The Brand Upon The Brain


ORIGINE
Canada, USA
The Brand Upon The Brain Affiche

ANNEE
2006
REALISATION

Guy Maddin

INTERPRETES
Sullivan Brown
Gretchen Krich
Maya Lawson
Erik Steffen Maahs
Katherine E. Scharhon
Todd Jefferson Moore
Kellan Larson
Cathleen O'Malley
Clayton Corzatte
Susan Corzatte
Critique The Brand Upon The Brain
{Photo 1 de The Brand Upon The Brain} Peintre en bâtiment, Guy Maddin retourne sur l'île de Black Notch, où il a grandi mais où il n'est plus revenu depuis des années. Et pour cause : dès que l'occasion s'en est présentée, Guy a fui sa mère, une directrice d'orphelinat puritaine et possessive, et son père, scientifique un peu secoué qui prépare des potions à base de déjections d'orphelins. Mais, à présent que sa mère est à l'article de la mort, Guy accède à sa dernière volonté : venir repeindre le phare dans lequel elle habite. Mais, à peine a-t-il posé le pinceau sur la première brique que des souvenirs de son enfance l'assaillent. Surtout ceux de Wendy et Chance Hale, deux jeunes détectives privés jumeau{Photo 2 de The Brand Upon The Brain} x et amours d'enfance de Guy.

Entre le BIFFF et Guy Maddin, c'est une grande histoire d'amour, qui trouve toujours à s'abriter au NOVA lequel a programmé ces 10 dernières années tous les longs métrages du canadien givré (normal, pour un canadien me direz-vous).

Au fil du temps, on constate que Guy Maddin développe une œuvre onirique mais également partiellement autobiographique dans laquelle il se fait protagoniste de ses propres fictions, démiurge d'un passé qu'il peut réinventer à loisir. Son nouveau film s'inscrit pleinement dans cette tendance qui ne renie pourtant rien des artifices formels qui font la marque du réalisateur: comme d'habitude, la photograph{Photo 3 de The Brand Upon The Brain} ie, les décors, les expressions, etc., ressuscitent l'esthétique du cinéma d'avant guerre, principalement de la période du muet pour laquelle Guy Maddin avoue sa fascination. Autre grand formaliste, Steven Soderbergh n'a rien fait d'autre pour son récent THE GOOD GERMAN, qui recréait le style du cinéma des années '40. Guy Maddin se fait plaisir et recréant, lui, une héroïne masquée et coiffée d'un gibus, descendante directe des serials de Louis Feuillade (auquel Oliver Assayas avait naguère rendu hommage).

L'image en noir et blanc (avec quelques rares touches de couleur), le grain marqué, l'image parfois volontairement brouillonne, le plan sacadé, tout concourre à nous renvoyer à ses premiers travaux (TALES OF THE GIMLI HOSPITAL, ARCHANGEL).

Avec THE BRAND UPON THE BRAIN, Guy Maddin semble livrer la somme de ses autres films. On y retrouve le catalogue complet de ses obsessions: le rapport aliéné à sa famille (DEAD FATHER, CAREFUL), la figure féminine comme motif du drame (TALES FROM THE GIMLI HOSPITAL, ARCHANGEL, CAREFUL, TWILIGHT OF THE ICE NYMPH, THE SADDEST MUSIC IN THE WORLD), l'irruption de thèmes autobiographiques (DEAD FATHER, AND THE COWARDS BEND THEIR KNEE), les mystères, les secrets, la folie, la mort et l'oubli (CAREFUL, ARCHANGEL... en bref, toute sa filmographie) et bien entendu, la composante amoureuse et sexuelle (présente là aussi dans presque tous ses films). On y retrouve aussi quelques accents vampiresques - Guy Maddin nous ayant livré il y a quelques années son DRACULA - ou frankensteinien (le titre nous révélant déjà un indice).

THE BRAND UPON THE BRAIN existe en deux versions. La première n'a fait l'objet que de présentations en gros festivals (Berlin): le film entièrement muet était accompagné par un orchestre philharmonique. La version d'exploitation commerciale en salle dispose d'une bande son mélangeant musique classique et bruitage en plus de la narration d'Isabella Rosselini (déjà présente dans The saddest music in the world) qui s'ajoute aux panneaux d'intertitres.

Philippe Delvaux
22/12/2009
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Sueurs Froides.fr > Critique > Review
AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe Delvaux
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