
Après un TROG de sinistre mémoire et un petit tour par l'Allemagne (de l'ouest à l'époque pour un film de vampire ), Freddie Francis revient dans son Angleterre natale pour adapter un comics...américain. Première transposition officielle à l'écran des CONTES DE LA CRYPTE bien avant la série éponyme qui sera produite aux Etats-Unis à la fin des années 1980 par la dream-team Walter Hill, Robert Zemeckis et Richard Donner, TALES FROM THE CRYPT fait donc un détour par l'europe.
Alors qu'ils visitent des catacombes, un groupe de cinq personnes, quatre homme et une femme, se retrouvent coincés dans une crypte. Quelle n'est

pas leur surprise quand un mystérieux gardien leur annonce qu'ils ne sont pas là par hasard. Celui-ci va leur révéler leur avenir, un futur sombre et désespéré...
Tourné dans des couleurs chatoyantes et ponctué par des gerbes d'un sang carmin couleur bonbon, ce film produit par Amicus, la célèbre société concurrente de la Hammer, est avant tout daté. Daté dans sa forme par son esthétique très marquée par la mode de l'époque, dans sa réalisation très théâtrale mais également dans son contenu. En effet, les cinq histoires qui composent cette anthologie apparaissent de nos jours bien désuètes et fleurent bon le déjà vu

.
Dans la première, une femme (Joan Collins), qui vient de tuer son mari pour empocher son assurance vie se retrouve aux prises avec un serial killer. Dans la deuxième, un rêve prémonitoire vient brutalement chambouler les plans d'un mari infidèle. Vient ensuite le tour de Peter Cushing, très émouvant en vieillard persécuté, de retour pour une vengeance d'outre-tombe. Pour l'avant dernier segment, une femme découvre une statuette qui lui permet de réaliser trois vœux. Enfin, un ancien militaire bien droit dans ses bottes doit gérer une maison de retraite pour aveugles, mais les méthodes issues du front ne sont

pas forcément les meilleures... . S'il est facile de deviner les twist, le plaisir est néanmoins présent et chacune des histoires se déguste à la manière d'un chocolat pêché dans une boîte : on sait plus ou moins quelle saveur ça va avoir mais on en redemande quand même. Un arrière goût amère peut vaguement ressurgir au vu du caractère fondamentalement réactionnaire de l'ensemble, où les pécheurs sont immanquablement punis pour leurs actes. Alors certes, le cinéma de genre est bourré d'exemple (des vigilante flicks jusqu'aux slashers en passant par les rape and revenge) mais le caractère daté de TALES FROM THE CRYPT renforce cette désagréable impression. Certes, plus le segment est réussi, moins ce sentiment est probant (Peter Cushing remporte ainsi l'adhésion alors que les aveugles qui se vengent de leur bourreau apparaissent bien plus cruels que lui et par conséquents bien moins humains), mais l'ensemble flirte tout de même avec la bonne vieille morale catholique et va à l'encontre des préceptes de Bill Gaines, fondateur de la revue de laquelle sont adaptées les histoires. Il n'en demeure pas moins que Freddie Francis prend un main plaisir à torturer ses personnages, tel un grand inquisiteur qui acquis les spectateurs à sa cause.
Nassim Ben Allal 22/12/2009 |
 |