et Geena Davis dans le long-métrage de Cronenberg, on remarque que les rapports sont inversés. Chez Natali, l'homme semble s'effacer doucement alors que la femme affiche une détermination à mener le projet à terme, alors que, chez Crononberg, c'est le scientifique Seth Brundle (Goldblum) qui ignore les avertissements de la journaliste Veronica Quaife (Davis).

Dès lors, on constate que les deux métra{Photo 3 de Splice} ges narrent une variation modernisée de FRANKENSTEIN de Mary Shelley : des chercheurs emportés par leur quête de connaissance, bravent tous les dangers pour atteindre leur but. Toutefois, on remarque aussi qu'ils cultivent leur originalité par rapport au récit de Shelley : LA MOUCHE est avant tout un récit sur la transformation ; SPLICE, lui, évoque de manière plus frontale la procréation.

En effet, l'histoire de ces deux scientifiques qui manipulent de l'ADN s'enrichit d'une réflexion sur l'enfantement qui la diffère de celle des savants Brundle et Frankenstein : l'être issu des expériences ne devient pas source de rejet, mais, au contraire, exerce une attraction, éveille une empathie, à savoir des sentiments similaires à ceux qu'inspire un nouveau-né chétif. Là, où Cronenberg semblait tirer la sonnette d'alarme en démontrant les dangers de la science, Natali a un discours plus nuancé en insistant sur la place de cet être{Photo 4 de Splice} dans le monde.

Sur ce point, on pourrait percevoir l'influence de Guillermo Del Toro, le réalisateur des HELLBOY, de L'ECHINE DU DIABLE et du LABYRINTHE DE PAN, ici producteur exécutif. Au premier abord, il peut sembler curieux d'assister à un traitement qui humanise la créature : très tôt, on lui fait porter des vêtements, un visage humain se dessine et elle est initiée à des activités humaines comme la danse. Difficile de ne pas voir là des traces du metteur en scène d'HELLBOY et de BLADE 2 : la créature/fille fait l'apprentissage de la vie humaine. Un apprentissage que les deux êtres éponymes des long-métrages sus-cités ont dû suivre. Une similitude d'autant plus flagrante, puisque ces deux êtres héros dans leur propre fiction sont aussi des sources de répulsion et d'attraction : Hellboy est affilié au Diable, Blade aux vampires.

Pour finir, on note la maîtrise de Natali sur un tel projet. Maintenant doté de moyens plus conséquent, sa mise en scène gagne en fluidité et paraît plus épurée : des efforts sont perceptibles dans les mouvements de la caméra et dans un travail sur la photographie, qui est plus aboutie. A l'époque de CUBE, son maigre budget donnait à son métrage des airs de film amateur : le jeu des acteurs manquait parfois de justesse, l'utilisation de la caméra à l'épaule n'était pas le meilleur choix. Aujourd'hui, il peut se permettre des travellings plus élégants et des acteurs plus renommés.

En somme, malgré le sujet quelque peu galvaudé (une énième histoire de savant fou), SPLICE réussit à tirer son épingle du jeu. Dès lors, alors que le récit a beau être cousu de fil blanc, on se surprend à s'attacher aux personnages. On se laisse mener par le bout du nez par un métrage finalement surprenant. Vincenzo Natali prouve avec ce dernier opus qu'il fait dorénavant partie des metteurs en scène avec lesquels il va falloir compter.

André Côte
25/02/2010
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