Supervixens


ORIGINE
USA
Supervixens Affiche

ANNEE
1975
REALISATION

Russ Meyer

INTERPRETES
Haji
Deborah Mc Guire
Colleen Brennan
Ushi Digart
Shari Eubank
Charles Napier
Charles Pitts
Critique Supervixens
{Photo 1 de Supervixens} Pompiste d'un garage rural, Clint Ramsey a bien du mal à effectuer son travail, continuellement harassé par téléphone par sa nymphomane de femme, SuperAngel. Jalouse, celle-ci le soupçonne, pas vraiment à tort, de vouloir la tromper avec les jolies clientes de passage. Du genre dominante et vindicative, SuperAngel se dispute violemment avec Clint, ce qui provoque l'intervention de la police pour séparer les tourtereaux. De la police ? ... Disons plutôt d'un désaxé de première qui, après avoir éloigné Clint, séduit vite fait Madame, à vrai dire prête à s'abandonner au premier mâle venu un tant soit peu membré. Et c'est là que le bât blesse, Harry, notre pervers, ne pouvant bander qu'en massacrant ses conquêtes. Nouvelles bagarres, dans laquelle SuperAngel fait plus que bien se défendre mais finit néanmoins par succomber. Soupçonné à tort du meurtre, Clint s'enfuit et entame un périple qui le verra croiser la route de plusieurs pulpeuses créatures. Refroidi par ses dernières expériences, Clint ne cherche plus que la tranquillité d'esprit et refuse tout ce qui ressemble de près ou de loin à une embrouille, mais la gent féminine est insatiable et ne recule devant aucun coup fourré pour{Photo 2 de Supervixens} justement se faire fourrer. Et chaque coup est cher payé, notre malheureux séducteur malgré lui s'enfuyant plus souvent qu'à son tour. Dépité, il finit enfin par tomber sur une charmante pompiste, dénuée de mauvaise intention. Il retrouve le chemin de l'amour quand le sien, de chemin, lui fait à nouveau croiser celui de Harry, lequel entend bien se débarrasser de Clint.

Poitrinesque, mamelu, boobsidien, voici quelques qualificatifs qui permettent de cerner l'œuvre de Russ Meyer qui nous offre ici son saint des seins, soit un festival ininterrompu d'accorte filles aux gros nichons, délurées, dominante, enjouées ou frappadingues.

Russ Meyer est un incontournable du cinéma de genre. En 1959, il révolutionne le cinéma érotique, alors sous la coupe d'un code de censure Hays certes vieillissant, mais toujours en vigueur. Il lui porte un coup de boutoir qui l'ébranlera notablement en réalisant avec succès THE IMMORAL MR TEAS. Jusqu'à lors, la nudité doit se parer des vertueux et ennuyant atours du film éducationnel, médical ou hygiéniste, pour avoir brièvement accès au grand écran. Avec THE IMMORAL MR TEAS, Russ Meyer offre des nudités gratuites, dénuées de toute justification moralisante. Un choc important qui fera date et engendrera une vraie révolution aux Etats-Unis où fleuriront en quelques années des centaines de métrages montrant des femmes nues. Quelques années, plus tard, le code Hays s'est effondré, Russ Meyer peut aller plus loin, et passe de la simple nudité à l'évocation des relations sexuelles. Le nu est désormais contextualisé dans le rapport sexuel. Nouvelle avancée. Mais les mœurs évoluent à toute vitesse, le hardcore créer un séisme à partir de 1968. Ce palier, Russ Meyer ne le franchira pas. Mais il développera des spécificités à son cinéma, notoirement celle de femmes dominatrice, violentes, et surtout, dotées de très gros seins, le fantasme majeur du réalisateur.

Lequel fantasme est transcrit à l'écran par Haji (déjà vue dans MOTOR PSYCHO, FASTER, PUSSYCAT ! KILL ! KILL !, BEYOND THE VALLEY OF THE DOLLS), dans le rôle de SuperHaji, Deborah Mc Guire dans celui de SuperEula, Colleen Brennan (aka Sharon Kelly, qui fera carrière dans le hard), dans celui de SuperCherry, Ushi Digart, qu'on ne présente plus, dans celui de SuperSoul, et enfin Shari Eubank dans le double rôle de SuperAngel et SuperVixen, qui quittera cependant lemonde du cinéma peu après.

Du côté masculin, Charles Napier, alors en début d'une longue et fructueuse carrière, terminait sa collaboration avec Russ Meyer, qui avait débuté avec CHERRY, HARRY AND RAQUEL aka LES STIMULATRICES et s'était prolongée avec BENEATH THE VALLEY OF THE DOLLS et THE SEVEN MINUTES. Dans SUPERVIXENS, il est évidemment Harry, le salopard de service. Face à lui, Charles Pitts, dans le rôle de Clint, n'aura pas trouvé un même prolongement de carrière.

SUPERVIXENS se situe en bout de carrière de Russ Meyer. Il sera encore suivi de UP/MEGAVIXENS (1976) et de BENEATH THE VALLEY OF THE ULTRAVIXENS en 1979. Il ramasse donc les obsessions de son réalisateur dans un festival outrancier et jouissif.

Le ton est à la comédie, et l'on rit de bon cœur des mésaventures de notre malheureux héros qui tombe successivement sur une nymphomane acariâtre, une aguicheuse dépouilleuse, une fermière débauchée, une fille d'hôtelier espiègle... Moins qu'un road movie, l'ensemble nous renvoie aux romans philosophiques du 18e - certes dans une version plus « olé olé » -, mais les deux n'entendaient-ils pas parler de leur époque. Un petit peu Jacques le fataliste (Diderot), un petit peu Candide (Voltaire), un petit peu Juliette (Sade), Clint fuyant les accusations erronées de meurtre, ne recherche plus que la paix et fuit les passions féminines déchainées, qui cependant lui retombent sans cesse sur le dos. Il finira par trouver son jardin à cultiver, en la personne de Supervixen, sosie en moins harpie de SuperAngel, mais devra la sauver des griffes de Harry.

L'époque est à ce genre de productions : deux ans plus tôt, la France nous livrait le picaresque HISTOIRE TRÈS BONNE ET TRÈS JOYEUSE DE COLINOT TROUSSE-CHEMISE (1973) qui voyait également son protagoniste errer au gré des rencontres féminines. Et on trouvera sans mal d'autres exemples.

Le succès du film tient à l'alliage de trois atouts classiques : sexe, violence et humour. Ce dernier est très cartoonesque, mais bien intégré dans l'ensemble.

Réalisé en 1975, Supervixens est sorti en France en 1982. Son statut culte le fait reprogrammer régulièrement ici et là. Ainsi de son inclusion en 2013 au festival Offscreen, dans une thématique trash supervisée par John Waters himself.

Avec les ans, Supervixens n'a rien perdu de sa superbe et reste un spectacle total pour l'amateur de cinéma de genre.

Philippe Delvaux
14/03/2013
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AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe Delvaux
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