Terror Express

La raggazza del vagone letto
Terreur express


ORIGINE
Italie
Terror Express Affiche

ANNEE
1979
REALISATION

Ferdinando Baldi

INTERPRETES
Silvia Dionisio
Werner Pochath
Zora Kerova
AUTEUR DE L'ARTICLE: Alexandre Lecouffe
SES DERNIERS ARTICLESSES FILMS FETICHES
L'espion qui venait du surgelé
Le prix du danger
Glissements progressifs du plaisir
Le manoir de la terreur
Barbe-Bleue
La Horde Sauvage
Les Yeux Sans Visage
Mad Max
Suspiria
Zu Les Guerruers De La Montagne Magique

Critique Terror Express
{Photo 1 de Terror Express} Trois jeunes voyous prennent place à bord d'un train de nuit. Parmi les autres voyageurs se trouvent Juliet, une call-girl « ferroviaire », plusieurs couples plutôt bourgeois et un policier escortant un prisonnier politique. Dans le wagon-restaurant, le trio patibulaire et alcoolisé ne tarde pas à provoquer grossièrement les passagers puis à abuser sexuellement d'une jeune femme. Les trois hommes parviennent ensuite à désarmer le policier et à prendre en otage toute une voiture, la coupant du reste du train. Alors que les voyous continuent de terroriser leurs victimes en mettant en place une forme de chantage sexuel, une complicité amoureuse va naître entre Juliet et Pierre, le détenu politique ; ce dernier semble bien décidé à tout faire pour mettre un terme à la persécution exercée par le trio...

Après avoir débuté avec quelques « mélos » dans les années 50, Ferdinando Baldi devient réalisateur de seconde équipe pour des coproductions italo-américaines (LES TARTARES de Richard Thorpe, 1961) puis petit spécialiste du film d'aventures (le sympathique EL KEBIR, FILS DE CLEOPATRE, 1964). Il se tourne ensuite{Photo 2 de Terror Express} quasi-uniquement vers le western (TEXAS, ADDIO, 1967) et vers une forme clairement parodique de celui-ci : il signe entre autres toute une série de « Trinita » avec Terence Hill. Mais Ferdinando Baldi est surtout connu des amateurs de cinéma bis pour son délirant western BLINDMAN (1971) et son pistolero atteint de cécité ( !) inspiré du célèbre « Zatoichi » japonais, sabreur aveugle et héros d'une vingtaine de films...

TERROR EXPRESS semble avoir été conçu, de façon un peu tardive, comme un pur film d'exploitation dont le modèle initial serait le matriciel « rape and revenge » de Wes Craven, LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE (1971). Nombreux sont les réalisateurs, américains et surtout italiens, à avoir tenté d'égaler cette œuvre-choc, elle-même inspirée du chef d'œuvre d'Ingmar Bergman, LA SOURCE (1960). O n pense notamment au très bon et fort malsain LE DERNIER TRAIN DE LA NUIT (1975) d'Aldo Lado avec Macha Méril dont le film de Ferdinando Baldi est assez proche : même lieu principal, mêmes rapports de force entre les personnages, même tension sexuelle et psychologique. Celle-ci se trouve bien{Photo 3 de Terror Express} sûr décuplée par le dispositif du huis clos et par le fait que l'espace diégétique dans lequel évoluent les protagonistes tende à se rétracter progressivement au fur et à mesure que les trois tortionnaires décident de le limiter et de le clore à nouveau sur lui-même. De ce point de vue, le film distille une atmosphère claustrophobe et étouffante plutôt réussie et ce, dès les séquences inaugurales qui voient l'ensemble des passagers aux prises avec les trois voyous dans le wagon- restaurant : l'exiguïté du lieu est bien rendue par des plans surchargés et par l'utilisation de longues focales excluant toute profondeur de champ. De même, lors de la prise de contrôle du train, le réalisateur parvient à restituer de façon crédible le manque d'espace et l'écrasement physique et mental des otages en filmant de manière récurrente et d'un même angle en légère plongée les lignes géométriques fermées que forment le couloir et les entrées des compartiments. La configuration particulière de ce lieu doublement refermé sur lui-même permet au long métrage de décrire avec assez de justesse le microcosme formé par la dizaine de p{Photo 4 de Terror Express} assagers ; on notera qu'ils font tous partie de la classe dominante (à deux exceptions près) et que les trois antagonistes semblent eux-mêmes issus d'un milieu privilégié. TERROR EXPRESS ne joue donc pas sur le thème très à la mode dans les années 70 du conflit entre les classes sociales mais plutôt sur le registre de la satire, proposant une galerie de personnages tous plus veules et égoïstes les uns que les autres. Entre un industriel lubrique, un père de famille à tendance incestueuse et un homme trop lâche pour défendre sa femme contre les agressions des trois dévoyés, le spectateur est confronté à un portrait peu reluisant de la société italienne ! Seuls les deux « marginaux » de cette communauté trouvent grâce aux yeux des auteurs : Juliet, la prostituée au grand cœur qui sacrifiera son corps aux malfrats pour éviter que ces derniers ne s'en prennent aux autres femmes du groupe et Pierre, le prisonnier politique, l'idéaliste qui fera preuve de bravoure. Juliet rappelle un peu « Boule de Suif », l'héroïne de la nouvelle de Maupassant dont le film semble reprendre le nœud principal : coïncidence ou hommage de la part du scénariste et « touche à tout » du bis italien Georges Eastman ? (acteur dans l'excellent RABID DOGS, 1974, de Mario Bava et dans le crapoteux ANTHROPOPHAGOUS de Joe D'Amato, 1980).

Malheureusement, TERROR EXPRESS est loin de tenir toutes ses promesses et ses scories sont bien nombreuses à commencer par la réitération souvent gratuite de scènes « hot », trop maladroites pour être vraiment scandaleuses et trop mal filmées pour se révéler érotiques ou excitantes. L'interprétation est dans l'ensemble plutôt médiocre, faisant perdre en crédibilité plusieurs scènes de tension ; celle-ci ne parvient de fait jamais vraiment à atteindre un niveau autre qu'anecdotique. L'absence quasi-totale de plans réellement graphiques accentue encore le fait que le film se révèle au final peu choquant (alors que c'était probablement le but recherché !) et exempt de séquences mémorables (même la « scène du jeu de dés » tombe vite à l'eau...). Il reste au final une petite bande d'exploitation plutôt honnête, assez bien écrite mais trop platement filmée pour accéder au statut de « petit fleuron du bis »...

Alexandre Lecouffe
09/02/2012
Bookmark and Share

Page précédente    Revenir en haut de la page    Imprimer   Creer PDF

Sueurs Froides.fr > Critique > Retrospective

Le film est disponible à l'achat sur le site Sin'Art :
Horror-sex Im Nachtexpress (big Hardbox) Epuise/out Of Print DVD Zone 2 100 €
La Ragazza Del Vagone Letto Epuise/out Of Print DVD Zone 2 NC €
Vous aimez Terror Express ?
Trailer Terror Express
En vente sur Sin'Art
  • Pochette Horror-Sex im Nachtexpress (Big Hardbox) EPUISE/OUT OF PRINT - DVD  Zone 2
    DVD Zone 2
    100€
  • Pochette La Ragazza Del Vagone Letto EPUISE/OUT OF PRINT - DVD  Zone 2
    DVD Zone 2
    NC€
Moteur de recherche
Tout est bénévole – si ce n’est pas déjà fait, versez votre obole annuelle à l'association Sin'Art : 5 €