Superman


ORIGINE
USA
Superman Affiche

ANNEE
1941-43
REALISATION

Dave Fleischer
Seymour Kneitel
I. Sparber
Dan Gordon

AUTEUR DE L'ARTICLE: Tom Flener
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Critique Superman
{Photo 1 de Superman} Est-ce un oiseau ? Est-ce un avion ? Non, c'est Superman !

Lorsque Jerry Siegel et Joe Shuster ont créé leur personnage, seul survivant de l'explosion de sa planète natale, ils n'auraient sûrement pas pu anticiper le rôle que ce bonhomme au caleçon rouge allait jouer dans la culture et la vie du peuple américain, voire du monde entier. On ne compte plus les adaptations et les produits dérivés que ce Superman a générés depuis sa première apparition dans Action Comics #1 en juin 1938.

Ce n'est que 3 ans plus tard que les studios des frères Max et Dave Fleischer décident de s'attaquer à une adaptation en dessins animés des aventures de l'homme de fer. Enfin, pour être plus précis, c'est à la réticence des frères à entamer un tel projet que l'on doit la réalisation, et la qualité, de ces dessins animés. Afin de décourager la Paramount, les frères estiment les coûts de production à environ 100 000 $ par épisode, soit quatre fois le montant que les studios Disney dépensaient pour leurs courts-métrages à l'époque. Au grand étonnement des deux frères, la Paramount leur accorde finalement la moitié du budget, toujours le double de ce que coûtaient les œuvres de la concurrence.

Afin de gar{Photo 2 de Superman} antir le plus grand réalisme dans le mouvement des personnages, les frères Fleischer ont utilisé la méthode du rotoscoping, processus qui permettait aux animateurs de tracer les mouvements en copiant de la pellicule prise à partir de personnes réelles. Pour les animateurs des Studios Fleischer, dont beaucoup n'avaient pas d'expérience dans le dessin de figures humaines, ceci constituait une aide énorme. Ainsi, le rendu réaliste des personnages (on pardonnera à Dave Fleischer l'une ou l'autre caricature diabolique des méchants) reste sûrement un des plus grands atouts de cette série.

Après la production du 8e épisode, LE RÉVEIL DU MONOKOA (VOLCANO), la Paramount s'empara des Fleischer Studios et, après s'être débarrassée des deux frères fondateurs, les renomma Famous Studios. Avec TERREUR AU CIRQUE (TERROR ON THE MIDWAY) en 1942, le premier épisode produit par les studios Famous, les frères Max et Dave produiront et réaliseront leur 9e et dernier court-métrage de Superman. D'ailleurs, Superman sera la dernière série à être produite par les Studios Fleischer.

C'est ce changement que l'on ressent également lorsqu'on regarde les épisodes, et la série est clairement divisée en deux époques.{Photo 3 de Superman} Les 8 premiers épisodes, voire les 9 premiers, c'est-à-dire la totalité des épisodes réalisés par Dave Fleischer, suivent une trame narrative presque identique. La menace est introduite (avec les robots géants dans LES MONSTRES MÉCANIQUES, le croisement entre Godzilla et un dinosaure dans LE GÉANT DE L'ANTARCTIQUE, et les scientifiques fous, Dave Fleischer puise dans le répertoire des sérials populaires de l'époque), Metropolis est sur le point d'être détruite, Lois Lane et Clark Kent sont mis sur l'affaire, Lois arrive à se mettre dans le pétrin (sans faute dans tous les épisodes !), et Clark Kent doit se changer en Superman pour éviter la catastrophe et sauver sa collègue. Il faut dire « collègue », car tout sentiment romantique est évité par les frères Fleischer. Envers Superman, Lois Lane ne trahit que la curiosité d'une femme de carrière rationnelle, et Clark Kent n'est pour elle qu'un fardeau à traîner. L'humour est également absent dans la presque totalité de ces épisodes (ce qui est assez curieux pour un dessin animé), et Dave Fleischer ne mise dans sa réalisation que sur le suspense et l'aventure.

C'est en 1942, avec SABOTAGE NIPPON (JAPOTEURS), que la série entre dans une deuxiè{Photo 4 de Superman} me époque. Non seulement les responsables se décident pour des trames plus politiques, mais les récits reflètent finalement l'entrée en guerre des États-Unis. Superman entre dans l'univers réel des agents secrets, des nazis et des saboteurs (dans LA ONZIEME HEURE, Superman lui-même commet des actes de sabotage au Japon). Les scénarios nous sortent de Metropolis, nous transportent au Japon, et jusque dans la jungle (LES TAMBOURS DE LA JUNGLE). D'un côté, cette approche change des trames narratives habituelles. D'un autre côté, par contre, cette approche manque de cohésion, et donc de la cohérence qui faisait que les premiers épisodes réalisés par Dave Fleischer formaient une unité bien définie.

Visuellement, les épisodes des frères Fleischer sont les plus intéressants. Grâce au rotoscoping, l'animation des personnages est exemplaire. Inspiré par le cinéma expressionniste allemand, Dave Fleischer crée des images pleines d'ombres menaçantes, joue avec la lumière, ne montre que le plus élémentaire, et ce n'est sans doute pas un hasard si sa Metropolis rappelle celle de Fritz Lang. Sa mise en scène inventive est plus proche du film (aussi bien noir qu'expressionniste) que du dessin animé, et inspirera par la suite Frank Miller, ainsi que la série acclamée BATMAN : THE ANIMATED SERIES.

Cette inspiration visuelle manque dans les épisodes où Dave Fleischer n'est pas à la réalisation. Si l'on remarque la volonté des autres réalisateurs de l'égaler (et le niveau des derniers épisodes reste toujours haut), il est difficile de voir dans leurs efforts autre chose qu'une imitation.

Malgré cette baisse de la qualité vers la fin de la série, il reste néanmoins que l'intégralité de SUPERMAN est un monument du dessin animé des années 40, une œuvre visionnaire qui a ses disciples aujourd'hui encore. N'oublions pas que c'est ce dessin animé qui permettra à Superman de voler. Au début, Superman ne faisait que sauter très haut (élément repris du comic strip), mais les frères Fleischer décidèrent que leur héros devait pouvoir voler. Cette faille au niveau de la cohérence narrative, gênante au début, fera du SUPERMAN des frères Fleischer une étape importante, voire élémentaire dans la vie du super-héros le plus populaire du monde. Somme toute, c'est une œuvre que tout aficionado du dessin animé classique se doit de voir.

Allez, tous à la fois : « Ça, c'est un boulot pour Superman ! »

Tom Flener
28/05/2010
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